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Coaching, communication, résultats : comment Garcia a mis les Verts dans le rouge

Coaching, communication, résultats : comment Garcia a mis les Verts dans le rouge

Le 07/11/2017 à 15:47Mis à jour Le 07/11/2017 à 15:48

LIGUE 1- Après un derby humiliant (0-5), l'ASSE ne doit pas se réfugier derrière la célébration de Nabil Fekir mais s'attaquer au fond du problème : Oscar Garcia n'arrive pas à fédérer son groupe autour d'un projet de jeu. Les Verts manquent de talent, c'est entendu, mais les tâtonnements de leur coach ne les aident pas vraiment.

Quatre-vingt-dix minutes emballantes, une victoire face à un candidat au podium, un embryon d'identité de jeu : la victoire initiale face à Nice (1-0) a lancé l'aventure d'Oscar Garcia à Saint-Etienne sur des promesses qu'il n'a pas su tenir. Depuis cet acte qui n'avait rien de fondateur, les Verts ont soit vaincu sans convaincre, soit perdu dans les grandes largeurs. Le classement n'est pas infâmant puisque les Verts sont sixièmes du championnat. Mais le jeu proposé, la dynamique, les choix du coach et la rouste mémorable infligée par l'OL à Geoffroy-Guichard dimanche soir (0-5) fragilisent le nouveau projet mise en place cet été.

Un coaching déconcertant

Pierre-Gabriel latéral gauche pour faire de la place à Janko à droite ? Une défense à trois face à Rennes et Montpellier ? Bamba en pointe à Troyes alors que Diony, Soderlund et Hamouma sont disponibles ? Laisser Dabo et Hernani, les deux milieux les plus en forme, sur le banc pour le derby ? Continuer à faire confiance à Pajot ? Depuis le début de saison, Oscar Garcia enchaîne les compositions d'équipe baroques et les choix surprenants. Aucune équipe-type ne se détache. Les systèmes varient chaque semaine et entretiennent le flou le plus total autour du projet de jeu.

Face à Rennes (2-2) et Montpellier (0-1), sa défense à cinq a complètement perdu ses joueurs. "On a commencé dans une tactique puis on a changé, mais je crois qu'on n'a pas compris exactement où il fallait se positionner", constatait Hamouma à la pause face au MHSC. "Ça a mis énormément de temps à se mettre en place." Après douze journées, Garcia continue d'expérimenter. Ce qui n'est jamais bon signe.

Oscar Garcia, entraîneur de l'ASSE

Oscar Garcia, entraîneur de l'ASSEGetty Images

Un niveau de jeu très faible

Le début de saison a masqué une vérité bien plus dérangeante. Malgré ses quatre victoires lors des six premières journées, l'ASSE n'avait pas convaincu et se contentait de victoires très heureuses à Caen (0-1), Dijon (0-1) ou face à Amiens (3-0). Depuis le début de saison, l'animation des Verts repose sur les inspirations d'un Rémy Cabella inspiré et audacieux. En défense, Loïc Perrin et Stéphane Ruffier tentent de cacher la misère. Les Verts manquent de talents individuels, c'est certain. Mais les options tactiques fluctuantes de leur coach ne les aident pas à avancer. Garcia est le premier responsable parce que non seulement ses joueurs ne progressent pas mais, depuis un mois désormais, ils régressent.

Une communication qui enfonce ses joueurs

"Je ne peux pas leur demander des choses qu'ils ne peuvent pas faire." Oscar Garcia n'est pas du genre à ménager ses joueurs. Après le nul à Toulouse (0-0) et 90 minutes d'une rare pauvreté, il dresse un constat cruel. Une semaine plus tôt, après une défaite face à Montpellier, il s'était déjà montré très sévère avec ses attaquants : "Devant le but, ça ne s'arrange pas mais il y a aussi la qualité de nos joueurs. Nous n'avons pas de réel buteur."

Une façon de les piquer au vif ? Ou de fuir ses responsabilités ? Ses déclarations lui font courir un risque majeur : se couper de son groupe. Quand ce n'est pas Romain Hamouma qui met à jour les interrogations du collectif sur le système de jeu du coach, c'est Florentin Pogba qui s'interroge sur les choix de Garcia :

Le derby, symbole de la déliquescence

Ce qui couvait depuis plusieurs semaines a explosé aux yeux de tous et au pire moment. En prime-time, un dimanche soir lors du derby dans le Chaudron. Les débordements en fin de rencontre et la célébration de Nabil Fekir ne doivent pas masquer l'essentiel chez les Verts : la prestation indigne d'un tel rendez-vous. Une occasion nette en 90 minutes, une défense dépassée sur chaque accélération lyonnaise et des individualités (Soderlund, Lacroix…) à la dérive : Saint-Etienne est au bord de l'implosion. Les retours de Perrin et Cabella soulageront le collectif en fin de trêve internationale. Mais le mal est bien plus profond.

Le premier but de Fekir face à Saint-Etienne

Le premier but de Fekir face à Saint-EtienneGetty Images

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