L'OM a de la réserve

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L'analyse individuelle des prestations des joueurs de l'OM depuis le début de la saison confirme que l'équipe d'Elie Baup est compacte, mais qu'il lui reste de la marge.

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Depuis le début de la saison, Marseille a remporté 78% de ses matches et n’a encore jamais connu la défaite. Elie Baup a mis en place une équipe efficace où la solidarité est le maître mot (1,56 buts marqués par match en moyenne, seulement 0,33 buts encaissés). L’équipe est-elle en surrégime ou a-t-elle encore une marge de manœuvre ? Au regard des performances individuelles, on remarque que l’OM forme avant tout un collectif capable de pallier un éventuel passage à vide d’un de ses membres. La mécanique ne semble pas avoir de trou pouvant l’enrailler, certains rouages peuvent même être améliorés…
LES BONNES SURPRISES
André-Pierre Gignac : Avec une préparation enfin complète, la saison 2012/2013 s’annonce comme celle du renouveau pour André-Pierre Gignac. On a d’abord pensé à un retour convaincant après un premier but inscrit en Turquie, face à Eskisehirspor, puis un deuxième au match retour. De match en match, Gignac s’est montré sous son meilleur jour. Bien sûr, le natif de Martigues marque et parvient à être décisif (3 buts en championnat, 2 en Europa League), notamment face à Montpellier et le Stade Rennais. Dans le contenu, APG rentre parfaitement dans le collectif et l’animation offensive marseillaise. Il se crée des occasions, parfois seul (33 tirs, dont 16 cadrés, en Ligue 1, un record), mais parvient également à trouver ses coéquipiers en bonne position. Très mobile sur le front de l’attaque, aucun défenseur ne peut, pour le moment, se féliciter d’avoir réussi à le canaliser durant tout un match. Le retour de Rémy va amener Baup à modifier son animation avec Gignac.
Rafidine Abdullah : A seulement 18 ans, le jeune milieu de terrain marseillais s’est démarqué durant le premier stage à Crans-Montana, jusqu’à être retenu pour le deuxième stage à Divonne-les-Bains. La nouvelle politique du club favorise l’intégration des jeunes, mais ce n’était pas forcément Rafidine Abdullah qu’on attendait dans le groupe. Après une première rentrée en toute fin de match à Reims, il a joué avec brio deux matches entiers face au Sheriff, sans complexe. Devant tant d’assurance et de maturité, Baup lui a fait confiance dans la dernière demi-heure contre Rennes et l’a titularisé face à Nancy. Résultat, Abdullah n’a jamais déçu et impressionne. Récupération, pressing, première relance, disponibilité, il semble avoir déjà tout compris de ce qu’on demande à un milieu de terrain moderne. En progression, il a la tête sur les épaules et grille les étapes avec une expérience de vieux briscard. Comme le dit son aîné et tuteur, Benoît Cheyrou, "il voit avant les autres".
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ILS SONT EN PROGRES
Charles Kaboré : Joueur cadre sur la dernière ligne droite amenant au titre de champion de France en 2010, Charles Kaboré n’avait, jusqu’ici, jamais réussi à véritablement s’imposer dans le onze de départ titulaire. Avec le départ d’Alou Diarra, le milieu de terrain burkinabé est devenu indiscutable et forme un duo en progrès avec Cheyrou. Après plusieurs matches où les deux joueurs ont mis un peu de temps à trouver leur rythme de croisière et des automatismes solides, Kaboré prend confiance et réalise un travail très important à la récupération. N’hésitant pas à presser haut, il a parfaitement compris ce que souhaitait son entraîneur. Dans les transmissions, il s’applique et sert de relais, bien qu’il tente de plus en plus des ouvertures plus dangereuses, ce qui entraîne du déchet. Seul bémol, Kaboré a encore tendance à avoir un trou d’air d’une bonne dizaine de minutes dans un match, mettant en danger son équipe sur une passe manquée ou un placement hasardeux.
