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Le cap de l'espérance
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Publié 24/04/2006 à 16:00 GMT+2
Vainqueur de la Flèche Wallonne et de Liège-Bastogne-Liège en l'espace de quatre jours, Alejandro Valverde a définitivement changé de statut. La jeune étoile montante du cyclisme espagnol quitte pour de bon le cadre des grands espoirs pour celui des nouve
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Alejandro Valverde, ou comment changer de dimension en quatre jours. Mercredi matin, pour tout le monde, l'Espagnol était encore un jeune coureur très talentueux, mais son nom évoquait davantage l'avenir que le présent, en tout cas pour les très grands rendez-vous. Désormais, c'est un champion de première classe. Entre temps, en passant par les Ardennes, il a épinglé coup sur coup une Flèche et une Doyenne, du côté de Huy et de Liège. Deux victoires qui comptent plus que les autres, surtout pour lui, qui avait jusqu'ici essentiellement (beaucoup) gagné sur ses terres.
Mais la quantité, seule, ne suffit pas à définir l'épaisseur des palmarès. L'aspect qualitatif est tout sauf négligeable. A ce titre, Valverde vient d'accomplir un, ou plutôt deux pas de géant. Très ému à sa descente du podium dimanche, plus encore qu'après son succès dans la Flèche, il mesure déjà la portée de la semaine écoulée sur sa carrière. "J'ai du mal à trouver les paroles pour expliquer ce que je ressens. Le plus beau succès ? Chacun est différent. Mais c'est vrai que gagner une course qui a autant d'histoire est très important. En plus, je suis le premier Espagnol vainqueur, j'ai écrit une page en quelque sorte", estime-t-il.
La leçon de l'Amstel
De ses deux victoires, celle acquise à Liège est assurément la plus significative. La Doyenne, que l'on ne nomme pas ainsi pour rien, possède une amplitude historique supérieure à celle de la Flèche Wallonne. Plus prosaïquement, elle est surtout plus exigeante et beaucoup plus longue. Un différentiel de 50 kilomètres que beaucoup estimait infranchissable pour Valverde. Dimanche dernier, lors de l'Amstel Gold Race, le leader de l'équipe Caisse d'Epargne avait d'ailleurs connu une fringale fatale, terminant du coup au-delà de la 20e place.
Heureusement, comme tout élève doué, Alejandro apprend vite. "J'ai pris mes précautions au niveau de l'alimentation, confie-t-il. J'ai beaucoup plus mangé qu'avant l'Amstel Gold Race, pour éviter le genre de défaillance que j'ai pu avoir dans les derniers kilomètres. Même pendant la course, à partir d'un moment je me suis alimenté tous les dix kilomètres. J'ai bien fait car je suis arrivé dans le final avec beaucoup d'énergie." Accessoirement, il était beaucoup plus zen: "Je suis arrivé au départ dans un état d'esprit très serein grâce à ma victoire sur la Flèche Wallonne ."
Désormais entré dans la catégorie des patrons, il y rejoint un certain Tom Boonen, l'autre immense talent de la génération 1980. Ces deux là, on les a beaucoup comparés depuis trois ans. Vice-champion du monde derrière le Belge l'an dernier, le Murcien souffrait, au moins aux yeux du grand public, d'un déficit, non de notoriété, mais de prestige, au regard du palmarès récent des deux hommes. Quelque chose vient de changer. Valverde est le grand gagnant de ce mois d'avril. C'était tout sauf évident à l'aube de cette campagne printanière.
Et maintenant, le Tour?
Le voilà d'ailleurs intronisé dans le costume de leader du Pro Tour, en tête duquel il vient de détrôner... Tom Boonen. Tout un symbole. Pas forcément un objectif, mais un statut tout de même significatif. Cette nouvelle dimension lui confère évidemment des devoirs, comme celui de répondre aux exigences, sans cesse plus grandes, qui ne manqueront pas de lui tomber dessus, notamment dans l'optique du Tour de France, où l'Espagne toute entière le rêve en successeur de Miguel Indurain, dix ans après la chute de ce dernier. " C'est un objectif majeur de ma saison", confirme l'intéressé.
José Miguel Echavarri, qui a couvé Delgado et Indurain par le passé, lance déjà un appel au calme. En forme de supplique. "On savait qu'il était capable de gagner une classique. Le Tour de France? Il faut rester prudent car, maintenant, on va attendre toujours plus de lui. Je préfère dire qu'à l'avenir, j'espère qu'il fera partie du gouvernement du peloton", avance le manager espagnol. Maintenant qu'il a étalé toute sa classe à la face du cyclisme, il reste à mesurer quelles peuvent être ses limites. Aujourd'hui, les contours en restent flous, car on ne peut encore les percevoir. Valverde lui-même ignore sans doute jusqu'où il peut aller. C'est cette réponse qu'il viendra chercher sur le Tour.
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