"Un moral tout neuf !"

Remis en selle par une superbe 3e place en Grèce, Harri Rovanperä semble avoir vaincu le signe indien. Rappelé en cours de saison par Peugeot pour remplacer Freddy Loix, le Finlandais explique les moments de doute que peut connaître un pilote et la volont

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Quel a été votre premier sentiment en retrouvant en Grèce le plaisir de monter sur un podium ?
Harri Rovanperä : J'ai d'abord regretté de ne pas avoir pu offrir à Peugeot les points de la 2e place : un petit souci de fonctionnement des barres anti-roulis rendait le comportement de la voiture délicat le dernier jour et nous n'avons pas pu faire mieux. Mais je sais désormais que la 307WRC a le potentiel pour gagner. Quand tout fonctionne aussi bien, on devient vite gourmand, mais très vite, je me suis vite dit qu'il ne fallait pas bouder notre plaisir. Monter sur un podium est une sensation très agréable, que je n'avais plus ressentie depuis un bon moment, et ce fut un énorme soulagement après une période difficile en fin de saison dernière dont tout le monde se souvient.
A quoi attribuez-vous cette mauvaise passe ?
H.R. : La vie n'est pas toujours rose. C'est dans l'ordre des choses qu'une équipe ou un pilote connaissent des passages à vide, des moments où le manque de réussite peut vous amener à douter. Il peut en résulter une certaine fébrilité qui vous conduit à commettre des erreurs, mais il peut tout aussi bien s'agir, tout simplement, d'une période de malchance qui vous colle à la peau un peu trop longtemps. Au top-niveau mondial, le rythme qu'il nous faut adopter pour espérer gagner est si intense, que chaque équipage subit, dans chaque rallye, deux ou trois de ces moments « chauds » où l'on est en bascule sur la limite de la sortie de route. Le plus souvent, on s'en sort avec une belle montée d'adrénaline, mais parfois, ça ne passe pas. Quand ça ne veut pas sourire, il arrive que le sort s'acharne sur vous plusieurs fois d'affilée. Alors, bien sûr, les gens commencent à penser que vous êtes sur la pente descendante. Quelque part, il est inévitable que l'on vous juge d'après vos deux ou trois derniers résultats. Aujourd'hui, la tendance semble s'inverser : nos dernières performances sont plutôt encourageantes pour la suite.
Pour sortir de cette situation délicate, avez-vous changé quelque chose dans votre façon d'aborder les courses ?
H.R. : Pas vraiment. Une période noire, c'est comme un virus : il n'y a pas de véritable remède. Il faut juste attendre que ça passe. Au fond de moi, je n'ai jamais douté de ma pointe de vitesse, ni de ma capacité à me battre avec les meilleurs. En revanche, maintenant, j'essaie d'entretenir ma forme actuelle, en soignant ma concentration et en travaillant ma condition physique. Quant au mental, c'est un point fort de tous les membres de Peugeot-Sport qui ne baissent jamais les bras face à l'adversité. Comme c'est contagieux, j'en bénéficie à mon tour. Quand j'y réfléchis, je me dis que cette année a commencé sous d'excellents auspices, puisque j'ai réintégré le clan des lions. J'apprécie particulièrement cette équipe et je m'y sens bien, d'abord parce qu'elle est solidaire et chaleureuse, ensuite parce qu'elle est talentueuse, capable de vous fournir les moyens de briller au sommet.
Pour autant, le début de saison n'a pas été facile ...
H.R. : C'est un peu normal, avec une auto complètement nouvelle. Même si tout le monde avait travaillé très dur l'an dernier pour préparer l'arrivée de la 307 WRC, rien ne vaut le verdict de la course. Il n'y a qu'en disputant les premiers rallyes qu'on peut situer le potentiel d'une voiture et découvrir certains problèmes, impossibles à détecter en tests, et qu'il faut corriger au fur et à mesure. Ce fut le cas dans les toutes premières épreuves, mais la vitesse et l'efficacité de réaction de toute l'équipe ont permis de retrouver très vite le top-niveau. Aujourd'hui la 307WRC est fiable et apte à se battre pour la victoire, alors que son développement n'en est qu'au tout début .
Selon vous, dans quels domaines doit-elle encore progresser ?
H.R. : Dans un premier temps, nous avons besoin d'améliorer le fonctionnement de la suspension et des différentiels. En Grèce, nous étions déjà mieux lotis que jamais, mais le comportement général de la voiture restait perfectible, notamment dans les portions très bosselées. Le processus est en marche. Les ingénieurs y travaillent et vont nous permettre, j'en suis sûr, de franchir un nouveau cap en performance très bientôt. Marcus était le plus rapide sur le terrain à Chypre et nous avons lutté aux avant-postes tout au long du rallye Acropole : je suis persuadé que la première vraie victoire de la 307 WRC ne tardera plus.
Qu'attendez-vous du prochain rendez-vous en Turquie ?
H.R. : C'était, l'an passé, une épreuve inédite du Championnat du monde, que nous avons trouvée très difficile, à cause de la pluie qui avait détruit les spéciales, et de la boue qui rendait le pilotage très délicat. Cette année, le rallye se déroule en été et l'épreuve présentera sans doute un caractère complètement différent. Si les spéciales sont globalement les mêmes, les pistes devraient être plus sèches, donc plus roulantes, et plus attrayantes.
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