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Avant Manchester United-ASSE : Le Top 10 des matches qui ont fait la légende européenne des Verts

Le Top 10 des matches qui ont fait la légende européenne des Verts
Par Eurosport

Le 15/02/2017 à 21:41

LIGUE EUROPA - Jeudi, Saint-Etienne se rend à Old Trafford pour défier MU. L'occasion d'établir un top 10 des matches qui ont construit la légende des Verts en Europe.

Il y a bien eu l'Inter Milan, en 2014. Mais depuis trente ans et la fin de leur épopée européenne au début des années 1980, les Verts ont rarement croisé la route d'un Grand d'Europe. Jeudi, ils fouleront la pelouse d'Old Trafford, l'antre de Manchester United. MU n'est plus vraiment l'étoffe de celui qui avait joué trois finales en quatre éditions de C1, entre 2008 et 2011. Mais ce déplacement dans le Nord de l'Angleterre est l'occasion de dresser un classement des matches qui ont construit la légende des Verts sur le Vieux Continent : de la remontée fantastique face à Kiev aux poteaux carrés de Glasgow. Flash-back dans les années "pattes d'éph", des maillots en lycra et des chevelures longues et soyeuses.

1. SAINT-ETIENNE - DYNAMO KIEV

Saison : 1975-76
Compétition : Coupe des champions
Tour : quart de finale (retour)
Score : 3-0

  • Le contexte : Le Dynamo est un monstre. Il possède le nouveau Cruyff, Oleg Blokhine, Ballon d'Or 1975, et Valeri Lobanovski, cerveau d'un Dynamo champion d'URSS et lauréat de la Coupe des Coupes 1975. A l'aller, les Verts s'inclinent (2-0).
  • Le match : La victoire ne se dessine pas au tableau noir mais avec les tripes et l'appui d'un Chaudron incandescent. Le tournant : cette fameuse 64e minute sans laquelle rien n'aurait été possible. De la remontée fantastique aux poteaux carrés de Glasgow. A cette minute précise, Blokhine grille Janvion et Lopez. Il se présente seul face à Curkovic, et, sur sa droite, Onitchenko attend le ballon pour tuer le match. Par pêché d'orgueil, Blokhine tente un dernier crochet sur Lopez, revenu de l'enfer. Le crochet de trop. Contre-attaque, Piazza déboule plein axe et les frères Revelli s'occupent du reste. Un coup franc de Larqué permet aux Verts de refaire leur retard. En prolongation, Rocheteau, blessé et perclus de crampes au mollet, demande à sortir mais, dans un Geoffroy-Guichard assourdissant, Herbin ne l'entend pas. 112e minute : Revelli déborde. Son dribble sur Trochkine semble trop long mais il redresse la course du ballon et trouve Rocheteau au point de penalty qui reprend instantanément du droit. Saint-Etienne repousse les limites du possible.
  • Pourquoi c'est mythique : C'est le match qui fit la légende des Verts. Pour le scénario irréel autant que pour le prestige de l'adversaire. La madeleine de tous les supporters des Verts depuis presque 40 ans.

2. SAINT-ETIENNE - BAYERN MUNICH

Saison : 1975-76
Compétition : Coupe des champions
Tour : Finale
Score : 0-1

  • Le contexte : Deuxième finale européenne pour un club français. Les Verts déclenchent un enthousiasme sans précédent. Le Bayern est double tenant du titre et composé de nombreux champions du monde et d'Europe en titre avec la RFA. C'est un ogre insatiable que rien ne semble pouvoir arrêter. Les Verts sont affaiblis par les blessures de Farison, Synaeghel et Rocheteau, tous passés sous les crampons nîmois le week-end précédent. Le décor de cette finale semble sortir d'un autre temps : l'Hampden Park, ses tribunes en bois et ses poteaux encore carrés.
  • Le match : Saint-Etienne domine les débats et étouffe le monstre. Seuls les maudits poteaux carrés de Sepp Maier résistent aux Verts sur une tête de Santini et une frappe de Bathenay. L'ASSE a laissé passer sa chance. Peu avant l'heure de jeu, le rusé Gerd Müller pousse Piazza à la faute, coup franc à 20 mètres. Le mur stéphanois tarde à se placer, Curkovic est légèrement avancé et Franz Roth d'une frappe lourde anéanti les espoirs des Verts. La frustration est immense. L'ASSE a touché du doigt l'impossible, les regrets seront éternels.
  • Pourquoi c'est mythique : Parce qu'il s'agit de la défaite la plus célèbre d'un club français, l'une des cicatrices les plus douloureuses du football hexagonal avec Séville 82. Le scénario cruel et l'incroyable engouement suscité par cette finale en font un monument.
Jean-Michel Larqué (ASSE) en finlae face au Bayern

