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Armstrong n'a pas que des ennemis

Armstrong n'a pas que des ennemis
Par Eurosport

Le 24/08/2012 à 19:34Mis à jour Le 24/08/2012 à 19:42

Outre Johan Bruyneel, Lance Armstrong a reçu le soutien de quelques personnalités marquantes du cyclisme, notamment Eddy Merckx.

Pour Lance Armstrong, c'est la curée. Mais à l'heure où la situation du septuple vainqueur du Tour de France (au moins encore pour quelque temps) n'a jamais semblé aussi périlleuse, il continue de bénéficier de soutiens dans le milieu cycliste, notamment de la part d'anciens grands champions du passé. Johan Bruyneel a été le premier à voler à son secours vendredi, évoquant l'injustice faite à son ancien leader. La nature des relations entre les deux hommes ces quinze dernières années explique cette unité inaltérable. Mais le Belge est loin d'être le seul à défendre Armstrong.

Eddy Merckx est lui aussi un proche du Texan, et ce depuis longtemps. Pas question pour lui de l'enfoncer maintenant. Au contraire. Merckx dit comprendre le fait qu'Armstrong jette l'éponge. "Lance Armstrong est désabusé et fait face à un procès injuste, a confié le Belge. A un certain moment, il y a un ras-le-bol qui s'installe. Lance dit à l'Usada 'Faites ce que vous voulez, maintenant, je m'en fiche' ". Eddy Merckx avance d'ailleurs les mêmes éléments de défense qu'Armstrong lui-même: l'absence de contrôles positifs. "Lance a été très correct pendant sa carrière, poursuit le Cannibale.  Que peut-il faire de plus ? Tous les contrôles qu'il a passés, plus de 500 depuis l'an 2000, se sont révélés négatifs. Ou bien les contrôles ça ne sert à rien, ou bien Armstrong a été réglo. Tout le procès est basé sur des témoignages. C'est profondément injuste".

Delgado: " Dans certains milieux, ils ont toujours tenté de le coincer "

Autre ancien vainqueur du Tour de France, Pedro Delgado, qui avait d'ailleurs bien failli perdre son maillot jaune cette année-là pour un contrôle positif (finalement, il s'en était sorti, le produit incriminé étant interdit par le CIO mais pas par l'UCI), est venu lui aussi au secours d'Armstrong. Pour le Ségovian, L.A. est plus victime que coupable. "Lance Armstrong est une personne de caractère qui a beaucoup fait pour le cyclisme, juge-t-il. Il a beaucoup d'ennemis. Au lieu d'être une personne admirée... Un sportif comme lui devrait être respecté, admiré. Dans certains milieux, ils ont toujours tenté de le coincer. Je crois que cela répond à une envie de remuer les choses. On ne peut pas aujourd'hui retirer du podium un coureur qui a tout donné. C'est une mauvaise nouvelle pour le cyclisme, et nous savons que les victimes sont toujours les cyclistes."

Son compatriote Oscar Pereiro, vainqueur du Tour 2006 sur... tapis vert, n'est pas loin de penser la même chose. L'Usada a voulu se payer Armstrong et elle a utilisé tous les moyens pour cela, y compris des moyens de pression. "Je suis convaincu que les coureurs qui ont témoigné contre Armstrong l'ont fait à la condition de ne pas être sanctionnés et qu'on ne leur retirerait pas l'argent gagné. Ca c'est normal?", s'interroge Pereiro, reprenant là encore un des arguments habituels d'Armstrong. "Cela me semble normal et correct qu'il décide de ne pas se défendre, car il ne peut pas se défendre, ajoute de son côté l'ancien vainqueur de la Vuelta, Abraham Olano. Lui, la seule chose qu'il puisse faire c'est de démontrer son innocence et ça il ne peut pas le faire. Le mal est fait, pour lui." Armstrong en victime? Visiblement, chez certains, l'idée fait son chemin.

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