Scandale en Grèce

Scandale en Grèce
Par AFP

Le 24/06/2005 à 14:45Mis à jour

La FIA avait fait preuve d'une particulière rigidité lors du dernier Grand Prix de F1 des Etats-Unis, réduit à une course de six voitures. Les commissaires du Rallye de Grèce n'ont pas respecté le règlement, vendredi, versant dans un laxisme qui bafoue l'

[24/06/05] - Quelques jours après le simulacre de course au Grand Prix des Etats-Unis de Formule 1, le sport automobile a une nouvelle fois sombré dans le ridicule au rallye de Grèce, huitième épreuve du Championnat du monde, vendredi matin à Lamia. Cette fois, ce sont les commissaires de l'épreuve hellénique, l'Allemand Hans-Christoph Mehmel, l'Australien Gary Connelly et le Grec George Drakakis, qui, par une décision incompréhensible, ont installé le malaise au parc d'assistance de Lamia.

La veille au soir en effet, les trois Subaru de Petter Solberg, Chris Atkinson et Stéphane Sarrazin, ainsi que la Mitsubishi Lancer de Gigi Galli avaient été pesées sous le poids minimal règlementaire. La voiture de Solberg notamment accusait 12 kg de moins que les 1230, limite autorisée. Et ce lors de quatre pesées successives. "Ces voitures doivent être exclues" , estimait Malcolm Wilson, le patron de Ford, jeudi soir. Les commissaires jugeaient autrement, manifestant une clémence surprenante. Une simple amende, allant de 10.000 euros pour Sarrazin et Galli à 20.000 pour Atkinson et 30.000 pour Solberg.

"Après ce qui s'est passé à Indianapolis, nous ne pouvions pas exclure quatre voitures", justifiait maladroitement le président du collège des commissaires, Hans-Christoph Mehmel. Au petit déjeuner vendredi matin, Marcus Gronholm et Markko Martin (Peugeot 307) étaient abasourdis, écoeurés, scandalisés. Le Finlandais se souvenait qu'il avait été exclu pour des fautes moins évidentes.

Comme à Chypre l'an passé quand il s'était vu retirer sa victoire, la première de la 307, pour des pales de pompe à eau en plastique plutôt qu'en laiton.

Ou encore en Argentine en 2002 quand Peugeot, avec la 206, avait été privé d'un doublé. Gronholm, là encore vainqueur, avait été exclu parce qu'un membre de l'équipe lui avait oralement donné un conseil à la fin d'une étape pour redémarrer sa voiture.

Disqualification suivie quelques heures plus tard de celle de Richard Burns pour un volant-moteur plus léger de... 20 grammes que le minimum autorisé.

La colère de Corrado Provera, alors directeur de Peugeot Sport, l'an dernier après l'exclusion à Chypre, prend aujourd'hui toute sa justification. "Il y a deux poids, deux mesures", disait Provera en pestant. Il avait raison.

Si Citroën a eu aussi à pâtir de l'intransigeance des commissaires au Monte-Carlo en 2002 quand Sébastien Loeb avait été privé de sa première victoire en Mondial pour une pénalité de 2 minutes suite à une erreur de pneus pour aller simplement du parc d'assistance au parc fermé, soit 200 mètres, Subaru en revanche a toujours bénéficié d'une clémence troublante.

En Finlande en 2003, Petter Solberg, déjà confronté à un problème de poids, avait été absous de toute faute, les commissaires imputant la légèreté de l'Impreza à... "une balance défaillante". Ce dont profitait le Norvégien pour coiffer la couronne mondiale devant Loeb en fin de saison.

Subaru est intouchable. Il est vrai que le patron de l'équipe japonaise n'est autre que le patron des droits commerciaux des rallyes, David Richards.

Vendredi matin, Jean-Pierre Nicolas (Peugeot), Guy Fréquelin (Citroën) et Malcolm Wilson (Ford) avec les responsables de Skoda improvisaient une réunion de crise et adressaient une demande d'explication aux commissaires.

Soucieuse de son image, la FIA allait-elle faire appel de la décision des commissaires comme pour un problème semblable en F1 pour BAR-Honda après le Grand Prix de Saint-Marin à Imola ?

"Vous comprenez maintenant pourquoi nous partons à la fin de l'année", lâchait, excédé, Jean-Pierre Nicolas (Peugeot).

0
0