Budzynski, la marque jaune

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Robert Budzynski, poussé à la retraite à 65 ans par la nouvelle direction de Nantes, va quitter définitivement vendredi une "Maison Jaune" qu'il a marquée de sa présence depuis 42 ans, comme joueur et surtout comme directeur sportif, poste occupé depuis 3

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Son départ a été scellé par l'assemblée générale extraordinaire du 28 juin qui a porté à la présidence du club, Rudi Roussillon, conseiller de l'actionnaire principal Serge Dassault. Cette restructuration avait germé après la saison noire 2004-05 des Canaris, miraculeusement sauvés de la relégation lors de la dernière journée. Japhet Ndoram, ancien meneur de jeu de la génération dorée 1995 (avec Reynald Pedros, Patrice Loko ou Nicolas Ouédec), a été nommé en remplacement de "Bud", qui ne souhaite pas revenir sur les circonstances de son départ.
L'amertume se lisait toutefois dans ses déclarations fin juin : "il est toujours difficile d'évacuer quelque chose pour lequel tu as toujours beaucoup donné, sans doute trop par rapport à ce qu'a été ma vie. J'aurais d consacrer parfois plus de temps à autre chose, dont ma famille". "Si j'écoute +Coco+ Suaudeau (ancien entraîneur nantais emblématique), je ne me remettrai pas au boulot" , lançait encore à l'époque celui qui a été de tous les titres (huit) de champion de France remportés par Nantes: d'abord comme joueur (1965 et 1966), puis comme directeur sportif (1973, 1977, 1980, 1983, 1995 et 2001).
Un pionnier
Nordiste d'origine polonaise, il était arrivé en Loire-Atlantique en 1963 (il débutait sous le maillot nantais le 1er décembre lors de Nantes-Nice, 3-0). Il joue jusqu'en 1970 (stoppé par une double fracture tibia-péroné) y gagnant au passage des galons d'international au poste de stoppeur: 11 sélections tricolores, capitaine quelques matches après la Coupe du monde 1966 en Angleterre. En 1970, le président de l'époque du FCNA, Louis Fonteneau, a le premier en France l'idée de créer un poste de manageur général à l'anglaise, chargé notamment du recrutement.
"Bud", pionnier de ce poste en France, deviendra au fil des décennies le trait d'union entre les générations de Canaris, veillant à la transmission des valeurs de la formation, notamment le célèbre "jeu à la nantaise", fondé sur la fluidité dans la circulation du ballon, aujourd'hui tombé en désuétude. Son flair et son carnet d'adresse ont rendu de fiers services aux Nantais. Dans les années 80, il déniche ainsi avant tout le monde un talent yougoslave, un certain Vahid Halilhodzic, qui sera sacré deux fois en 1983 et 1985 meilleur marqueur du Championnat de D1.
Budzynski impose aussi en interne sa griffe, entre intransigeance et séduction. La légende raconte que certains joueurs oubliaient leurs revendications une fois franchie la porte de son bureau, o trônait l'incription "Silence, le boss bosse!". Son départ apparaissait inéluctable au regard des mutations de ces dernières années: Nantes, qui avait l'image d'un club formateur et familial doté d'un jeu maison original, est devenu une équipe comme les autres, entre tactique fluctuante, valse des entraîneurs et même débordements des supporteurs. Budzynski, ancien élève de José Arribas (entraîneur-référence en matière de beau jeu de 1960 à 1976), devait se sentir parfois un peu seul.
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