Rod Fanni : Sa première mi-temps face à Eskisehirspor, sur le côté droit de la défense, n’était pas des plus rassurantes. Pas de quoi s’inquiéter pour Rod Fanni, qui était en attente du départ de César Azpilicueta pour prendre définitivement le poste de latéral droit. Mais c’est bien en défense centrale que Fanni réaliste d’excellentes performances depuis le début de saison. A ce poste, il semble plus concentré et épure son jeu pour ne laisser que peu de place à l’incertitude. Physique et rapide, il forme une charnière complémentaire avec Nicolas Nkoulou. En fonction du retour de Souleymane Diawara et de l’affirmation, ou non, de Kassim Abdallah, l’intérim de Rod Fanni dans l’axe de la défense pourrait bien devenir une vieille habitude. Tant qu’il est aussi irréprochable…
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ILS SONT A LEUR NIVEAU
Nicolas Nkoulou : l’intersaison n’a pas eu d’impact sur le défenseur camerounais, le départ de son ami Stéphane Mbia non plus. Nicolas Nkoulou est au même niveau que la saison dernière, c’est-à-dire proche de la perfection. On peut se demander ce qui lui manque actuellement. Dans les duels, les attaquants se cassent les dents face à sa solidité et sa science tactique. Nkoulou défend bien, mais il défend surtout avec intelligence et réflexion. Chaque déplacement n’est jamais fait au hasard, il pense toujours à ce que l’attaquant va faire et ce que le passeur peut tenter de son côté. Du coup, l’ancien défenseur de Monaco voit tout avant tout le monde, rassure quand l’équipe est en danger et relance comme un meneur de jeu en approchant en permanence les 100% de passes réussies. Depuis le début de saison, il a même oublié de faire sa boulette habituelle dans un match. On cherche encore le moindre défaut…
Steve Mandanda : Malgré le départ de son mentor, Nicolas Dehon, l’entraîneur avec qui Mandanda était très proche, Didier Deschamps, on ne peut pas dire que son niveau en ait souffert. L’entente cordiale avec Laurent Spinosi a été trouvée, pour le bien de tous. Sur le terrain, Mandanda n’a jamais été véritablement mis à contribution (7 tirs cadrés en Ligue 1). Le bloc-équipe mis en place par Elie Baup ne favorise pas les tirs adverses. Lorsqu’il le faut, le gardien remplaçant en équipe de France sort la parade décisive, comme face à Bakambu contre FC Sochaux ou Ghilas contre le Stade de Reims (la tête de Puygrenier également, mais il était hors-jeu). En bon capitaine, il remonte ses troupes dans les temps faibles et relance avec application. Il suit avec attention les péripéties de son collègue Hugo Lloris à Tottenham…
Mathieu Valbuena : Indispensable. Marseille ne peut plus se passer de son milieu de terrain de poche qui est épanoui dans une position qu’il affectionne. Très libre dans le 4-2-3-1 utilisé par Elie Baup, il a une grande influence sur l’animation de son équipe. N’hésitant pas à redescendre bas pour organiser le jeu, sa mobilité fluidifie la construction et permet à ses coéquipiers d’avoir en permanence une solution. Il lui manque encore un peu d’efficacité, notamment sur les coups de pied arrêtés. Sur le plan défensif, il enchaîne les efforts jusqu’à avoir un coup de fatigue régulier après l’heure de jeu. Dans la conservation du ballon et l’orientation du jeu, Mathieu Valbuena régale. Ce n’est pas un hasard si les périodes difficiles olympiennes dans un match interviennent quand Petit Vélo a un coup de moins bien.
