Perrin n'est pas magicien

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Pour sa première sortie la tête de l'ASSE, Alain Perrin a passé une sale soirée. Lors de la 14e journée de Ligue 1, Saint-Etienne est reparti de Lille avec une valise bien pleine (3-0). Les Verts (18e) et leur nouvel entraîneur ne sont pas au bout de leur

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LILLE - SAINT ETIENNE : 3-0Buts : Hazard (25e), Obraniak (34e) et Vittek (70e)
Pour son grand retour sur les bancs de Ligue 1, Alain Perrin rêvait d'un coup d'état. D'une confirmation de son statut de "magicien", qui avait fait par le passé de l'Estac un vainqueur de l'Intertoto, de Sochaux un lauréat de la Coupe de France et de Lyon un auteur du doublé Coupe-championnat. Mais avec les Verts, l'enfant de Lure mettra sans doute un peu plus de temps à reprendre le chemin des trophées. Certes, la révolution ne se fait pas en trois jours. Surtout quand une formation nage en plein doutes et traverse une grave crise. Mais l'entraîneur ne s'attendait pas à vivre sa plus dure soirée en vingt-cinq ans d'exercice. En voyant ses Verts, domptés comme des bleus par des Lillois en état de grâce et revanchards après leur déception née de leur prestation au Parc (3-0), il a même, bien involontairement cette fois, rejoint une nouvelle fois l'histoire. Pour la première fois en Ligue 1, l'ASSE s'incline pour la sixième fois consécutive. Mais plus inquiétant peut-être, ses maux récurrents semblent autant de plaies ouvertes, bien longues à cicatriser.
Une défense toujours aux abonnés absentes, une cohésion qui laisse à désirer et une efficacité offensive qui fait toujours grincer les dents. Perrin voulait redonner de la discipline et de la confiance. Son discours a visiblement échoué. Pris à la gorge par le pressing haut des Dogues, les Verts n'ont pas tardé à chanceler. Une glissade de Varrault offre à Bastos sa première mèche (3e), une mésentente entre Monsoreau et Tavlaridis (12e) lui en donnera une seconde.
Janot, héros malheureux
Sans un Janot exceptionnel, les Verts auraient coulé plus vite encore et seraient repartis avec l'une des notes les plus salées de sa longue histoire. Impeccable sur des fusées de Bastos (12e, 52e, 80e), efficace sur un coup-franc de Cabaye (11e) et chanceux sur un face à face avec Vittek (17e), le portier stéphanois a été le seul rayon de soleil d'une formation atone. Mais il ne pourra rien sur un enroulé de Hazard, terme génial d'une série de passements de jambes spectaculaires (1-0, 25e). Sa colère montera d'un cran sur la tête d'Obraniak, surgi entre ses deux centraux passifs pour convertir un exploit individuel de Bastos (2-0, 34e). Et son dépit sera à son paroxysme sur la dernière flèche de Vittek (3-0, 70e).
Rapidement assommés, les Verts n'ont jamais su réagir. Au grand dam de Perrin. A l'exception du coup-franc de Machado (15e) et d'un tir croisé de Gomis (19e), la formation du Forez a été indigente offensivement. Elle a aussi montré sa fragilité mentale et sa malchance avec l'expulsion de Matuidi (49e) consécutive à la frappe sur le poteau d'Ilan (48e). Sorti de sa retraite, Alain Perrin entame donc son long chemin. Un nouveau défi. Sauver les Verts. Un trophée en soi.
LA DECLA : Alain Perrin (entraîneur de Saint-Etienne)
"Trois jours n'auront pas suffi à réinsuffler une confiance minimale pour pouvoir aborder un match face à une bonne équipe lilloise qui, elle, évolue en pleine confiance. Il y a eu des duels perdus, des problèmes de communication face aux bons déplacements des Lillois. C'est une équipe qui bouge bien offensivement, qui a ses automatismes, qui évolue en pleine confiance. C'est cette fébrilité, ce doute, qui fait qu'on est un peu en retrait, en recul et ce n'est pas propice à avoir une défense vraiment efficace. Il va falloir travailler, trouver des solutions concrètes pour aider les joueurs à retrouver la confiance. Ca passera par le travail".
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