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Ovrebo, le traumatisme

Ovrebo, le traumatisme
Par Eurosport

Le 18/04/2012 à 16:15

Trois ans après, l'ombre de Tom Henning Ovrebo planera sur les retrouvailles entre Chelsea et Barcelone, ce soir (20h45) en demi-finale aller de la Ligue des Champions. L'arbitre, qui avait oublié plusieurs penalties pour les Blues, est toujours marqué. Les joueurs, eux, veulent tourner la page.

"It's a fucking disgrace". Trois ans après, la phrase de Didier Drogba résonne toujours dans la tête de Tom Henning Ovrebo. Il faut dire que l'arbitre s'était fait beaucoup d'ennemis lors de la dernière confrontation entre Chelsea et Barcelone. C'était le 6 mai 2009, déjà en demi-finale. Ce soir là, il avait oublié trois ou quatre penalties en faveur des Blues, notamment une main d'Eto'o dans sa surface et une autre de Piqué sur une frappe d'Anelka. "Pour être honnête, la balle a touché ma main", avait même reconnu le défenseur central du Barça. Un aveu d'autant plus facile qu'Iniesta venait d'envoyer les Catalans en finale en égalisant dans les arrêts de jeu à Stamford Bridge (1-1). Drogba, qui s'était précipité sur le Norvégien au coup de sifflet pour exprimer toute sa colère (ce qui lui avait valu six matches de suspension dont deux avec sursis), n'avait pas été le seul à l'époque à déplorer son arbitrage "honteux" dont les supporters anglais ont encore du mal à se remettre.

A l'heure des retrouvailles entre les deux clubs, Ovrebo avoue encore recevoir des menaces de mort. "Ça dure et je reçois encore trois ou quatre mails de supporters de Chelsea par an", explique-t-il. Pourtant, l'homme en noir a rangé le sifflet en 2010. Car lui aussi a longtemps été hanté par le souvenir de cette soirée. "J'ai vécu un enfer ! Presque tous les jours Drogba, Ballack et Essien m'apparaissaient. Je ne pouvais pas vivre de cette façon", explique-t-il. Est-ce pour échapper à cet enfer qu'il s'est retiré dans un couvent luthérien de Trondheim pour devenir prêtre ? Celui qu'il faut désormais appeler Père Knut fait d'ailleurs acte de repentance. "Si je regarde en arrière, il y a certainement des choses que je ferais différemment, avoue-t-il.  Si c'était possible, j'aimerais arbitrer ce match pour avoir la chance de montrer mon meilleur côté. Mais tous les arbitres vous diront qu'ils ont de bons et de mauvais matches. Des moments où ils se sentent bien et d'autres moins bien. Je ne peux pas vivre avec des regrets à propos de ce match".

Alves : "Chelsea n'a pas été volé, il avait peur"

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Cette fois, les Londoniens espèrent que la qualification ne se jouera pas sur une décision arbitrale. Mercredi, c'est Felix Brych qui prendra la place d'Ovrebo au sifflet. L'Allemand est bien connu des Blues pour avoir dirigé leur come-back face à Naples en huitième de finale retour (4-1). Mais il possède aussi un certain passif contre les clubs anglais, notamment l'expulsion de Vidic (Manchester United) contre Galati en octobre ou celle de Crouch (Tottenham) face au Real Madrid l'an dernier en quart de finale. Entre l'épisode Ovrebo et la polémique sur la supposée clémence des arbitres en faveur du Barça (orchestrée par Mourinho), la pression sera à son sommet. Si besoin, Daniel Alves est venu en rajouter une couche. "On dit que Chelsea aurait gagné sans l'arbitre (il y a deux ans) mais ça n'est pas notre problème. Chelsea n'est pas allé en finale parce qu'il avait peur, a lâché le latéral du Barça. Nous ne contrôlons pas l'arbitre". Si on ne parle pas de lui, M. Brych aura déjà réussi son match.

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