Eurosport
Lille, pied au plancher
Par
Publié 08/05/2012 à 01:10 GMT+2
La victoire acquise lundi, face à Caen (3-0), était la cinquième consécutive pour le LOSC. Elle confirme que le champion de France a clairement appuyé sur l'accélérateur à l'heure du sprint final, au point d'être redevenu une séduisante machine à jouer. Mais n'est-ce pas trop tard pour le titre?
Eurosport
Crédit: Eurosport
Cette série arrive au meilleur moment. A l'heure du sprint final, Lille vient d'accomplir ce qu'il n'avait jamais réussi cette saison : enchaîner cinq victoires de rang en Ligue 1. C'est à peine moins bien que le PSG, irrésistible six matches durant entre septembre et novembre. Mais c'est surtout mieux que l'an passé, à pareille époque. Le LOSC avait su gagner quatre rencontres, de la 33e à la 36e journée, pour finir en trombe et filer vers son troisième titre de champion. Le net succès acquis face à Caen (3-0), lundi, ne suffira probablement pas à sacrer les Dogues : à deux journées du dénouement, le leader montpelliérain a toujours cinq points d'avance. Depuis le 18 mars, les Lillois n'ont pourtant pas ménagé leurs efforts. En gagnant huit de leurs neuf derniers matches, ils sont même revenus au grand galop dans la course au titre. Trop tard ? Sans doute, oui.
Les trois points décrochés face à Malherbe ont pourtant des vertus enthousiasmantes. D'abord parce qu'ils assurent au LOSC une place sur le podium, et le ticket pour le tour préliminaire de la Ligue des champions qui va avec. Mais surtout parce que les hommes de Rudi Garcia, l'entraîneur qui a gagné le plus de rencontres en Ligue 1 depuis l'été 2008, avec 78 victoires au compteur, ont soigné une différence de buts qui pourrait peser quand il faudra boucler les comptes : +32 pour Montpellier, +30 pour Paris, +31 pour Lille. "La différence de buts peut être importante, insiste le coach nordiste. Au soir de la 38e journée, c'est quelque chose qui peut compter. C'est important d'avoir marqué des buts et de ne pas en avoir encaissés. C'est une bonne chose. Chaque détail compte et cela peut être un détail important." Si, et seulement si, Montpellier, Paris et Lille terminent la saison avec 77 points.
L'absence de Basa a pesé
En attendant cet hypothétique dénouement, les Lillois confirment qu'ils sont bien les plus prolifiques depuis quatre ans (256 buts marqués). Cette saison, l'attaque nordiste (68 buts en 36 matches) est moins performante que celle du PSG (70 buts). Mais, preuve qu'elle sait passer la vitesse supérieure dans la dernière ligne droite, elle vient de marquer 22 fois sur les 9 derniers matches. Face à Caen, les Dogues ont "su être réalistes", pour reprendre les mots de Tulio de Melo, auteur d'un doublé qui a tué le suspense. "C'était un début de match un peu bizarre, il y avait un faux rythme, retient l'attaquant brésilien. Il fallait se mettre à l'abri le plus vite possible." Derrière cette froide analyse se cache surtout l'impression que Lille redevient peu à peu le rouleau-compresseur qu'il était en fin de saison dernière. Contre Caen, Garcia estime que son équipe a "très bien joué", qu'elle "a fait une très bonne première période". Eden Hazard n'y est, évidemment, pas étranger. Le Belge a offert un nouveau but, à Payet. Du haut de ses 15 offrandes, il a conforté son statut de troisième meilleur passeur en Europe, derrière le Madrilène Mesut Özil (17) et le Barcelonais Lionel Messi (16).
Autre signe du regain de forme nordiste, la défense n'a encaissé que deux buts lors de ses cinq dernières sorties. Face aux hommes de Franck Dumas, la paire Basa-Chedjou, de retour aux affaires depuis le 15 avril, s'est révélée intraitable. A tel point que Caen a attendu l'heure de jeu pour tenter sa chance. L'absence du Monténégrin, stoppé trois mois en raison d'une blessure à l'épaule, a certainement coûté quelques points aux Lillois. Ceux qui leur manquent aujourd'hui pour se mêler réellement à la course au titre. Dimanche prochain, le LOSC se rendra donc à Montpellier pour entretenir le mince espoir de conserver sa couronne. "Mathématiquement, le titre est faisable mais on sait que le favori c'est Montpellier et juste après, Paris. S'il y a un faux pas de leur part, il faut qu'on soit là. On essaye de se concentrer sur nous, cela se passe bien comme ça. On va aller à Montpellier pour jouer notre jeu et donner le maximum", annonce Tulio de Melo. Autrement dit, sous l'impulsion de son trio Balmont-Mavuba-Pedretti, Lille devra aimanter le ballon autant que face à Caen, où sa possession a atteint un pic à 74%, pour se hisser à la moyenne de 64%. Après une "soirée tout bénéfice", Garcia se projette déjà vers un choc qui "va peut-être ressembler à une finale du Championnat de France". Et qui pourrait ramener son équipe à deux petits points du leader.
Publicité
Publicité