Marseille la joue profil bas. Avant de rencontrer une deuxième fois Eskisehirspor, l'OM préfère rester prudent. Car les hommes d'Elie Baup n'ont pas pu creuser un écart significatif au match aller (1-1). "Cette rencontre n'est pas du tout une formalité, estime ainsi Steve Mandanda. On a vu que c'était une très bonne équipe au match aller. Elle est assez complète. Ce match-là est donc loin d'être plié..." Rien n'est joué d'avance car l'OM ne possède encore aucune certitude. Défensivement, les Marseillais paraissent même assez empruntés. Les coups de pied arrêtés sont notamment dans le viseur d'Elie Baup. Des défaillances dont est conscient son capitaine qui revient sur le but encaissé en Turquie. "C'est toujours rageant de prendre des buts sur coups de pieds arrêtés, concède ainsi Mandanda. Mais il faut dire que les Turcs possèdent des grands gabarits qui ont un bon timing. En plus, ils frappent bien les coups francs. C'est leur point fort. A nous de faire attention. On se doit d'éviter les fautes aux abords de la surface pour ne pas être en difficulté."
L'OM a encaissé un but de la tête en Turquie. Et un autre a été refusé pour hors-jeu. A chaque fois, la menace venait d'un coup-franc. "On travaille beaucoup ces phases de jeu à l'entraînement, confie Bulent Akin, l'entraîneur adjoint du club turc. Dans le football moderne, un coup de pied arrêté, c'est comme un demi-penalty. Nous avons des joueurs qui jouent bien ces phases de jeu, notamment du pied gauche. Nous connaissons nos atouts." Chahuté dans les airs, Marseille devra se faire davantage respecter lors du match retour. Mais Mandanda a confiance en son arrière-garde. "Les quatre qui sont devant moi, je ne les échangerais contre personne en Ligue 1", se rebelle le gardien marseillais quand on lui demande pourquoi sa défense est aussi fébrile. Heureusement pour l'OM, André-Pierre Gignac a marqué le fameux but à l'extérieur, souvent décisif en Coupe d'Europe.
Gignac dans son jardin
Si la défense connaît quelques lézardes inquiétantes, l'attaque de l'OM se porte plutôt bien. Même en l'absence de Loïc Rémy, meilleur buteur la saison passée, Marseille sait trouver le chemin des filets. En amical, la réussite a été au rendez-vous avec 8 buts en quatre matches. Au match aller, les attaquants marseillais ont malmené les Turcs. "Si on arrive à être efficace offensivement, ça peut être un bon match pour nous, pronostique Mandanda. Car cette équipe turque encaisse aussi pas mal de buts..." Pour avoir pisté l'OM durant ses rencontres de préparation, Bulent Akin sait que le danger peut venir de partout devant. "Je suis allé voir le match contre Evian à Thonon, explique le numéro 2 d'Eskisehirspor. On sait que leurs joueurs offensifs comme Gignac, Ayew, Valbuena et Amalfitano peuvent faire la différence à tout moment. On a beaucoup travaillé par rapport à ça."
Buteur en Turquie, Gignac espère récidiver au match retour. D'autant plus qu'il jouera à "domicile". Car le match se déroulera à Fos-sur-Mer, tout près de son ancienne maison quand il était minot. "Je faisais du cross sur les bosses à côté du terrain, explique nostalgique l'attaquant de l'OM. Je connais par cœur cet endroit." Il sait donc qu'il faudra se protéger contre... les moustiques. En cette période de l'année, les insectes sont nombreux du côté du stade Parsemain. Les piqures seront au rendez-vous. Mieux vaut prendre ses précautions à l'image de Mandanda. "Avant même de connaître le nom de notre adversaire, je pensais déjà aux moustiques, explique le gardien olympien. On va se protéger en mettant des produits. J'espère quand même qu'il n'y en aura pas trop. Si ? On est foutu alors !" Côté public, les fans marseillais pourraient aussi être refroidis à l'idée d'apporter avec eux leur litre de citronnelle...
Attention aux moustiques !
Les Turcs se frottent en tout cas les mains de ne pas jouer au stade Vélodrome. Les travaux tombent à pic pour eux. "Oui, je pense que c'est un avantage, estime Akin. Nos supporters vont mettre de la couleur dans le stade Parsemain." La forte communauté turque de la région pourrait en effet se déplacer en masse à Fos-sur-Mer. D'où l'inquiétude de Mandanda. "Je ne sais pas trop comment ça va se passer, concède le portier marseillais. Est-ce que le stade va être complet ? Je ne sais pas du tout." Pour passer ce troisième tour préliminaire, l'OM aura bien besoin de ses supporters. Car les Turcs seront très motivés. "Si on passe, ce ne sera pas juste une qualification, explique encore l'adjoint du coach turc. Car ce n'est pas n'importe quelle équipe. C'est un match de prestige. Je pense qu'il y aura une bonne prime de la part du président !" Voilà les Marseillais prévenus...
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AFP

























