SYLVAIN WILTORD, Bordeaux reste sur une victoire éclatante à Paris (0-3). L'OM peut-il rivaliser en ce moment avec les Girondins ?
S.W. : J'ai vu leur match en Coupe de la Ligue face au PSG. Et c'est vrai qu'ils étaient bien en jambes. Ils étaient bien regroupés grâce notamment au gros travail des attaquants. Sur les côtés ou au milieu, que ce soit Chamakh, Gourcuff ou un autre, ils venaient se battre pour récupérer le ballon. Il faut se servir de cette "gnac" pour aller les chercher. C'est une très belle équipe de Bordeaux en ce moment. On sait que ça va être difficile, mais on est à Marseille et on a besoin de points.
Justement, une défaite ne condamnerait-elle pas les espoirs de titre pour l'OM ?
S.W. : Pour rester tout en haut et garder confiance, on doit prendre les trois points. Mais quand on voit les derniers résultats de l'OM, on va dire que terminer dans les trois premiers serait déjà bien… On n'est pas loin pourtant. Et puis dans 4-5 matches, avec le retour des blessés et des cadres, on y verra plus clair sur notre potentiel.
Dans quel état d'esprit sont vos coéquipiers avant cette rencontre décisive ?
S.W. : Tout le monde doit être vigilant. Car les gars ressentent qu'il manque un petit quelque chose… Pour être champion, il faut être encore plus appliqué, faire preuve de plus de concentration et d'envie. Et jouer chaque match comme une finale. Chaque match est un combat. Avec la qualité que l'on a dans le groupe, ça devrait passer.
L'OM reste sur deux défaites à Lyon (1-0) et à Sochaux (1-0). Comment expliquer cette mauvaise série ?
S.W. : C'est vrai que les derniers résultats sont en notre défaveur. Il n'y a pas de but et pas beaucoup d'occasions non plus. Il faut que l'on trouve des automatismes pour se créer plus d'occasions. A l'entraînement, il faut toujours avoir la même envie de la mettre au fond. Et ça viendra alors en match. Ça n'a pas été ça ces derniers temps. Mais on va essayer de fournir autre chose dimanche pour enflammer le stade.
Comment jugez-vous vos premières performances avec l'OM ?
S.W. : Ça faisait longtemps que je n'avais pas été titulaire. Je commençais à rouiller (rires). Mais le foot, ça ne se perd pas comme ça. Je manque de compétition, ça peut expliquer mes occasions ratées. Mais c'est aussi rassurant pour moi de m'être créé ces opportunités. Malgré tout, ça ne suffit pas. Il va falloir les mettre au fond.
Pourquoi ne pas ouvrir votre compteur dimanche soir face à votre ancienne équipe ?
S.W. : Pour mon premier match au Vélodrome, je crois que ça peut être bien. Bordeaux, ça fait un bout. J'ai eu une petite aventure là-bas (rires). Ça s'est bien passé. J'ai été champion de France en 1999 devant l'OM. Je me rappelle que contre les Marseillais il fallait imposer un rythme élevé d'entrée pour leur faire peur. Maintenant, les choses ont changé. Les générations aussi. Et ça serait bien que ça tourne en faveur de Marseille.
Que manque-il à l'OM actuellement pour rivaliser avec Bordeaux ?
S.W. : La rigueur du haut niveau impose de toujours être vigilant. Si on a quelques moments d'inattention dans un match, ça peut coûter cher. Et puis on manque peut être de hargne au milieu et devant. On a de bons joueurs de ballon mais on n'arrive pas à être "tueur" devant le but. La technique est là mais pas l'agressivité.
Pouvez-vous apporter ce surplus de combativité dans l'équipe ?
S.W. : Je ne suis pas spécialement méchant…
Physiquement, vous sentez-vous prêt à défier les Bordelais ?
S.W. : Pas de problème de ce côté-là. Je suis à 100%. Je m'entraîne bien. Les 70 minutes jouées à Sochaux m'ont fait du bien. J'aime le terrain, la compétition. Tout ça me manquait à Rennes. Je suis prêt et impatient car ça va être un gros match.
Revivre des matches à forte intensité, ça doit vous faire plaisir ?
S.W. : Bien sûr. J'adore avoir cette sensation de jouer un gros match. Je suis un compétiteur avant tout. J'ai envie de retrouver une grosse ambiance. On a besoin d'un stade plein et beaucoup d'encouragements pour l'emporter contre Bordeaux. J'ai trop peu goûté à ce genre de matches avec Rennes. Je pense que ça va me faire du bien.
Pensez-vous encore à l'équipe de France ?
S.W. : Oui, grave… Je vais d'ailleurs voir le match de mercredi face à l'Argentine au Vélodrome. Pour des gros matches comme ça, c'est bien de montrer que l'on est encore là. Je sais qu'il y a une nouvelle génération, mais on ne sait jamais…
Allez-vous discuter avec Raymond Domenech ?
S.W. : J'ai vu Bogho (Alain Boghossian, entraîneur adjoint de Domenech, ndlr) à Lyon la semaine dernière. Et je lui ai dit : "Dis à Raymond que je suis encore là ! Je peux reprendre du service." J'en ai envie. Le groupe France, ça fait longtemps que je n'y suis plus. Mais je regarde les Bleus et je les encourage devant ma télé. Et puis Raymond a appelé Savidan. Il a le même âge que moi (rires). Mais il est passé à autre chose. Il lance des jeunes pour 2010. Moi, j'aurai 35 ans l'an prochain. Il faut être réaliste.
Que pensez-vous des joueurs qui critiquent Domenech ?
S.W. : J'ai beaucoup de respect pour l'équipe de France. Et j'ai passé de belles années sous le maillot bleu. Je ne vais pas baver sur cette équipe !
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