Hirvonen, crocs blancs

Hirvonen, crocs blancs
Par AFP

Le 14/02/2010 à 13:57Mis à jour

Mikko Hirvonen (Ford) fait un beau vainqueur. En Suède, il a dominé Sébastien Loeb (Citroën) en vitesse pure et en tactique. Le Finlandais, que l'échec de 2009 a fait mûrir, se pose en sérieux rival pour le titre. Le Français, lui, avait la tête des mauvais jours.

"Un rallye de Suède 100% terre au deuxième tour, cela n'arrive pas tous les jours", a confié un Sébastien Loeb un peu dépité qui, tout en reconnaissant que son adversaire principal avait fait un "sans-faute", a dû se sentir un peu trahi par l'état de surface des routes des alentours d'Hagfors, à 100 km au nord de Karlstad.

    Pourtant, de la neige il y en avait. Partout et en quantité. Mais l'hiver trop rude que connaît la Suède n'a pas permis de dégel et donc de formation de glace, ce qui est tout de même nettement préférable lorsqu'on roule avec des bolides de 300 cv chaussés de pneus à clous. 384 têtes chercheuses en acier par roue qui faisaient leur office le matin sur les pistes encore blanches des spéciales, mais se brisaient l'après-midi sur la terre devenue apparente. "Idée lumineuse! Ils ont décidé de pourrir un peu plus la route avec un rallye local", déclarait Loeb cette fois nettement remonté. Vainqueur à Likenas, la première spéciale, Loeb avait ensuite perdu 10 secondes -une éternité dans ce sport- lors du deuxième passage en début d'après-midi.

    "Dans ce genre d'exercice, Mikko est meilleur que moi"

    La faute, selon lui, à l'organisation d'un rallye régional dans l'intervalle qui avait dessiné des rails de 10 cm de profondeur tout en découvrant la terre: "Cela a rendu la voiture inconduisible. On avait l'impression de conduire un train et on ne décidait pas trop des trajectoires". "Dans ces conditions, on subit et c'est quelque chose que je n'aime pas du tout. Je dois reconnaître que dans ce genre d'exercice, Mikko est meilleur que moi", avait lancé sportivement le sextuple champion du monde. La bataille avait néanmoins repris de plus belle le samedi matin entre les deux pilotes. Loeb avait remporté trois des quatre spéciales, ne reprenant, malgré tout, que deux secondes à Mikko Hirvonen, toujours en tête. "Il va exactement aussi vite que moi! Donc, c'est impossible de créer des écarts", avait constaté le Français.

    Les deux pilotes se neutralisant, les stratèges des deux écuries avaient alors pris les choses en main. Ford décidait d'utiliser ses pneus neufs dès la deuxième spéciale de l'après-midi et Citröen de changer les siens au cours de la suivante. Erreur funeste. "On a mis des pneus neufs à l'avant alors que les pneus arrières étaient cuits, a expliqué le pilote français. La voiture est alors devenue totalement inconduisible". Dans cette mésaventure, le Français devait perdre de nouveau dix secondes à la fin de la journée et le Rallye qu'il finissait "à la Hirvonen" en assurant sa deuxième place. "Peut-être Sébastien a-t-il pris un trop gros risque dans ses changements de pneus, a commenté Hirvonen. Nous, nous avions un autre plan qui a mieux marché. Mais c'était une lutte très serrée. N'oubliez pas que j'étais en Suède. Ce sera une autre histoire au Mexique." Loeb peut être rassuré. Ce rallye se court sur terre...

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