Jean-Michel Larqué (ASSE) en finlae face au BayernAFP

3. HAMBOURG - SAINT-ETIENNE

Saison : 1980-81
Compétition : Coupe de l'UEFA
Tour : 8e de finale (aller)
Score : 0-5

  • Le contexte : Après deux premiers tours tranquilles, les Verts de Platini retrouvent Hambourg, vice-champion d'Europe en titre, en huitièmes de finale de la Coupe UEFA. Une semaine avant le match aller en Allemagne, l'équipe de France (avec 5 Stéphanois…) a été balayée par la Mannschaft (4-1) à Hanovre. Jupp Derwall, le sélectionneur allemand, en a profité pour tacler Platoche. "Votre Platini, dit-il en s'adressant aux journalistes français, me fait penser à un général qui envoie ses troupes et se contente de les regarder depuis l’arrière avec ses jumelles !" Le numéro 10 des Verts va s'en souvenir…
  • Le match : La clé du succès stéphanois va résider dans la capacité des Verts à museler la doublette Kaltz-Hrubesch, en isolant le second du premier. Sevré de ballons, Hrubesch, auteur d'un doublé lors du 4-1 de Hanovre, devient inoffensif. C'est d'abord un succès tactique pour Herbin. Sur le pré, tout se goupille bien. Hartwig, sous la menace de Johnny Rep, marque contre son camp dès la 9e minute. Puis Platini ajuste un coup-franc dont il a le secret, avant que Larios ne triple la mise. 3-0 en une demi-heure. Dans les cinq dernières minutes, Platini et Zimako donnent une ampleur hallucinante à la victoire verte. "J'avais laissé mes jumelles à la maison ce soir", glisse Platoche à destination de Derwall.
  • Pourquoi c'est mythique : Parce que, à l'époque, gagner en Allemagne constituait pour un club français un exploit absolument extravagant. Alors, gagner 5-0… Une des victoires les plus marquantes jamais obtenues par un club français à l'extérieur. Il a contribué à asseoir la réputation de Platini en Europe.

4. SAINT-ETIENNE - BAYERN MUNICH

Saison : 1969-70
Compétition : Coupe des champions
Tour : 16e de finale
Score : 3-0

  • Le contexte : 1er octobre 1969. Sur la scène européenne, Saint-Etienne n'est pas encore grand-chose. Le Bayern démarre tout juste son règne en Allemagne mais aligne déjà l'épine dorsale qui régnera sur l'Europe et le monde dans les années 70 (Maier – Beckenbauer – Müller). Le match aller est un calvaire. Les poteaux, ronds, sont, cette fois, du côté des Verts et les sauvent à trois reprises mais Saint-Etienne s'incline logiquement en serrant les dents (2-0).
  • Le match : C'est l'extérieur du pied d'Hervé Revelli dès la 2e minute qui va tout changer. Des travées de Geoffroy Guichard descend cet élan qui emportera durant la décennie suivante quelques glorieuses cylindrées. Ce Bayern est la première d'entre elles. Sepp Maier est mitraillé et retarde l'échéance. Il finit par craquer à l'heure de jeu sur une tête d'Hervé Revelli. A neuf minutes du terme, alors que les Allemands sont en apnée depuis le coup d'envoi, c'est le génial Salif Keita qui s'en va décrocher la lune.
  • Pourquoi c'est mythique : Parce qu'il s'agit du premier exploit des Verts en Coupe d'Europe, le premier renversement de situation irraisonné qui deviendra leur marque de fabrique. Sous la plume de Robert Vergne, L'Equipe s'enthousiasme : "Comme Napoléon à Austerlitz, ceux qui ont assisté à cet exploit extraordinaire pourront dire longtemps : J'y étais."
Le onze de Saint-Etienne en 1970

Le onze de Saint-Etienne en 1970AFP

5. SAINT-ETIENNE - SPLIT

Saison : 1974-75
Compétition : Coupe des champions
Tour : 8e de finale (retour)
Score : 5-1 (a.p.)

  • Le contexte : Nous sommes à l'automne 1974, la saison qui précède la folle épopée qui mènera les Verts jusqu'en finale. Depuis son exploit face au Bayern en 1969, le club du Forez a surtout connu des désillusions en Europe. L'équipe de Robert Herbin est cette fois une valeur montante mais en huitième de finale aller de la C1, elle boit la tasse en Yougoslavie face à Split (4-1).
  • Le match : Les Stéphanois sont revanchards. Ils sont passés à côté de leur match aller, mais en veulent aussi à l'arbitre truc, Dogan Balaban, coupable selon eux de les avoir désavantagés. Remontés et convaincus d'être meilleurs que Split, ils ouvrent le score par Larqué en première période. Mais quand Jovanic égalise à l'heure de jeu, les Verts ont besoin d'un miracle. Il va se produire. D'abord parce que Bathenay redonne l'avantage à l'ASSE moins d'une minute plus tard. Ensuite parce que l'arbitre, M.Patterson, accord un penalty généreux aux Verts que transforme Bereta (71e). Mais le héros se nomme Yves Triantafilos. Le joker vert, qui a remplacé Repellini trois minutes plus tôt, arrache d'abord la prolongation (82e) avant de marquer le but de la qualification à la 104e minute, dans une ambiance délirante.
  • Pourquoi c'est mythique : Pour le retournement de situation, qui donne tout son sel à cette soirée. C'est aussi le match qui va servir de déclic pour ce groupe, et donner à Geoffroy-Guichard sa réputation de chaudron infernal. Où les plus grands exploits deviennent possibles, peu importe le contexte et l'adversaire. Split préfigure Kiev.

