Courbis se défend

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Le procès des transferts suspects à Marseille s'est achevé jeudi avec la plaidoirie des avocats de l'ex entraîneur Rolland Courbis, qui ont dénoncé un "procès en sorcellerie" et la "sanction hallucinante" requise à son encontre.

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Rolland Courbis et ses quatorze co-prévenus, parmi lesquels l'actionnaire principal du club Robert Louis-Dreyfus, qui comparaissaient depuis deux semaines et demie, seront fixés sur leur sort le 9 juin, date à laquelle le tribunal a mis son jugement en délibéré. Tour à tour, les trois avocats de Courbis ont dépeint l'univers d'excès de la "planète football" , où "il faudrait 110 années de labeur d'un ouvrier spécialisé pour atteindre le salaire hebdomadaire de Thierry Henry" , dira Me Alain Molla.
"Deux fous de foot"
Mais "aucun des prévenus ici présents n'est responsable de cette déconnection totale et absolue entre le génie d'un sportif et sa rémunération (...) où les sommes vertigineuses sont aussi légales" , a poursuivi Me Molla, s'étonnant qu'on ne cesse de reprocher à son client "sa réputation sulfureuse et ses ennuis avec le fisc". Un "procès en sorcellerie" selon lui. Le bâtonnier José Allegrini, a lui souligné le contexte de son arrivée à l'OM en 1997, quand "deux fous de foot", Courbis et le "mécène" Robert Louis-Dreyfus, formaient une "alchimie parfaite dans la ville française la plus folle de foot, qui les met quasi en demeure de construire au plus vite une équipe performante".
Courbis vivait alors "un rêve", avec une obsession: "ne plus avoir d'emmerdes", dit Me Molla. Une allusion à son implication quelques semaines plus tôt dans le transfert record (48 MF) de Bordeaux au Milan AC de l'attaquant Ibrahim Ba. Pour ce transfert, Courbis, ex-coach de Bordeaux, a été rémunéré comme aide-agent par un autre agent, Licio D'Onofrio, lui aussi prévenu dans ce procès.
Rémunéré pour le transfert de Ba
Courbis, qui a subi un redressement fiscal pour ce transfert, et sa défense nient donc avoir perçu sur un compte en Suisse ouvert dans la même banque que D'Onofrio des commissions de 4 MF correspondant aux arrivées de Dugarry et Ravanelli. Ce montant est bel et bien lié à l'opération Ba, ont de nouveau assuré ses avocats. Ils ont aussi réfuté, transfert par transfert, les reproches de complicité d'abus de biens sociaux formulés par l'accusation, qui lui ont valu lundi de sévères réquisitions: deux ans de prison ferme et une interdiction d'excercer comme entraîneur pendant cinq ans en France.
"Une sanction hallucinante!", s'est exclamé Me Molla. "Une condamnation pour exercice illégal d'agent et un redressement fiscal, ça suffisait. Mais il fallait trouver des opérations de blanchiment de la mafia russe, on était dans le délire!", a affirmé Me Allegrini. Les législations fluctuantes de la FIFA et de la Ligue de football françaises sur les transferts de joueurs ont aussi été stigmatisées. Surtout "quand les joueurs ont un langage commun: le net d'impôt", a ironisé Me Molla.
L'avocat parisien Carlos Bejarano a pour sa part dénoncé les "erreurs de casting" de l'instruction, soulignant l'absence de poursuites contre les joueurs et certains dirigeants étrangers qui auraient permis de "mieux comprendre ce qui se fait dans les transferts internationaux". La constitution de partie civile de l'OM, qui réclame 2,1 millions d'euros à Courbis, a aussi été jugé "irrecevable", tant sur la forme que sur le fond.
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