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L'épopée russe
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Publié 19/05/2005 à 12:45 GMT+2
La Russie a remporté sa première Coupe d'Europe grâce à la victoire du CSKA Moscou face au Sporting Portugal en finale de la Coupe de l'UEFA (3-1), mercredi. Un succès historique qui symbolise la montée en puissance du football russe, épaulé par d'importa
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"Je n'ai qu'une chose à dire, mes joueurs sont des héros. Ils ont réalisé l'impossible". Les paroles de Valery Gazzaev traduisent bien l'ampleur de la performance réussie par le CSKA Moscou. En devenant le premier club russe à remporter une Coupe d'Europe, l'ancien club de l'Armée Rouge est indéniablement entré dans l'histoire. Avant lui, les Russes n'avaient plus connu les honneurs d'une finale européenne depuis la finale de Coupe des vainqueurs de coupe (ex-C2) du Dynamo Moscou perdue en 1971-72 contre les Glasgow Rangers (2-3). 30 ans d'attente, une éternité !
Pourtant, les Moscovites ont dû réussir un authentique exploit pour inscrire leur nom sur les tablettes de l'UEFA. Reversé de la Ligue des Champions grâce à un succès sur la pelouse du PSG (3-1), comme Valence en 2004, le CSKA n'a d'ailleurs pas remporté d'autre match hors de ses bases sur les neuf rencontres qu'il a disputées à l'extérieur, Ligue des Champions et Coupe de l'UEFA confondues. De son côté, le Sporting Portugal ne s'était incliné qu'un seule fois à Alvalade cette saison en Europe face à Sochaux (1-0).
"Des héros !"
Mais le club russe, qui n'avait jamais franchi le stade des 8e de finale d'une compétition européenne, est monté sur la plus haute marche au terme de son 19e match européen de la saison, terrassant au passage le Benfica, Auxerre et Parme. Seulement deux ans après un premier titre de champion décroché devant le Zenith Saint-Petersbourg, le CSKA Moscou est en pleine ascension.
Malgré le départ de Sergueï Semak au PSG et Jiri Jarosik à Chelsea, les Moscovites s'appuient sur un groupe de qualité malgré son très jeune âge (22 ans de moyenne). Les Zhirkov et autre Akinfeev, pratiquement tous internationaux, représentent donc l'avenir du football russe. Mais le club a également bâti son succès en s'appuyant sur une cellule de recrutement chargée de repérer de nouveaux talents, en Russie mais également en Afrique et en Amérique du Sud.
Abramovich, le parrain
Outre le Brésilien Vagner Love (20 ans) ou le Nigérian Chidi Odiah (21 ans), le plus bel exemple reste celui de Daniel Carvalho (22 ans). Auteur trois passes décisives, le Brésilien a logiquement été élu meilleur joueur de la finale. Pour le milieu de terrain, "ce sera un souvenir inoubliable. Je crois que c'est historique pour un club russe et j'en suis d'autant plus fier parce qu'un Brésilien restera dans l'histoire". Alors, pourquoi s'arrêter là ?
Le CSKA a ouvert une porte. "C'est une victoire symbolique. Maintenant, tous les jeunes footballeurs russes seront conscients que leurs rêves les plus fous peuvent devenir réalité" , espère Gazzaev, avant d'ajouter : "Cette performance historique devrait désormais stimuler tous les clubs russes qui joueront la Coupe de l'UEFA et la Ligue des champions". Ce titre démontre bel et bien l'essor des clubs russes sur la scène européenne, grâce notamment à d'imposants capitaux.
Le Dynamo s'offre Maniche
"Avant toute chose, je voudrais remercier mes joueurs, le président et tous ceux qui ont permis au CSKA d'arriver à ce résultat ce soir", commentait ainsi Gazzaev à l'issue de la finale. Car derrière le club moscovite se cache aussi Roman Abramovich. Le président millardaire de Chelsea est en effet le "parraineur" du CSKA à hauteur de 45 millions d'euros sur trois ans via la Sibneft, une société pétrolière russe dont il est l'actionnaire majoritaire. Abramovich est par ailleurs un ami proche du président du CSKA, Yevgeny Giner.
Mais le CSKA n'est pas le seul dans ce cas. Le Dynamo Moscou vient ainsi de s'attacher les services de Costinha et surtout Maniche, joueurs vedettes de la victoire du FC Porto en Ligue des Champions en 2004. Après avoir attiré Derlei, l'autre club de Moscou a dû casser sa tirelire, déboursant "16 millions d'euros" pour le très convoité Maniche et "4 millions" pour Costinha, selon le président Alexei Fedoitchev. De même, le Spartak Moscou a versé 9 millions à River Plate pour le joueur de 20 ans Fernando Cavenaghi. La Russie deviendrait-elle le nouvel eldorado du football ?
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