Grönholm la tête en bas

Grönholm la tête en bas

Grönholm la tête en bas
Par AFP

Le 12/11/2004 à 18:00Mis à jour

Vainqueur du Rallye d'Australie de 2000 à 2002, Marcus Grönholm (Peugeot) est intouchable depuis jeudi soir. Seul le champion du monde Sébastien Loeb (Citroën) a réussi à s'accrocher aux basques du Finlandais lors de l'étape 1, fatale à Petter Solberg (Su

Gronholm devançait Sébastien Loeb (Citroën Xsara), désormais son seul rival, d'une vingtaine de secondes. Derrière le trou était fait. Harri Rovanpera, sur l'autre Peugeot 307, pointait à plus d'une minute, François Duval (Ford Focus) à plus d'une minute et demi et Mikko Hirvonen (Subaru Impreza) se trouvait déjà relégué à plus de trois minutes. "Ce sera plus une furieuse mêlée qu'un duel", avait pronostiqué Loeb avant le départ. Le nouveau champion du monde ignorait alors que deux de ses plus sérieux rivaux connaîtraient une élimination rapide.

Markko Martin (Ford Focus) dès le départ vendredi matin, le moteur de sa Ford, qui avait donné d'inquiétants signes de faiblesse la veille au soir lors de la super-spéciale, rendait définitivement l'âme au moment de repartir pour la première journée.

Petter Solberg (Subaru Impreza), lui, partait à la faute, sortait de la route dès l'ES4. "Ce n'est pas de cette façon que je voulais terminer la saison", disait-il. Envolés les espoirs d'une sixième victoire cette saison. Sans doute le Norvégien avait-il été énervé par l'aisance avec laquelle Gronholm s'était imposé lors des deux premières spéciales (ES2, ES3).

Insolent de facilité

"Tu vas un peu vite, non ?", avait lancé Solberg au pilote Peugeot, au regroupement de Murray après l'ES3. "Ah bon, tu trouves ? Et ça ne fait que commencer", avait répondu, tout sourire, le Finlandais.

Les adversaires de Gronholm n'avaient pas été les seuls à être impressionnés. Carlos Sainz, lui même, était bluffé par le double champion du monde, par la Peugeot.

L'Espagnol, forfait après un accident lors des reconnaissances mardi, était venu, en hélicoptère avec Guy Fréquelin, sur les spéciales du matin avant de reprendre l'avion pour l'Europe dans l'après-midi. "Gronholm est impressionnant d'attaque, ses trajectoires sont parfaites, sa voiture stable. C'est du grand art" , jugeait Sainz en connaisseur. Le "roi Carlos" n'avait pas tout vu.

Dans la spéciale suivante, Marcus Gronholm débouchait d'une courbe dans une superbe dérive, en pleine accélération, tout en gratifiant Sainz et le petit groupe qui l'accompagnait d'un superbe bonjour de la main droite, seule la gauche tenant le volant. Insolent de facilité.

"Confiant"

Vainqueur à trois reprises (2000, 2001, 2002) en Australie, seule une sortie de route avait empêché le Finlandais de s'imposer l'an passé alors qu'il affirmait encore sa domination.

Comme sur les routes de Jysvaskyla, de sa Finlande natale, Gronholm fait merveille au volant d'une 307 dotée d'une redoutable stabilité. "La Peugeot a une très bonne motricité, de très bonnes reprises moteur" , estimait ainsi Sainz. Harri Rovanpera donnait raison à l'Espagnol en s'adjugeant le meilleur temps d'une super-spéciale du soir (ES8), Duval +soufflant+ la dernière (ES9) au Finlandais.

Dans ces conditions, les deux temps scratches réalisés par Sébastien Loeb (ES4 et ES5) prenaient une saveur particulière. Même si l'écart sur Gronholm ne se réduisait pas pour autant. "Au début Seb (Loeb) ne paraissait pas en confiance contrairement à Gronholm. Ca se sentait dans les passages, analysait Carlos Sainz. C'est bizarre parce que son rôle d'ouvreur était moins pénalisant lors des premières spéciales, car il y avait de l'humidité. Après, le terrain s'assèchait".

"Seb (Loeb) roule très vite derrière nous, il nous faut donc garder un rythme élevé. Je suis assez confiant", assurait Gronholm vendredi soir.

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