Il est temps que ça cesse

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Sevré de victoire depuis onze matches, Marseille se rend à Bordeaux (21h00) pour mettre un terme à trente-cinq ans de disette en Gironde.

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Cesar Azpilicueta a tout d’un grand. A 22 ans, il excelle aussi bien sur le côté droit que sur l’autre flanc de la défense marseillaise. Et malgré son jeune âge, ses analyses démontrent une grande maturité. A l’issue du nul face à Caen (1-1), l’Espagnol a mis en garde l’OM. Il s’inquiète de la situation marseillaise. "Il faut vraiment prendre des points maintenant, prévient-il. Car j’ai vu en Espagne des équipes qui venaient de haut et qui finissaient par sombrer. Ces clubs n’avaient pas l’habitude de se battre pour le maintien. Comme l’OM. Il faut faire attention. Il y a plein d’équipes qui jouent pour ne pas descendre." Tel un Titanic, le club marseillais semble couler vers des eaux inconnues… Nul ne sait quand il arrivera à redresser la barre. Si Azpi s’alarme ouvertement de la mauvaise passe actuelle, son entraîneur se veut plus optimiste. "Il y a quand même dix équipes derrière nous, se rassure-t-il. Je ne veux pas croire que l’on joue le maintien. Je pars plutôt du principe qu’il faut regarder devant nous." En écho, son capitaine reprend le flambeau du positivisme. "On sait que les équipes derrière reviennent, analyse Steve Mandanda. Mais il ne faut pas chercher à mettre le feu. Je n’y pense même pas…"
Pourtant, l’OM n’a plus célébré une victoire en championnat depuis plus de trois mois. Depuis le 29 janvier, Marseille a joué onze matches de championnat. Et aucun succès… C’est historique pour ce club centenaire. Et ça commence à agacer les recordmen. "C’est une série incroyable que l’on est en train de faire, constate Benoit Cheyrou. Avec un tel parcours, il y a forcément un sentiment de honte." Dans ces circonstances, Didier Deschamps fait appel aux vertus les plus profondes de ses joueurs. "Il faut arriver à conserver le respect, souhaite DD. Et garder la fierté. Ce sont des valeurs importantes. C’est moins clinquant, mais c’est un objectif pour nous." A six journées de la fin, Marseille peut-il stopper l’hémorragie ? Physiquement affaibli, privé de Loïc Rémy (touché à la cheville) et Morgan Amalfitano (suspendu), l’OM s’apprête à disputer son 52e match de la saison. "Ce sera notre cinquième rencontre en quatorze jours, fait remarquer Deschamps. Ce n’est pas évident d’enchaîner aussi vite…" D’autant que la prochaine sortie promet d’être compliquée. Les Marseillais se rendent ainsi en terre girondine. Un voyage qui ne leur réussit pas du tout…
Deschamps : "Je suis calme…"
Bordeaux a pris une bonne habitude. Depuis 1977, les Girondins n’ont jamais perdu à domicile contre l’OM. "Ça fait trente-cinq ans que l’on ne s’est pas imposé là-bas, peste Deschamps. On ne parle pas de trois, quatre, cinq ou dix ans mais bien de trente-cinq ans !" Une éternité. "J’espère que cette année sera l’exception, souffle Alou Diarra. Mais je connais bien les supporters bordelais. Et s’il y a bien un match qu’ils attendent, c’est Bordeaux-Marseille. Leur objectif, c’est de ne pas perdre cette rencontre. Ils mettent beaucoup de pression à leur équipe sur ce rendez-vous." L’entraîneur marseillais s’attend aussi à une chaude réception. "On va jouer dans un contexte difficile voire hostile, prévient-il. Il y a toujours eu de la rivalité. Je l’ai déjà ressentie l’an dernier. Dès l’arrivée au stade…" Dans ce contexte, l’OM peut-il se transcender et mettre fin à près de quatre décennies d’insuccès ? "Ça peut aussi être une source de motivation pour mes joueurs, espère DD. Il y a des séries comme ça. Bordeaux, c’est notre bête noire. Mais les statistiques sont faites pour être démenties."
Pour la première fois depuis longtemps, ce Bordeaux-Marseille ne revêt aucun enjeu pour les premières places. "Au cours de mes quatre premières saisons à Marseille, il y avait toujours quelque chose au bout d’une rencontre contre Bordeaux, se remémore Benoit Cheyrou. Cette fois, on sait que l’on est passé à côté de notre saison." Sans l’attrait d’une place en haut du tableau, ce classique de la Ligue 1 ne fera pas vibrer les foules. Et Deschamps a du mal à cacher son manque d’enthousiasme. "Il reste un mois avant la fin du championnat, dit-il en regardant sa montre. J’ai encore de l’énergie. Je ne suis ni abattu ni résigné. Juste calme." Après le nul face à Caen, le coach avait vite expédié la conférence de presse d’après-match. Cette impatience d’en terminer trahit un mal-être chez DD. "Je ne suis pas entraîneur pour entraîner, mais pour gagner", clame-t-il. Sevré de succès, Deschamps n’apprécierait pas du tout une nouvelle bouillie bordelaise.
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