Les 5 clés d'un fiasco

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Nantes est à 90 minutes de l'échafaud. Toute une ville tremble, alors que les Canaris sentent le sol se dérober sous leurs pieds. Une relégation du FCNA, après 42 années de présence ininterrompue parmi l'élite, aurait une portée historique. Mais faut-il s

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1. Un recrutement catastrophique
Il n'y a pas de miracle. L'été dernier, le FC Nantes a laissé partir sept titulaires: Yepes, Gillet, Armand, Berson, Ziani, Vahirua et Moldovan. Une véritable saignée d'autant plus douloureuse que le recrutement opéré par les dirigeants nantais s'est avéré pour le moins calamiteux. L'attaquant roumain Florin Bratu et le défenseur central paraguayen Julio Cesar Caceres ont disparu de la circulation après des débuts catastrophiques.
Le cas de l'arrière gauche colombien Nelson Viveros, sorte de Roberto Carlos du pauvre (il en a tous les défauts sans posséder le dixième des qualités du Brésilien), est à peine plus probant. Son sens du placement et ses lacunes défensives ont laissé plus d'une fois la Beaujoire perplexe. Malgré ses sept buts, Mamadou Bagayoko ne s'est pas adapté au style maison et son compère de l'attaque, le Malien Diallo, arrivé cet hiver, est encore en phase d'apprentissage. Bref, Nantes s'est trompé sur (presque) toute la ligne.
2. La Pension mimosa se lézarde
Nantes, qu'as-tu fait de ta formation? On loue à juste titre les qualités de Jérémy Toulalan, le meilleur Nantais cette saison et un des tout meilleurs milieux défensifs français. Déjà. Mais il est devenu une exception, non une règle. Derrière, la nouvelle génération peine à s'affirmer. Emerse Fae a tout pour lui, mais il s'est dispersé. Loic Guillon, après une saison prometteuse en 2003/2004, n'a pas réussi à s'imposer. L'apport des jeunes demeure trop sporadique, à l'image de Ca, Bouguerra, Dimitrijevic ou Stinat. On ne sort pas tous les ans une génération du niveau de 1995.
Seul Claudiu Keseru semble avoir le potentiel d'un futur très grand joueur, mais le buteur roumain n'a pas été formé au club&hellip Alors, problème de fond ou simple phénomène générationnel? Un peu des deux, probablement. La cuvée 87, avec les champions d'Europe des moins de17 ans (Thicot, El Mourabbet) est très prometteuse. Mais pour certains anciens du club, Nantes forme encore des bons joueurs, plus des grands joueurs. Ils sont nombreux aujourd'hui à penser que la Pension mimosa, autre nom donné à la Jonelière, a tendance à se lézarder sérieusement.
3. Des cadres en dessous de leur niveau
A défaut de pouvoir s'appuyer sur les nouveaux, ou sur une jeune garde suffisamment talentueuse, il aurait fallu que les leaders naturels du groupe soient irréprochables. Ce ne fut pas le cas. Mickael Landreau demeure une référence à son poste, mais il s'est montré moins décisif que par le passé. Frédéric Da Rocha, autre pilier du groupe depuis une décennie, vient de livrer sa moins bonne saison.
Pour la première fois depuis ses débuts en Ligue 1, il s'apprête même à boucler un championnat sans le moindre but à son compteur. Un symbole. Et que dire de Gilles Yapi? Après des débuts encourageants il y a 18 mois, l'Ivoirien n'a que trop rarement fait étalage de ses qualités. Serge Le Dizet a bien essayé de lui confier les clés du jeu nantais, en pure perte. Yapi, c'est un bon match pour un mois de méforme. Privé de leaders sur la pelouse, le FCNA s'est perdu en chemin.
4. Une identité bradée
Qu'il le veuille ou non, Jean-Luc Gripond a bradé à peu de frais l'esprit nantais. A ce titre, le président en exercice porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle. En quatre ans, il a utilisé quatre entraîneurs et en a licencié trois. Quatre entraîneurs, soit tout juste un de moins que lors des 40 années précédentes. Ce club avait pris la bonne habitude d'oeuvrer dans la durée. Un fil conducteur aujourd'hui cassé.
Mickael Landreau ne disait d'ailleurs rien d'autre cet hiver. Si on peut contester l'intervention du capitaine des Jaunes sur la forme, son raisonnement était irréfutable sur le fond. Gripond a par ailleurs commis une grosse erreur en axant sa communication fin août sur son bilan comptable. Plus prosaïquement, les amoureux du club retiennent qu'il a hérité d'un club champion de France qui, depuis, n'a rien gagné, et s'apprête à sombrer.
5. Des circonstances défavorables
Dans son malheur, il faut bien admettre que Nantes n'a pas eu de chance. En s'imposant à Bordeaux lors de la 33e journée, les hommes de Le Dizet auraient pu se donner définitivement de l'air. Mais ce soir-là, tous les cancres avaient décidé de jouer les premiers de la classe. Le scénario du week-end dernier fut plus catastrophique encore, tous les rivaux directs du FCNA obtenant les trois points, certains de manière totalement inattendue (Ajaccio à Lille notamment).
Nantes pourrait donc descendre avec un total de 43 points, fait rarissime, et devenir le premier club de l'histoire relégué sans avoir jamais perdu par plus de deux buts d'écart de toute la saison! La saison dernière, déjà, les chiffres n'avaient pas été favorables au FCNA, sixième avec 61 points! Un total qui leur aurait assuré sans problème la quatrième place cette année. Il n'en reste pas moins vrai que Nantes n'a rien fait pour éviter ce scénario catastrophe.
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