"Mission accomplie !" Julien Ingrassia, le copilote historique de Sébastien Ogier depuis ses débuts en 2006, résume bien l'idée générale. Les larmes aux yeux, les deux Français ont réussi leur coup. Les voilà avec le trophée de champion du monde pour la huitième fois de leur formidable carrière, au terme du dernier rallye de la saison de WRC, dimanche à Monza. Le point final parfait de leur histoire, alors qu'Ingrassia a annoncé sa retraite sportive. "Ce scénario final, c'est le meilleur possible. Encore un souvenir inoubliable avec Julien", a salué Sébastien Ogier.
Le bonheur est total. Et l'émotion au rendez-vous. Sans surprise. On ne met pas un terme à une telle histoire sans avoir un petit pincement au cœur. "Les émotions sont arrivées comme un feu d'artifice en passant la ligne d'arrivée. Bien sûr, j'étais super heureux de gagner le titre. Mais la plus grosse émotion, maintenant, c'est ce drôle de sentiment de savoir que c'est fini. On a réalisé beaucoup plus que ce dont on rêvait il y a 15 ans, quand on s'est rencontrés", a avoué encore Sébastien Ogier, qui n'a finalement pas vraiment tremblé cette saison.
Rallye de Monza
Ogier champion du monde pour la 8e fois
21/11/2021 À 15:20
C'est un parcours unique
Avec cinq victoires (Monte-Carlo, Croatie, Sardaigne, Kenya et Monza) et deux autres podiums (3e au Portugal et en Grèce) en douze manches, le désormais octuple champion du monde a dominé son sujet en 2021. Les qualités de vitesse du pilote haut-savoyard et l'expérience du duo ont fait la différence pour lui permettre de l'emporter finalement avec 23 points d'avance sur le Britannique Elfyn Evans (Toyota), son dauphin pour la deuxième année de rang. Mais plus que cette saison réussie, c'est la fin d'un duo marquant qu'il faut retenir. "On est partis de rien avec Sébastien, juste avec l'envie de bien faire et d'arriver au sommet, résume Julien Ingrassia dans L'Equipe. On a partagé quinze ans de notre vie ensemble et on a accompli tellement de choses qu'on peut être fiers de nous."
Ils peuvent l'être en effet. C'est un voyage de rêve qu'ils ont réalisé depuis leurs débuts. "Je n'oublierai jamais quand je regardais passer le Rallye Monte-Carlo les yeux plein d'étoiles, en me disant que je n'étais pas né au bon endroit, pas assez riche pour faire ça, raconte Ogier. Je n'ai jamais oublié ce rêve en progressant vers les sommets et en y restant pendant tant d'années. Je suis fier de ça. C'est un parcours unique. Les chiffres, c'est ce que je visais quand j'ai commencé ma carrière. C'était juste gagner, gagner, gagner. Maintenant, ce sont plus les émotions, les gens qu'on a rencontrés (...) En tout cas, je suis fier de ce parcours et de faire partie de l'histoire d'un sport qui m'a fait rêver enfant."
J'ai besoin d'un break
Côte à côte, Ogier et Ingrassia ont ainsi écrit l'une des plus belles pages de l'histoire de la WRC. Et ont parfaitement assumé la succession de la mythique association Sébastien Loeb – Daniel Elena. Sans son fidèle et précieux acolyte, Sébastien Ogier ne va d'ailleurs partir en quête du record de neuf sacres mondiaux de Loeb, sacré sans discontinuer entre 2004 et 2012 avec Citroën. A bientôt 38 ans, le Gapençais, qui songeait déjà à prendre du recul en rallye fin 2020 avant que la pandémie du Covid-19 ne change ses plans, va lever le pied.
2021 était sa dernière saison complète en rallye. En 2022, il ne prendra le départ que de certaines manches en tant que pigiste de luxe au volant d'une Toyota. "Même si je vais très certainement être au départ du Monte-Carlo en janvier, j'ai désormais envie de profiter de la vie, de prendre plus de temps pour moi et ma famille, tout en y ajoutant quelques courses car l'adrénaline du sport automobile me fait toujours vibrer même si rien n'est encore très clair concernant mon programme 2022", explique sur L'Equipe le Tricolore, sacré avec trois constructeurs différents et qui refuse de se projeter sur le calendrier de son année 2022.
C'est donc bien la fin d'une ère. Pour le duo et la WRC. Le patron de la discipline depuis 2013 va maintenant laisser aux autres la possibilité de profiter un peu de la chaleur des feux des projecteurs, après avoir été dans son ombre pendant tant d'années. Lui regarde devant. Sereinement. Après avoir déjà accompli son rêve de gamin. "Après quinze ans à mettre autant d'énergie dans tout ça, j'ai besoin d'un break. On verra ce que l'avenir me réserve ensuite", conclut Ogier, qui a un œil sur l'Endurance et notamment les 24 Heures du Mans. Des défis à la hauteur de son talent. Et de son palmarès.
Rallye de Monza
Moins médiatique que Loeb mais tout aussi méritant : Comment Ogier s'est fait une place au soleil
21/11/2021 À 13:49
Rallye de Monza
Une huitième couronne : Ogier un peu plus dans la légende
21/11/2021 À 12:13