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"C'est manquer de respect"
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Publié 24/10/2008 à 20:45 GMT+2
Mickaël Landreau revient sur la défaite du PSG face à Schalke 04 et fustige l'attitude des médias par rapport aux choix de Paul Le Guen, qui avait décidé de faire tourner son effectif. Le gardien parisien se projette aussi sur le choc de dimanche à Marsei
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MICKAEL LANDREAU, compte tenu de la composition de l'équipe face à Schalke 04, est-ce que le résultat aurait pu être différent ?
M.L. : Je ne vois pas les choses comme ça. On était face à un adversaire habitué à la Ligue des Champions. Schalke 04 est au-dessus de nous. Des choix ont été faits pour que l'effectif tourne car on a un calendrier très chargé. On n'a pas non plus compromis nos chances de qualification même si, comme on le savait, nous sommes dans un groupe très difficile.
Cette lourde défaite tombe plutôt mal avant d'aller à Marseille...
M.L. : Lourde défaite... 3-1, ça ne fait que deux buts d'écart. Non, on se déplace à Marseille après avoir fait des choses intéressantes cette saison. On est qualifié en Coupe de la Ligue, en Coupe d'Europe, on a fait un début de championnat cohérent même si on a tous eu la sensation d'avoir connu un couac contre Grenoble (0-1, NDLR). Pour moi, on a de la chance d'aller jouer à Marseille dans ces conditions.
N'est-ce pas quand même dommageable d'avoir tiré un trait sur ce match de Schalke après avoir lutté pendant une saison pour décrocher l'Europe ?
M.L. : (Ironique) C'est marrant, depuis ce matin je n'entends parler que des bons choix de Correa et des mauvais choix de Le Guen. En fait, vous tournez ça comme vous en avez envie. Vous orientez tout, on le voit depuis quelque temps. C'est vous qui avez présenté le match comme ça. La réflexion, ce n'est pas que le PSG existe sur un match de Coupe d'Europe, c'est qu'il obtienne les meilleurs résultats sur l'ensemble de la saison.
N'est-ce pas plus simple de dire que vous avez fait l'impasse sur ce match ?
M.L. : (Enervé) Mais pourquoi l'impasse ? Ça veut dire que vous estimez comme toujours qu'il y a deux, voire trois ou quatre équipes ? Non, ce n'est pas comme ça. C'est manquer de respect. L'effectif est tel qu'il est et on gère avec ça. Chaque réflexion de l'entraineur est faite pour le bien-être du groupe et du club.
L'erreur n'a-t-elle pas été de ne pas dire d'entrée que le PSG n'avait pas l'effectif pour jouer sur quatre tableaux ?
M.L. : Aujourd'hui, quel est le constat ? Le PSG est qualifié en Coupe de la Ligue, d'autres clubs ne le sont pas. Le PSG s'est qualifié pour les poules de la Coupe de l'UEFA, d'autres clubs ne l'ont pas fait. On est cohérent en championnat. On a perdu un match, ça veut dire quoi ? Dans le même sens, est-ce qu'Eric Gerets n'aurait pas dû faire tourner l'effectif marseillais à Eindhoven ? Tout ce qui est fait est cohérent. Ça vous dérange peut-être. Pour l'image, c'est peut-être gênant. Mais c'est cohérent par rapport au collectif, à l'équipe et au groupe car il faut gérer tout ce qu'il y a à gérer. L'effectif de Paris n'est pas le même que celui de Marseille ou Lyon.
Le fait que le match suivant soit à Marseille a-t-il changé la donne ?
M.L. : (Ironique) Je ne sais pas. A-t-on fait tourner les effectifs depuis un an ? J'ai l'impression qu'il y a aussi du turn-over en Coupe de France la saison dernière ou depuis le début de la saison. Donc je pense que c'est assez logique.
Finalement, c'était plus une gestion de l'avenir puisque ce résultat n'hypothèque pas vos chances de qualifications...
M.L. : Oui. Non seulement cela ne les hypothéquait pas, mais cela ne nous empêchait pas non plus de faire un résultat. On a eu des occasions, on aurait pu les mettre en difficulté. On n'a pas été outrageusement dominés. Ce n'était pas incohérent. De toute façon, si on avait fait un résultat, on nous aurait dit que c'était le bon choix. Mais comme on a perdu, on se fait laminer. C'est comme ça.
Paul Le Guen disait qu'il ne fallait pas que trois ou quatre joueurs de l'effectif se blessent. N'est-ce pas inquiétant ?
M.L. : (Lassé) Pff... Peut-être. La façon dont vous orientez les choses depuis trois ou quatre jours me gêne. Il y a un entraineur qui gère ce qu'il est possible de gérer. A l'intersaison, on a perdu huit joueurs. On n'en a récupéré que quatre ou cinq. Et on a une compétition en plus avec la Coupe d'Europe. Encore une fois, on gère avec ce qu'on peut gérer.
Selon vous, est-ce que Marseille est dans un bon contexte au moment de recevoir Paris ?
M.L. : Le bon contexte, on le connait après le match. Si on veut le positiver, on peut se dire qu'ils ont été éliminés de la Coupe de la Ligue, qu'ils ont zéro point en Ligue des Champions, qu'ils ont la pression parce qu'il faut qu'ils existent en championnat... Après, ils sont aussi invaincus en Ligue 1. Et nous sommes moins bien à l'extérieur depuis quelques matches... On peut l'orienter comme on souhaite. Ils ont la meilleure attaque, mais on a la meilleure défense. C'est un match très intéressant à jouer, c'est une chance de le jouer. Et j'espère que ça va nous sourire.
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