Le "Blues" du Bayern

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Passé près dans chaque compétition mais finalement bredouille, le Bayern Munich rumine sa deuxième saison blanche d'affilée.

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Crédit: Eurosport

Le Bayern a le blues. L'exercice 2011-12 n'a pas été à la hauteur des ambitions affichées en août dernier, avec l'arrivée de Jupp Heynckes aux commandes et plus de 40 millions investis dans la défense (Neuer, Boateng, Rafinha). Heynckes a failli à sa mission. Le vieux renard (67 ans), l'homme qui a déjà brandi la Coupe aux grandes oreilles en 1998 avec le Real Madrid, a fait moins bien que son prédecesseur Louis van Gaal en 2010 privé de sacre européen par l'Inter Milan, mais auteur d'un doublé national. "Quand on ne remporte aucun titre pour la deuxième saison de suite, c'est sûr que c'est une mauvaise saison, concédait le coach, lucide, conscient qu'il lui "faudra subir les critiques" durant la deuxième année de son contrat qui pourrait être la dernière.
Devancé en Bundesliga par Dortmund, qui l'a ridiculisé ensuite en Coupe (5-2!), le Bayern de "Don Jupp" peut hériter du surnom de "vize-deppen" (vice-stupide), en référence au Bayer Leverkusen qui avait accumulé trois places de dauphin en 2002. D'autres clubs pourraient se satisfaire d'un tel bilan, assurant un billet en Ligue des champions. Pas le Bayern! Lui est habitué à collecter les récompenses nationales (22 titres et 15 Coupes nationales), pas à subir deux années de rang la domination d'un autre club. Il est la référence du football allemand que même les plus grands d'Europe craignent et respectent.
Redevenir numéro 1 en Allemagne
L'avenir ? Les cadres comme Ribéry, Schweinsteiger, Lahm, Gomez... sont encore liés pour au moins trois ans, rejoints par Robben qui a prolongé jusqu'en 2015 avant son penalty manqué en prolongation contre les "Blues". Sous le choc après le tir au but assassin de Drogba, le président Uli Hoeness devrait repartir à l'offensive, comme il le promettait la semaine dernière: "On renforcera l'équipe jusqu'à ce que nous soyons de nouveau seuls (au sommet). Et nous avons l'argent". Un message destiné à Dortmund, présenté comme nouveau leader du football outre-Rhin.
Le rang de N.1 national vaut bien quelques dépenses, même pour un club réputé pour sa gestion rigoureuse. D'autant qu'avant même les deux derniers échecs, Hoeness avait annoncé que la Maison de Bavière devrait franchir la barre des 350 millions d'euros de chiffres d'affaires. Le Bayern a déjà investi dans le jeune milieu offensif suisse Xherdan Shaqiri (Bâle/environ 12 ME) et le défenseur central brésilien Dante (Mönchengladbach/5 ME). Et le président a évoqué une "bombe" en attaque qui pourrait être l'artilleur français Olivier Giroud, sensible à l'intérêt du Bayern de Ribéry. Reste à savoir combien de temps les Bavarois vont être hantés par le cauchemar. Car, comme l'écrit le journal Spiegel online, "pour les joueurs du Bayern, c'est probablement le moment le plus amer de leur carrière". A se demander qui aura encore la motivation de jouer mardi un match amical contre les Pays-Bas...
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