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La griffe d'un vrai fiasco
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Publié 08/03/2012 à 22:23 GMT+1
Propulsé sur le banc sochalien pour sauver le club doubiste de la relégation, Eric Hély étrennera ses galons d'entraîneur samedi, face à Evian-TG. Il hérite d'une équipe dernière de Ligue 1, qui a connu une chute vertigineuse. Décryptage d'une descente aux enfers.
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Eric Hély n'a pas signé les yeux fermés. Il "a longuement réfléchi". Pour finalement "accepter" de succéder à Mehmet Bazdarevic sur le banc sochalien, parce qu'il "se sent capable de relever le challenge". Le nouvel entraîneur des Lionceaux connaît parfaitement la maison. Et il le sait : il a hérité d'une équipe totalement désuvrée, enfouie dans les profondeurs de la Ligue 1 au gré d'une chute vertigineuse, rythmée par quatre mois sans le moindre succès. Samedi, sur la pelouse d'Evian-TG, Sochaux tentera de l'enrayer. De se refaire une santé. De se retrouver. Car cette équipe est devenue l'ombre de celle qui ravissait les chantres du beau jeu la saison passée et qui s'était incrustée dans le Top 5. Comment a-t-elle pu tomber si bas en à peine quelques mois ? De quoi souffrent précisément ces Lionceaux ? Explications.
UN ÉTÉ TROP AGITÉ. Les maux sochaliens puisent leurs racines dans une intersaison particulièrement mouvementée. Dès qu'il a posé ses valises dans le Doubs, Mehmet Bazdarevic s'est heurté à des urgences internes. Le coach bosnien a d'abord déploré les départs de Nicolas Maurice-Belay, Jacques Faty, Boukary Dramé et Brown Ideye. Il a ensuite assisté, impuissant, à la gestion bancale des cas - épineux - de Kevin Anin et Modibo Maïga. Deux bras de fer, pour deux dénouements. Le premier a fini par rejoindre Nice cet hiver. Le second est resté, contre son gré, alors qu'il se voyait déjà à Newcastle. Mais ces rebellions ont laissé des traces dans un groupe dépourvu de vrais leaders.
L'EXPÉRIENCE A UN PRIX. "Il y a beaucoup moins d'expérience dans l'effectif, convient Damiens Perquis, le capitaine. Avant, il y avait beaucoup plus de joueurs capables de fédérer un groupe, d'apporter plus de calme et de sagesse." Bazdarevic a vite identifié ces manques. Pour les combler, pour encadrer la jeunesse sochalienne, il attendait des joueurs chevronnés, habitués aux exigences de la L1. A maintes reprises, il a "tiré la sonnette d'alarme". Mais les renforts tant espérés (Montano, Ibisevic, Modeste et Ben Khalfallah) ne sont jamais venus. Trop chers pour les finances d'un club franc-comtois chapeauté par un actionnaire historique (Peugeot) qui resserre tous les cordons. Après le nul face à Auxerre (0-0), Bazdarevic avait eu ses mots, empreints de fatalisme : "On va se battre avec nos moyens." Trois semaines plus tard, ces propos sonnent comme un aveu de faiblesse.
DES PÉPINS ET DES MÉFORMES. A la décharge des Sochaliens, ils n'ont pas été épargnés par les blessures. Jérémy Bréchet (tendon d’Achille), Carlao (genou) et Yassine Mikari (ischio-jambiers) sont toujours sur le flanc. Steven Mouyokolo (genou) et Damien Perquis (humérus) ont quant à eux déjà mis un terme à leur saison. Leurs absences laissent un vide immense au sein d'une défense ultra-perméable (38 buts encaissés en 23 matches). Pour couronner le tout, Marvin Martin traverse le milieu de terrain comme un fantôme. Le stratège international n'est plus le passeur hors pair qui régalait ses attaquants. Son rendement s'en ressent : seulement quatre offrandes, contre onze l'an passé à la même époque.
LA PANNE SÈCHE. Si la défense sochalienne traîne la patte, son attaque boîte bas depuis des mois. Depuis cet automne en fait. Le FCSM a marqué 16 de ses 22 buts lors des neuf premières journées. La promenade face à Toulouse (3-0), le 1er octobre, fut un feu d'artifice sans lendemain. Les Lionceaux ont ensuite tourné à la moyenne, désolante, de 0,5 but par rencontre. Aligné le week-end dernier, face à Valenciennes (1-1), le trio Bakambu-Privat-Butin est trop inoffensif - et, accessoirement, trop jeune - pour corriger le tir. Il ne pèse que 17 buts en L1 depuis ses débuts parmi l'élite. A peine plus que le total atteint par Maïga la saison passée. L'international nigérian, 15 réalisations en 2010-2011, n'en a inscrit que 4 depuis le mois d'août. Ses deux derniers remontent au 1er octobre, à cette fameuse victoire contre Toulouse. Une époque où les Sochaliens naviguaient en eaux calmes, bien calés dans le ventre mou du Championnat. Loin des tumultes de la zone rouge.
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