Eurosport
Le temps des vendanges
Par
Publié 23/08/2010 à 03:34 GMT+2
Face à Bordeaux (1-2), dimanche, le PSG a payé cash son manque d'efficacité en attaque. Les Parisiens mettent cette défaite sur le compte d'un manque de réalisme, incarné par Mevlut Erding. Mais les automatismes ne semblent pas encore là. Convainquant, Giuly a-t-il une partie de la solution ?
Eurosport
Crédit: Eurosport
C'est sûr, ce PSG a plus belle allure. Depuis le début de saison, il a pris l'habitude de développer un beau jeu et a déjà commencé à reconquérir son public. Joueurs, les Parisiens l'ont peut-être trop été dimanche soir au Parc des Princes. Ils en ont peut-être oublié l'essentiel : le football, c'est d'abord marquer. Face à Bordeaux (1-2), ils en ont fait la cruelle expérience. Ce match, ils n'auraient sans doute pas mérité de le perdre. Un hold-up ? "Ca n'est pas loin", sourit Zoumana Camara. Pour Grégory Coupet, la pilule a plus de mal à passer : "C'est frustrant. Cette défaite fait mal mais il faut prendre du recul pour comprendre qu'il y a perdre et perdre. Ce n'est pas un match où on passe à travers, c'est un match qu'on n'arrive pas à tuer et qui se retourne contre nous. On a prouvé qu'on ne méritait pas de perdre. Il y a plus de points positifs que négatifs. Il ne manque que l'efficacité". Voilà qui est dit.
Trop naïf, Paris s'est fait piéger sur deux coups de pied arrêtés. "Quand on a la chance de revenir au score, il faut savoir tenir le résultat et se contenter d'un nul", peste Kombouaré. Mais il ne s'en mordrait peut-être pas les doigts aujourd'hui si son équipe avait su tuer le match. Car, face à Bordeaux, les vendanges ont surtout été parisiennes. "Si on avait mis toutes nos occasions au fond, même si Bordeaux inscrivait deux buts, on aurait gagné le match", résume parfaitement Christophe Jallet. Mais le carré magique Hoarau-Erding-Nenê-Sessègnon était dans un jour sans. Loin des promesses vues face à Saint-Etienne (3-1). "Ces dernières années, on a donné dans les cadeaux. Et ce soir (dimanche), on en fait plein que ce soit offensivement ou défensivement, s'en veut Hoarau. Il va falloir bosser. On se fait surprendre, on revient au score. On prend deux buts sur coups de pied arrêtés. C'est dans la tronche. A partir du moment où on se fait dominer, ça veut dire qu'on n'était pas prêt". Mais l'ancien Havrais, en forme, a au moins su concrétiser une de ses actions (76e). Son premier but de la saison.
Erding n'est pas un saint
Mevlut Erding, en revanche, avait la tête des mauvais soirs. Face à Bordeaux, le Turc a tout raté. Soit tout seul, en poussant trop son ballon alors qu'il avait effacé Carrasso (34e). Soit à cause du gardien girondin (45e, 55e). Une prestation sanctionnée par une sortie prématurée à la 64e minute qui n'a pas du tout été à son goût. L'ancien Sochalien a conclu sa soirée par un geste de colère en rejoignant le banc. "Personne n'aime être sorti. Ce sont les choix de l'entraîneur. Mais je pense que c'était surtout de la frustration", le défend Camara. Guillaume Hoarau, qui a voulu réconforter son compère de l'attaque d'une tape amicale, en a fait l'expérience, même si Antoine Kombouaré tente de minimiser l'incident. "Ce n'est pas grave, c'est un simple geste d'humeur, assure l'entraîneur parisien. C'est pas des saints les mecs ! Le principal, c'est qu'il soit prêt à repartir au combat demain".
Simple manque de réalisme ou manque d'automatismes ? Sans aucun doute, les Parisiens choisissent la première réponse. "C'est une leçon à retenir. Il faut avoir cette gnac devant pour mettre le ballon au fond", questionne de son côté Camara. Mais il est difficile de nier que les attaquants parisiens ont parfois eu du mal à se trouver. Le duo Erding-Hoarau, qui doit faire rêver de nombreux clubs, est perfectible. Sans doute faut-il aussi intégrer Nenê et Bodmer, trouver les bons réglages. Pour s'en convaincre, il suffit de remonter à la 53e minute lorsqu'Erding oublie Nenê à gauche et préfère aller buter seul sur Carrasso. "Parfois, il a été trop collectif. Ce qui est embêtant, c'est qu'il ait manqué d'efficacité", le défend pourtant une nouvelle fois Kombouaré. Curieux lapsus tant l'attaquant s'est parfois enfermé dans des numéros de solistes... Mais Erding n'est pas le seul fautif. Nenê (78e, 89e), par ailleurs auteur de plusieurs gestes de grande classe, et Sessegnon (24e) ont aussi croqué la feuille de match.
Giuly, la solution ?
Alors que faudrait-il changer ? Dimanche, le jeu parisien a souvent penché à gauche où l'entente de Nenê et Ceara a livré quelques bonnes promesses. A droite, Sessègnon a brillé par intermittence. Contre un bon chèque, qui pourrait venir de Manchester City, le PSG a laissé entendre qu'il pourrait le laisser partir. Dans ce cas, Kombouaré tient déjà une bonne solution de repli sur son banc. En vue jeudi en Ligue Europa face au Maccabi Tel-Aviv, Ludovic Giuly a fait une apparition remarquée contre Bordeaux. Entré à la place d'Erding, il a offert le seul but parisien à Hoarau quelques minutes plus tard. Sa rapidité, sa capacité à prendre la profondeur et sa polyvalence dans les postes offensifs pourraient donc amener l'entraîneur à revoir ses plans. Ce dernier s'est donné cinq matches pour juger son équipe. Mais n'avait-il pas dit cette semaine : "les réponses sont données par les joueurs. Tout est remis en question après chaque match" ?
Publicité
Publicité