6. PSV EINDHOVEN - SAINT-ETIENNE

Saison : 1975-76
Compétition : Coupe des champions
Tour : Demi-finale (retour)
Score : 0-0

La légende verte ne s'écrit pas qu'à travers des grandes victoires et des exploits insensés à Geoffroy-Guichard. Elle se niche aussi, parfois, dans des duels plus sombres mais pas moins homériques. Comme à Eindhoven, ce 14 avril 1976. Après la folle qualification contre Kiev, Saint-Etienne est en demi-finales. La courte victoire à l'aller (1-0) laisse la bande à Larqué sous pression. Au retour, au Philipps Sportpark, comme on l'appelle alors, Saint-Etienne fait de la résistance, grâce notamment à un immense Curkovic. Résultat, le plus savoureux 0-0 de l'histoire verte, ouvrant en grand les portes de sa première (et unique) finale européenne.

7. SAINT-ETIENNE - PSV EINDHOVEN

Saison : 1979-80
Compétition : Coupe de l'UEFA
Tour : 16e de finale (retour)
Score : 6-0

Pour la troisième fois en quatre saisons, le PSV tombe face à l'ASSE en Coupe d'Europe. C'est la fin des vertes années stéphanoises mais le dernier souffle emporte des Néerlandais piétinés dès l'entame de match à Geoffroy-Guichard. Après cinq minutes, les Verts ont déjà marqué trois fois et repris l'avantage sur un PSV victorieux 2-0 à l'aller. La bande à Platini (2 buts) et Rep (1 but) signeront "la plus belle de toutes nos victoires", selon les mots du président Roger Rocher.

8. LIVERPOOL - SAINT-ETIENNE

Saison : 1976-77
Compétition : Coupe des champions
Tour : Quart de finale (retour)
Score : 3-1

Oui, une autre défaite. Elle marque pour l'ASSE la fin d'une trilogie inoubliable (1975, 1976, 1977), où seul le futur vainqueur a pu lui barrer la route en C1. Après sa finale contre le Bayern, le club de la Loire rêve encore du titre suprême. En quarts de finale, il tombe les armes à la main à Anfield. Vainqueur de Liverpool à l'aller (1-0), Saint-Etienne cède sur les bords de la Mersey (3-1) après un combat de titans. Pourtant, le but de Bathenay, celui de l'égalisation à 1-1, à la 50e minute, avait donné un fol espoir. C'est aussi un des plus beaux de l'histoire du club. Mais Kennedy puis Fairclough, à sept minutes de la fin, enterre le rêve vert.

9. GLASGOW RANGERS - SAINT-ETIENNE

Saison : 1975-76
Compétition : Coupe des champions
Tour : 8e de finale (retour)
Score : 1-2

Les Verts sont en reconnaissance à Glasgow mais à Ibrox Park. Après sa victoire à l'aller (2-0), les Verts doivent tenir dans l'enfer écossais. Solides, ils étalent leur domination et signent, grâce à Rocheteau et Revelli, la première victoire française en Grande-Bretagne en Coupe d'Europe. Une victoire qui n'est sans doute pas la plus significative des Verts sur la scène européenne mais qui épaissit leurs ambitions et lance l'épopée.

L'effectif de Saint-Etienne lors de la saison 1975-76

L'effectif de Saint-Etienne lors de la saison 1975-76AFP

10. SAINT-ETIENNE - GLASGOW RANGERS

Saison : 1957-58
Compétition : Coupe des champions
Tour : 1er tour (retour)
Score : 2-1

Ce n'est pas un match mythique et, si les Verts l'ont gagné, ils ont quand même été éliminés, leur succès 2-1 face aux Glasgow Rangers ne suffisant à effacer la défaite de l'aller (3-1). Mais c'est tout de même un match historique puisque c'est le premier jamais joué à Geoffroy-Guichard par l'ASSE dans son histoire, dans la foulée de son premier titre de championne de France. Un match joué devant 29517 spectateurs… l'après-midi, car il n'y a alors pas de projecteurs dans le stade.

Par Laurent VERGNE et Martin MOSNIER

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