Les Français ont été battus 1-0 dans le temps additionnel. "Un but anecdotique" selon leur sélectionneur René Girard puisqu'un nul vierge les éliminait tout autant, en raison du score de l'aller à Caen (1-1). Et pour les joueurs, les regrets sont normands. Les Bleuets avaient pourtant fière allure depuis l'été. Dans leur mini-groupe de qualifications, ils avaient balayé l'Ecosse chez elle (3-1 à Aberdeen) avant de se défaire tranquillement de la Slovénie à Amiens (2-0). Fort de ces succès, le groupe de René Girard dégageait une certaine confiance. Car malgré la défection de cadres, atteints par la limite d'âge (Faubert, Ribéry, Toulalan), le technicien pouvait compter sur la prometteuse classe d'âge née en 1987 (Benzema, Nasri, Matuidi, Dia).
"La mayonnaise a pris", pouvait-on entendre auprès des Bleuets amalgamant quatre générations. Pas sûr. Karim Benzema a été titularisé quatre fois sur cinq, mais à quatre postes différents. Sa force de pénétration, mêlant vitesse et technique léchée, n'aura pas eu en Espoirs la même efficacité qu'à Lyon. Le choix de Girard de faire jouer Blaise Matuidi sur le flanc gauche de l'entrejeu mercredi, lui qui joue milieu axial à Troyes, peut également laisser sceptique. Et Samir Nasri, qui s'est démené, a rarement trouvé Jimmy Briand, esseulé en pointe.
Bête noire
Girard laissait poindre son amertume après l'élimination: "Pour moi, il n'y avait pas photo sur le potentiel" entre les deux équipes. Il est vrai que ses hommes ont fait le jeu sur les deux matches, monopolisant le ballon et campant chez l'adversaire. A l'image de leurs aînés bleus samedi dernier en Ecosse... Beau potentiel en effet, si l'on songe à Lassana Diarra, justifiant pleinement son recrutement par Chelsea, à Yohan Gouffran côté droit ou à la solide charnière centrale Zubar-Bourillon devant un Steve Mandanda impérial. La déception n'en est que plus aiguë, muée en "honte" dans la bouche de Ronald Zubar.
Si le Marseillais a marqué ses deux buts en Espoirs contre Israël, c'est cette nation qui a infligé aux Bleuets de l'ère Girard (depuis l'été 2004) leurs deux seules défaites en match officiel dans le temps réglementaire (3-2 en mars 2005, déjà à Herzelya). Plus qu'une élimination, le coup de massue israélien signe surtout la fin d'une histoire, celle incarnée par le duo Sinama-Pongolle/Le Tallec. Les Espoirs débuteront les matches amicaux de 2007 amputés des générations 1984 et 1985, soit 13 des 19 joueurs présents à Herzelya mercredi. Et sept défenseurs sur sept. Le chantier est ouvert.
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