Eurosport
De qui se moque-t-on ?
Par
Publié 16/03/2009 à 19:00 GMT+1
Alain Perrin, l'entraîneur de Saint-Etienne a mis les choses au clair à l'issue de la défaite de ses hommes à Grenoble (1-0). Selon lui, les Stéphanois, 18e en L1, ne défendront pas leur chance à fond en 8e de finale de la Coupe de l'UEFA cette semaine. Le coach des Verts va même beaucoup plus loin.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Corvée : obligation ou travail pénible et inévitable. En définissant ainsi la Coupe de l'UEFA, Alain Perrin, coach de Saint-Etienne, est sans doute allé trop loin. La C3, une corvée ? Dans ce cas, à quoi bon, chaque année, viser les places européennes ? A quoi bon se féliciter d'avoir décroché le précieux sésame si six mois plus tard il se transforme en fardeau ? A quoi bon, enfin, dépenser son temps et son énergie depuis le début de saison sur le Vieux Continent pour rendre les armes en 8es de finale ? Car c'est bien de cela dont il s'agit. Alain Perrin s'est montré pour le moins explicite dimanche soir quand il s'agissait de définir les ambitions des Verts en 8e de finale retour face au Werder Brême : "Il serait dangereux pour nous de se retrouver en quarts de finale de l'UEFA. La Coupe d'Europe est une corvée, on ne va pas jouer pour se qualifier contre Brême."
Les plus de 30 000 spectateurs prévus à Geoffroy-Guichard ce mercredi apprécieront. Depuis dimanche soir, Alain Perrin a mis de l'eau dans son vin et déclare désormais sur le site officiel de l'ASSE : "C'est à nous de faire honneur au maillot et de se battre pour obtenir cette qualification." Un grand écart qui ne trompe personne. Dans un club comme Saint-Etienne qui n'a plus connu les frissons des grandes soirées européennes depuis 26 ans, qui a construit sa légende sur son épopée continentale, s'asseoir de cette façon sur un éventuel quart de finale a quelque chose d'indécent. On peut malgré tout souligner la franchise du coach des Verts. Au moins Alain Perrin a-t-il le cran de dire tout haut ce que certains pensent tout bas. Il n'y a guère que l'OM et Eric Gerets qui prennent cette compétition avec tout le sérieux et l'ambition qu'elle mérite. L'an dernier, Bordeaux et Laurent Blanc étaient sortis par la chatière de la C3 à l'issue d'un piteux 16e de finale face à Anderlecht. Blanc avait aligné une équipe bis. Cette année encore, le Président a préféré préserver son meilleur élément, Yoann Gourcuff, pour le déplacement à Galatasaray. Et l'élimination est venue sanctionner ce manque d'audace.
Certes l'avenir de Saint-Etienne en Ligue 1 est plus que jamais incertain. Certes, l'infirmerie n'a jamais désempli du côté de l'Etrat et l'effectif n'est pas taillé pour enchaîner les matchs tous les trois jours. Mais aucun club français, mis à part Lyon, habitué à franchir la phase de poule en C1, ne peut se permettre de snober la Coupe de l'UEFA car elle reste le seul moyen pour eux de se construire une renommée qui dépasse les frontières de l'Hexagone. Et quand la France rétrogradera en sixième position des coefficients UEFA, quand la France verra son quota de places qualificatives pour les Coupes d'Europe fondre, il ne faudra pas s'en étonner. A voir avec quel enthousiasme les entraîneurs des clubs français abordent la Coupe de l'UEFA, ce serait tout sauf une surprise.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité