Si l'Olympique Lyonnais n'a toujours pas les épaules assez larges pour tutoyer les sommets de l'Europe, le club rhodanien reste le maitre de la Ligue 1. Dimanche soir à Gerland, les hommes d'Alain Perrin ont remporté la "finale" du Championnat de France face à Bordeaux. Au terme d'une rencontre à la fois plaisante et tendue - un vrai choc-, l'OL s'est imposé 4-2 et reprend six points d'avance sur les Girondins de Bordeaux. Une marge intéressante, sans doute plus en phase avec l'écart réel qui sépare les deux formations, mais qui n'a rien de définitive dans l'attribution du titre 2007/2008.
Alain Perrin en a convenu juste après le coup de sifflet final. Satisfait de l'orgueil de ses joueurs qui sont repartis de plus belle après l'élimination à Manchester en huitième de finale de la Ligue des Champions, l'ancien entraîneur de Troyes sait qu'il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. "Rien n'est encore fait, a tempéré Alain Perrin. Il était important de gagner ce match d'un point de vue comptable mais également pour pouvoir travailler dans la sérénité. Nous n'avons pratiquement rien fait du point de vue mathématique."
Six points d'avance à dix journées de la fin, la marge est cependant intéressante et l'Olympique Lyonnais peut considérer qu'il possède deux jokers dans son jeu. Cela pourrait être utile alors que le calendrier à venir n'est pas totalement favorable aux Rhodaniens qui devront se déplacer à six reprises d'ici la fin du Championnat de France (Monaco, Valenciennes, Marseille, Strasbourg, Nice et Auxerre). Les Girondins disputeront une rencontre de moins hors de leurs bases d'ici le mois de mai et le coup de sifflet final de la saison 2007/2008. Alain Perrin n'a d'ailleurs pas oublié de signaler que le titre, pour lui, "se jouera à l'extérieur."
Bodmer, l'autre vainqueur
D'ici ces échéances et le prochain épisode du championnat, l'Olympique Lyonnais va pouvoir savourer sagement et éteindre les petits départs de feu qui avaient pris ces derniers jours. Entre "l'affaire Benzema-Ben Arfa", le niveau de jeu actuel de Juninho et, évidemment, l'élimination sans passion à Old Trafford, on avait beaucoup parlé de l'OL. Mais pas toujours en termes élogieux. Pas assez en tout cas selon l'état major et le staff rhodanien. "Durant les quarante-huit heures qui ont suivi le match à Manchester, les joueurs ont été touchés par les attaques venues de l'extérieur, a confirmé Christophe Galtier. On a senti le groupe monter en pression avec une grande détermination. Depuis vendredi, les leaders et les cadres ont fait le travail nécessaire, c'est très important pour le vestiaire."
Mathieu Bodmer, auteur d'un doublé et héros d'un soir, ne dit pas le contraire. "Ces derniers temps, les joueurs ont été égratignés dans la presse, on avait à coeur de montrer que cette première place n'était pas imméritée". L'ancien Lillois est, individuellement, le grand gagnant de cette soirée. Arrivé à Lyon à l'intersaison, il a eu du mal à se mettre en route. Entre ses dépannages en défense centrale, des prestations insuffisantes au milieu de terrain et une concurrence exacerbée, Bodmer avait eu du mal à faire son trou. Après quelques prestations de qualité, il a confirmé face à Bordeaux son retour en forme en marquant les deux premiers buts et en mettant son équipe sur la voie du succès. "Enchaîner les matches fait que je tente des choses, j'essaie de rentabiliser au maximum mon temps de jeu. En tout cas, je n'ai jamais perdu confiance." A l'image de l'OL. Bordeaux en est témoin.
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