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Football - Euro 2008

22/06/2008 - 08:45

La Russie au zénith


Vingt ans après la finale de l'Euro 1988 remporté par les Pays-Bas, la Russie s'est débarrassée de la sélection batave (3-1) en quart de l'Euro 2008. Les Russes, qui avaient ouvert le score avant d'être rejoints à la fin du temps réglementaire, ont fait l

EURO 2008 - QUARTS DE FINALE

PAYS-BAS - RUSSIE : 1-3
Buts : van Nistelrooy (86e) pour les Pays-Bas - Pavluychenko (56e), Torbinski (112e) et Arshavin (115e) pour la Russie.

Décidément, cet Euro ne pardonne rien aux têtes de série. Après le Portugal et la Croatie, c'est désormais au tour des Pays-Bas de quitter la compétition austro-suisse, eux qui, comme les deux formations citées plus haut, avaient pourtant toute la faveur des pronostics. Difficile en effet de ne pas voir en la menace oranje un prétendant certain au trophée européen, notamment avec un parcours parfait en poule (trois matches, trois victoires). Oui, les Pays-Bas étaient favoris mais c'est bel et bien la Russie qui file rejoindre le dernier carré de la compétition (1-3).

L'info est là, brute comme le résultat affiché en gros sur le tableau d'affichage du Saint Jakob Park de Bâle. Les Néerlandais, si impressionnants ces derniers jours, sont retombés de leur nuage, corrigés par des Russes bien plus matures tactiquement aujourd'hui que lors de leur entrée dans la compétition. Une montée en régime en termes de discipline défensive notamment, un constat qui n'est pas étranger au lobbying de Guus Hiddink auprès de ses joueurs après la déroute espagnole en début de tournoi. Résultat : la Russie n'a cessé de progresser au fur et à mesure de ses sorties, obligée notamment lors de sa "finale" face à la Suède de sortir le grand jeu pour rejoindre les quarts.

En face, les Néerlandais n'ont jamais eu l'occasion de se pencher sur le cas de leurs faiblesses supposées (une défense lente et un ton largement en-dessous des autres secteurs de jeu), la faute à des adversaires moins bien outillés (Roumanie) et plus maladroits (Italie, France) que leurs rivaux de la soirée. Et lorsque l'heure du test a enfin sonné pour les Bataves, la claque a été retentissante. Si les Néerlandais ont eu, notamment en fin de première période, l'ascendant offensif, les trois quarts du match ont été exclusivement en faveur des protégés de Guus Hiddink. Solide sur ses lignes arrières, guidée notamment par un Denis Kolodin tout feu tout flamme, "L'Armée rouge", pourtant bien blanche à la couleur de sa tunique, a mérité sa qualification.

Arshavin toujours plus haut

On avait pourtant peur d'un duel, certes classé comme spectaculaire au coup d'envoi, un brin déséquilibré entre deux formations aux bancs de touche inégaux. Mais dans ce genre de match, le coaching et le talent des joueurs sur le pré comptent. Manque de chance pour Marco van Basten, ces deux ingrédients l'ont abandonné dans la nuit de samedi. D'abord l'inspiration, condition sine qua none pour effectuer une révision tactique, une lacune symbolisée par l'entrée en jeu de Robin van Persie, absolument transparent, maladroit, malgré une mise en lumière rapide, une frappe toute proche de la lucarne d'Akinfeev (46e). Ensuite, le talent n'était pas hollandais lors de ce quart de finale. On a vu des van der Vaart et des Sneijder plus percutants balle au pied même si ce dernier a probablement été l'un des Oranje les plus en vue. Dans une rencontre aussi rythmée que celle proposée par les deux formations, l'absence d'Arjen Robben s'est faite sentir, encore plus une fois le one-man show manqué de Van Persie en action.

La critique est probablement dure. Surtout qu'un éclair de génie est tout de même survenu par le crâne de van Nistelrooy, un zébra aérien indispensable pour arracher en toute fin de match la prolongation (86e, 1-1)... toutefois cela est bien peu finalement comparé à ce que la Russie d'Arshavin a proposé. Certes, les petits camarades du prodige du Zenit Saint-Petersbourg seraient bien inspirés une bonne fois pour toutes d'associer beau jeu, percussion et réalisme devant le but. Mais sûrs d'eux, confiants en leurs vertus offensives, les Russes ont fini par être récompensés. Le but de Pavlyuchenko (56e) n'est pas resté lettre morte. Le talent, toujours au centre de ce match, a alors choisi son moment et son camp pour se manifester. On le voyait en nombre du côté hollandais, il fut presque solitaire dans les camps russes, matérialisé par le visage poupin d'Arshavin.

Passeur décisif pour Torbinski (112e) avant de porter lui-même sur un solo dont il a le secret l'estocade fatale (115e), le Russe le plus surveillé d'Europe a confirmé le come-back retentissant qu'il avait réussi en sélection aux dépens de la Suède. La Turquie a un mental d'acier, les Allemands, un collectif bien rôdé et la Russie un diamant brut, accompagné d'autres perles (Zhirkov, Pavluychenko) tout à fait en mesure de magnifier un collectif. Dans ces trois qualités, se trouve très certainement celle du futur champion d'Europe 2008. Oui mais qui ? Vivement les demies...

LA DECLA : Guus Hiddink (sélectionneur de la Russie)

"Je ne mesure pas le chemin que nous avons parcouru depuis notre préparation pour le premier match (défaite 4-1 contre l'Espagne, ndlr). Généralement, les Pays-Bas ont une équipe impossible à dominer tactiquement, techniquement et physiquement mais nous avons réussi à le faire dans ces trois domaines. Bien sr, nous savions que nous ne devions pas leur concéder trop de coups francs mais quand la fatigue se fait sentir, on commet plus de fautes. Cependant, mes joueurs ont su répondre présent et, au lieu de jouer en contre-attaque, ils ont continué à pousser pour inscrire le but de la victoire".

Eurosport - Alix DULAC
 
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