Larrue pour la dissolution

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Jean-Pierre Larrue, directeur de la sécurité du PSG en 2004/2005, préconise la dissolution de tous les groupes de supporters, qui n'ont ni le courage ni la capacité de faire le ménage dans leurs propres rangs.

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Crédit: Eurosport

Que vous inspire la situation actuelle au PSG?
Jean-Pierre Larrue : On a toujours 250 voyous de chaque côté. A Boulogne, les éléments influents sont proches de l'extrême-droite. A Auteuil, ce sont des casseurs de banlieue, des "jeunes sans repère" à l'époque soutenus par la mairie de Paris. Mais aujourd'hui la frange d'extrême-gauche à Auteuil est plus importante et plus politisée alors que les durs de Boulogne sont peut-être au-delà du FN. Aucun rapprochement n'est possible.
Comment le club doit-il s'y prendre?
J-P. L. : Il doit dissoudre tous les groupes, qui n'ont ni le courage ni la capacité d'extraire eux-mêmes certains membres pour faire le ménage, en reformer deux de chaque côté et nommer des responsables sains. Il ne le fera que s'il est soutenu par le monde du foot. Alors on y arrivera peut-être... Mais les dissolutions imposées par les pouvoirs publics, je ne suis pas convaincu.
Pensez-vous avoir eu raison trop tôt?
J-P. L. : Peut-être que le fruit n'était pas assez mûr... Dans l'intimité, on me l'a dit. Maintenant, je suis retraité.
Qui vous a empêché d'aller au bout?
J-P. L. : Au début, Thiriez m'a dit : "je suis avec vous, faites votre expertise!" Puis ça a chauffé très dur. La Ligue a eu peur, elle a reculé, nous laissant au fond du trou. Thiriez n'a jamais répondu quand j'ai proposé de mettre un policier à côté du stadier pour contrôler les papiers d'identité. Alors que les autorités étaient d'accord! Il a deux visages. D'un côté c'est Monsieur qui claironne, de l'autre, c'est Monsieur reculade. Il devrait demander aux autres présidents de soutenir leur collègue. Car Triaud, que je connais, m'a dit qu'il ne voulait pas être solidaire de problèmes appartenant au PSG.
Et du côté du club?
J-P. L. : Ce n'était pas possible de protéger l'aspect commercial, même si j'ai tenté, et des salariés me faisaient la gueule, me répondant "pertes sèches". Les coups sont venus de Canal+. J'aurais bien aimé rencontrer leurs dirigeants mais leurs intérêts étaient ailleurs. Ils ont attendu de voir de quel côté le balancier allait tomber et nous ont lâché.
Certains ont parlé de relations troubles entre la police et Boulogne...
J-P. L. : J'ai osé dire que certains RG en étaient plus ou moins proches et cela m'a valu une remontrance. Même s'il y a une limite à ne pas franchir, il faut approcher pour avoir des contacts. Dans la police aussi, des gens ont leurs propres convictions politiques et votent FN. De là à dire que Boulogne est noyauté par la police, c'est beaucoup. N'oublions pas que ce corps vote à 60% à gauche.
D'autres parlent de collusions entre le club et Boulogne...
J-P. L. : Il y en a eu. Certains salariés sont pro-Boulogne. Le club a pactisé avec des supporters en pensant qu'ils allaient remettre de l'ordre. Avec moi, le club a tenté une expérience qui n'a pas marché. Ensuite, il a mis à la tête de la sécurité quelqu'un issu du club qui est maintenant entre le marteau et l'enclume. On a beau dire qu'il mange dans la main de Boulogne, qu'il ne traite plus avec Auteuil, cela fait cinq ans qu'il est là. Il a du talent mais pas les coudées franches. Il faudrait peut-être un tandem avec un méchant comme moi et un gentil comme lui.
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