Benoît Cheyrou : En bon diesel, Benoît Cheyrou a mis du temps avant de trouver la bonne carburation. Il faut dire qu’il a retrouvé un statut de cadre indiscutable dans l’effectif olympien et qu’il a participé à tous les matches de préparation sans jamais sortir de l’équipe. En peaufinant son duo avec Kaboré, Cheyrou a pris la mesure d’un rôle différent, Baup lui demande en effet d’organiser le jeu à partir d’une position basse. Il a parfois payé une certaine lenteur à l’exécution, perdant trop de ballons dans les transmissions. Dans les temps faibles, il avait également du mal à s’imposer en patron, à récupérer et à ressortir les ballons pour amener de la sérénité à l’équipe. Depuis quelques matches, il parvient enfin à le faire, en témoigne son excellente deuxième mi-temps contre Nancy. Comme à son habitude, Cheyrou met les gaz après une bonne centaine de kilomètres parcourus sur le terrain. La catégorie inférieure n’était pas loin.
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ILS PEUVENT MIEUX FAIRE
André Ayew : De retour après une opération à l’épaule qui le handicapait depuis des mois, André Ayew n’a vu aucune offre arriver sur la table de Vincent Labrune. Avec pour objectif de revenir au niveau qui a fait de lui une véritable révélation en Ligue 1, l’aîné des frères Ayew a pris le numéro 10 et veut prendre ses responsabilités. Ses performances restent en-deça de ce qu’on peut attendre d’André. S’il reste positionné sur le côté gauche, il est bien plus libre et laisse le couloir à Morel pour venir au milieu et dans la surface adverse. Ses derniers matches sont un peu plus rassurants, il gagne enfin ses duels et retrouve sa combativité dès la perte du ballon. A lui de confirmer, d’être plus décisif et de participer avec plus de d’allant et de tranchant aux offensives phocéennes.
Jérémy Morel : Il va mieux. Son année 2012 était un cauchemar, le début de saison n’a pas été très prometteur. Il garde encore des séquelles de ses difficultés de la saison dernière, notamment sur le plan défensif. Morel se laisse encore trop souvent déborder. Les matches de Morel sont contrastés, il est capable de réaliser un retour remarquable pour sauver son équipe puis d’oublier totalement un joueur dans son dos, à l’image de son match contre Rennes (buteur, il oublie ensuite Féret dans son dos). Face à Montpellier et Nancy, il a réussi deux matches pleins. Le reste du temps, il a alterné le médiocre et le moyen. Ses passes restent trop imprécises, à l’image de ses centres régulièrement contrés. Morel est mieux dans sa tête et retrouve de la confiance, il doit maintenant être régulier pour confirmer.
Morgan Amalfitano : Difficile de cerner le début de saison de Morgan Amalfitano. Régulièrement passeur décisif en Europa League, il fait preuve d’une incroyable inconstance dans un même match. Son aisance technique n’est plus à démontrer, Amalfitano a une vision du jeu au-dessus de la moyenne et les qualités techniques pour réaliser la passe. Sur une courte période, il le démontre en prenant en main la construction du jeu. Plus dommageable, il va ensuite totalement disparaître pendant un espace-temps bien plus long. Il s’est toutefois bien calmé et montre moins son agacement, sans que son activité défensive soit affectée, un point positif. Avec le retour de Rémy, l’ancien milieu de terrain lorientais va devoir s’affirmer et être enfin régulier pour assurer sa place dans l’équipe.
Jordan Ayew : Il a affiché rapidement ses prétentions en terme de temps de jeu. Après une prestation totalement loupée contre le Stade de Reims et un transfert qui ne s’est pas fait à Nice, Jordan a pris ses responsabilités en signant un doublé contre le Sheriff. Indéniablement, Jordan Ayew a du potentiel et une marge de progression importante. Si son efficacité et le contenu de ses matches ont été pointés du doigt, c’est avant tout son comportement et son attitude qui ont favorisé les critiques. Remis en place par José Anigo, le match de Jordan contre Nancy donne des signes très encourageants. Dangereux à plusieurs reprises, il s’est démené sur le plan défensif et a aidé ses coéquipiers. Le mot solidarité, prôné par son entraîneur, résume parfaitement son match. Il doit à présent confirmer et rester dans cet état d’esprit pour devenir une bonne surprise.
