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Après Pays-Bas - Costa Rica (0-0, 4 tab à 3), l'antisèche : A part dans l'histoire du Mondial

Nul, vierge, tendu, mais c'est un bijou de l'histoire de la Coupe du monde

Le 06/07/2014 à 02:37Mis à jour Le 06/07/2014 à 11:31

Pays-Bas - Costa Rica n'a pas été un sommet de football mais mérite sa place dans la légende de la Coupe du monde. Grâce à Louis van Gaal et Tim Krul. Notre antisèche.

Le jeu : Discipline contre patience

Il y a deux manières de juger la prestation du Costa Rica, samedi soir face aux Pays-Bas. Regretter qu'une équipe puisse n'avoir d'autre ambition que de défendre son but cent-vingt minutes durant. Ou s'extasier d'une telle discipline tactique étalée sur deux heures. Il y a deux écoles : on a choisi la seconde. Ce qu'a réalisé le Costa Rica tout au long de ce quart de finale demande une maturité tactique exceptionnelle et une discipline affolante. Le 3-4-3 mis en place par Jorge Luis Pinto, qui s'est parfois mué en 5-4-1 sur certaines phases défensives, a tenu bon. Keylor Navas y est pour beaucoup, évidemment. Sa baraka également. Mais il ne faut pas se tromper : la prestation du Costa Rica n'en reste pas moins remarquable face à une marée orange qui, habituée à laisser le ballon à l'autre, n'a cette fois eu d'autre choix que de le prendre et d'en faire le meilleur usage possible.

Naturellement dominateurs, les "Oranje" ont également fait preuve de patience. Le 3-4-3 de Louis van Gaal est plus habitué à lancer des flèches qu'à faire tourner le cuir. Cette fois, les Pays-Bas ont dû faire autrement. Et ils ont eu le mérite de ne pas s'agacer alors que Keylor Navas ou ses montants sortaient à peu près tout. En prolongation, avant l'exceptionnel coup de poker Tim Krul, Louis van Gaal a transformé son 3-4-3 en 4-4-2, quand il a remplacé le revenant Bruno Martins Indi par Klaas-Jan Huntelaar au début de la seconde période de la prolongation. Sans réussite.

Les joueurs : Robben a tout tenté, Krul a concrétisé

Les Pays-Bas ont longtemps penché à droite durant le match. La raison ? Arjen Robben. Le Néerlandais a fait ce qu'il sait le mieux faire. Infatigable, il a provoqué, provoqué et encore provoqué. Mais n'a pas été récompensé. Il est la seule des trois "stars" des Pays-Bas à avoir véritablement tenu son rang. Car Robin van Persie, maladroit ou hors-jeu, n'a pas été au niveau d'un quart de finale. Quant à Wesley Sneijder, il a certes frappé deux fois sur le poteau mais son activité (indéniable) a souvent été stérile. Tout le contraire de Tim Krul. Même pas une minute de jeu dans le match. Et puis deux arrêts durant la séance des tirs au but. Difficile de faire plus efficace.

Arjen Robben (Pays-Bas) face au Costa Rica

Arjen Robben (Pays-Bas) face au Costa RicaAFP

Keylor Navas aurait cent fois mérité de sortir avec les honneurs réservés à son homologue néerlandais. Encore une fois, il a tout repoussé. Sauf deux frappes (sauvées par ses poteaux) et quatre tirs au but, remarquablement transformés par les Néerlandais. Ses coéquipiers se sont mis au diapason. Si Diaz a peiné face à Robben, Gonzalez a été plus que propre, derrière. Bolanos, sur ses coups de pied arrêtés, ou Bryan Ruiz, dos au but, ont été précieux. Tout comme Borges ou Tejeda. Le Costa Rica, qui disputait son premier quart de finale, en ressort grandi.

Le tournant qui n'a pas eu lieu

A trois minutes de la fin de la prolongation, le Costa Rica était encore en lice pour disputer les demi-finales de la Coupe du monde sans avoir cadré le moindre tir du match. Et puis Urena a eu l'occasion de sa vie. Il a fait le tour de De Vrij, a pénétré dans la surface et, du droit, a décoché une frappe que Jasper Cillessen a sortie. Sans ça, l'histoire aurait été différente et on aurait été privé de l'un des plus grands moments de l'histoire du Mondial.

La stat

Tim Krul un spécialiste des tirs au but ? Oui. Ou non… Samedi soir, il a stoppé deux tentatives. En Premier League, avec Newcastle, il restait sur deux penalties arrêtés sur vingt.

Le tweet qui résume tout

La question : A-t-on assisté à un match historique ?

La réponse est simple : oui. Evidemment. Ce Pays-Bas - Costa Rica n'a pas été un sommet de football, même si, comme exprimé plus tôt, la prestation costaricienne est remarquable parce que les joueurs de Jorge Luis Pinto ont maximisé leurs possibilités et leur potentiel. En revanche, ce Pays-Bas - Costa Rica restera dans l'histoire de la Coupe du monde par sa dramaturgie couplée à l'exceptionnel coup de Louis van Gaal qui a osé ce que d'autres avaient fantasmé avant lui : faire entrer un gardien de but après cent-vingt minutes de jeu à la place du titulaire. Un coup unique. Par son résultat, il faut entrer ce Pays-Bas – Costa Rica illico presto dans l'histoire du Mondial. Dans vingt ans, on s'en souviendra encore. Parce que Louis van Gaal a défié une forme d'ordre établi et de logique acceptée depuis des lustres. Il a peut-être ouvert une nouvelle voie. Etre un grand technicien, c'est aussi ça.

En lançant Tim Krul pour les tirs au but, Louis Van Gaal a gagné son pari

En lançant Tim Krul pour les tirs au but, Louis Van Gaal a gagné son pariPanoramic

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