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Le Barça et l’Atlético ont deux objectifs distincts et peu de temps pour y parvenir

Le Barça et l’Atlético ont deux objectifs distincts et peu de temps pour y parvenir

Le 14/10/2017 à 00:09

LIGA - Après un début de saison parfait en championnat, le FC Barcelone joue son premier grand choc en championnat, contre l’Atlético de Madrid. Chacun à sa manière, les deux clubs sont en pleine évolution et peu de temps pour remplir leurs objectifs.

Entre les problèmes sportifs qui ont marqué la fin de mandat de Luis Enrique, le départ de Neymar, les démissions en cascade qui ont émaillé la vie du Barça ces dernières semaines, sans parler des événements politiques en Catalogne, Ernesto Valverde s’en sort de façon remarquable. Sa valeur d’entraîneur n’a jamais été remise en question et même si les Blaugrana n’ont joué aucun gros match en Liga, le bilan aurait pu être moins probant. Or, avec 21 points en 7 matches (meilleure attaque et meilleure défense), une victoire contre la Juventus en Ligue des Champions, il y a largement de quoi oublier la déroute en SuperCoupe d’Espagne contre le Real Madrid, bien que le plus dur reste à venir.

Messi, meilleur allié de Valverde

Le début de ce nouveau cycle a été une étape de plat et voilà la première étape de haute montagne. Josep María Bartomeu est largement critiquable sur de nombreux points, de la promotion de Pep Segura désormais manager général à la décision de jouer le match contre Las Palmas à huis clos, une faute politique manifeste. En revanche, avoir nommé "Txingurri" pour remettre de l’ordre tactique est une bonne idée, peut-être sa meilleure depuis un moment.

En l’absence d’Ousmane Dembélé, out jusqu’à la fin de l’année, le Basque d’adoption doit composer sans la pépite française et, même s’il doit régulièrement s’en remettre à un Lionel Messi stratosphérique, il pose les bases de ce qui a fait ses succès à l’Espanyol, à Valencia et à l’Athletic. Dès à présent, Valverde a réussi l’intégration des recrues. Nélson Semedo se profile déjà comme le digne successeur de Dani Alves au poste de latéral droit et Paulinho constitue une vraie bonne surprise pour les Culés. Certes, le Brésilien n’est pas l’exacte définition du joga bonito mais c’est un perce-muraille qui se révèle précieux, surtout contre des équipes qui auraient tendance à fermer la boutique.

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L’Atlético, deux ans pour remporter la C1 à la maison

Le Barça n’est pas dans la même situation que l’Atlético de Madrid. Néanmoins, les Colchoneros initient une nouvelle étape dans le projet sportif dont le personnage central reste Diego Simeone. Les Indios réalisent un début de saison correct, sans pour autant convaincre pleinement. L’interdiction de recrutement cet été place le club entre deux eaux, dans l’attente des arrivées effectives de Vitolo Machín, actuellement en prêt à Las Palmas (l’opacité du montage tripartite Séville - Las Palmas - Atlético pourrait faire parler un bon moment), et de Diego Costa, le fichaje estrella que réclamait El Cholo. Pour l’heure, chaque ligne de l’équipe connaît des ajustements qui devraient prendre toute leur force dans la deuxième partie de saison.

En défense, si Diego Godín reste l’homme fort de la charnière (même s’il n’a joué que 4 matches sur 7), son binôme change régulièrement : José María Giménez, Stevan Savic ou Lucas Hernández. En attaque, Antoine Griezmann partage les rôles soit avec Ángel Correa soit avec Luciano Vietto avec un très net avantage pour le premier cité. Mais c’est réellement au milieu que Simeone bouscule les habitudes. Gabi, son capitaine et principal relais sur le terrain et le vestiaire, perd du temps de jeu au profit de Thomas Partey, avec 4 titularisations contre 5. Le Ghanéen est couvé par El Cholo depuis deux saisons en prévision de ce passage de témoin.

Atlético de Madrid-Real Madrid

Atlético de Madrid-Real MadridGetty Images

Pour l’instant, Thomas est excellent, tant dans l’impact que dans l’implication collective globale. De quoi froisser l’orgueil de Gabi sur la durée ? Par ailleurs, l’entrée de l’Atleti dans le Wanda Metropolitano et l’officialisation de l’organisation de la finale de la Ligue des Champions 2018-2019 sont des éléments de nature à conserver ses meilleurs joueurs, y compris Antoine Griezmann, et à en attirer de nouveaux. Le retour de la Bestia illustre de la meilleure des manières la volonté d’El Cholo de remporter enfin la C1 avec un joueur qui colle parfaitement à sa philosophie de jeu. Mine de rien, le temps presse car l’Atlético connaît la meilleure ère de son histoire et, même si Simeone vient de renouveler son bail, il n’est pas éternel.

Le Barça et l’Atlético ne sont pas au même stade de leurs plans à court terme. Les Culés connaissent une période trouble. Aux problèmes internes s’ajoutent l’instabilité politique. La situation ubuesque que connaît la Catalogne est un facteur contextuel dont on ne mesure pas complètement les effets à l’heure actuelle. C’est l’exact opposé de l’Atleti, même si son président, Enrique Cerezo, n’a pas l’air tout à fait blanc dans le cas "Soule" qui met un terme à 30 ans de gestion Villar à la tête de la Fédération. Malgré des courbes d’évolution différentes, Colchoneros et Blaugrana commencent une nouvelle étape cruciale. Pour l’Atleti, l’objectif est d’enfin remporter la Ligue des Champions qui se dérobe depuis si longtemps. Pour le Barça, bien plus que les titres, cette saison doit marquer la restauration de sa philosophie de jeu, l’essence même de son identité. L’aube d’une promesse, bien au-delà de ce choc immanquable.

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