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ILS ATTENDENT LEUR TOUR
Loïc Remy : Gêné par une blessure à la cuisse, une entorse à la cheville a une nouvelle fois retardé son véritable retour. S’il a débuté le match retour face au Sheriff et a joué une vingtaine de minutes face au Stade Rennais, Loïc Remy est encore loin d’être prêt physiquement. Face à Rennes, il s’est procuré deux grosses occasions, mais a manqué d’efficacité notamment sur sa tête. Marseille réalise un début de saison remarquable, mais son meilleur atout offensif n’est pourtant pas présent ! Avec Remy, l’OM a une autre dimension et peut plus facilement profiter de la profondeur. Devant l’efficacité, une association entre les deux joueurs doit être envisagée par Elie Baup.
Joey Barton : Après avoir été la véritable attraction médiatique du recrutement marseillais, Joey Barton espère maintenant retrouver les terrains. Il travaille dur à l’entraînement, avec le préparateur physique, Christophe Manouvrier, pour être prêt physiquement pour l’Europa League. Dès jeudi, Barton devrait figurer dans le groupe et pourquoi pas débuter le match en Turquie. Son activité, sa combativité et ses passes précises devraient faire du bien à l’OM lorsqu’il faudra tenir contre des équipes plus fortes en terme de possession du ballon et quand l’OM cherchera un second souffle, comme face à Nancy en seconde période.
Kassim Abdallah : Arrivé sur le tard, il a parfaitement réussi sa première au stade Vélodrome contre le Stade Rennais. Concentré, sobre et efficace, son imposant physique a marqué les esprits face à Romain Alessandrini. Sorti en souffrant de crampes, une lésion aux ischio-jambiers l’a empêché de participer au match contre Nancy. La blessure n’étant visiblement pas très sérieuse, Kassim Abdallah devrait rapidement retrouver les terrains. Au regard des performances de Fanni dans l’axe de la défense, Abdallah a une belle carte à jouer s’il veut s’affirmer comme un titulaire en puissance au poste d’arrière-droit. Après tout, comme il l’a déclaré en arrivant à Sedan : "J’ai tout à prouver, mais rien à perdre."
Florian Raspentino : Première recrue du mercato marseillais, il a réalisé une bonne préparation et a montré des choses intéressantes durant les matches amicaux. Toutefois, Baup ne lui a toujours pas fait confiance. Florian Raspentino doit se contenter de bout de matches : une petite minute contre Sochaux, 7 contre Nancy. En Europa League, son temps de jeu est tout aussi famélique. La demi-heure en Moldavie reste le seul match où il a eu un peu sa chance. Avec l’enchaînement des matches, on devrait le voir plus régulièrement dans l’équipe, notamment en Europa League. Pour le moment, ce serait bien incongru de le juger.
Lucas Mendes : L’arrière gauche brésilien, arrivé de Coritiba, a atterri sur la cité phocéenne avec une lésion aux quadriceps qui l’oblige à se soigner pour le moment. Son retour permettra à Jérémy Morel de souffler et d’avoir une véritable concurrence, il pourra également dépanner dans l’axe de la défense en attendant le retour de Diawara. Une blessure qui est bien gênante pour son adaptation, même si le jeune défenseur fait en général preuve de professionnalisme et de maturité déjà.
Souleymane Diawara : Le défenseur sénégalais a retrouvé l’entraînement collectif, mais ne participe pas encore aux oppositions. Il doit encore travailler durant un bon mois avant d’être disponible pour Elie Baup. Son retour devrait bousculer la hiérarchie. S’il revient à son niveau, Fanni devrait retrouver son couloir droit. Diawara est un cadre de l’équipe, il espère bien le rester quand sa blessure ne sera plus qu’un mauvais souvenir.
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