Sakho, le Paris d'avenir

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A 19 ans, Mamadou Sakho est considéré comme un vrai cadre du PSG au moment d'entamer la nouvelle saison. A tel point que le club de la capitale a décidé de ne pas recruter Gabriel Heinze, afin de ne pas faire de l'ombre à son jeune stoppeur. Un phénomène rare à Paris.

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Jamais contents. Depuis des années, le PSG est critiqué pour ne pas savoir profiter du formidable vivier de jeunes en Ile-de-France. Plutôt que de piocher dedans, Paris préférait recruter des joueurs, parfois à prix d'or, pour une rentabilité douteuse. C'est désormais du passé. Enfin, le club de la capitale est toujours critiqué. Mais plus pour les mêmes raisons. Cette fois-ci, c'est parce qu'il a laissé filer Gabriel Heinze, l'ancienne idole du Parc, chez l'ennemi juré marseillais. Car l'Argentin n'était vraiment pas loin de retrouver le stade de la Porte de Saint-Cloud cet été. " Avait-on les moyens de le faire revenir à Paris ? Oui. Y avons-nous pensé ? Oui. Maintenant nous n"avons pas été plus loin", confirmait ainsi Sébastien Bazin à l'occasion de la conférence de presse pour la présentation du futur président du club, Robin Leproux.
Si le rugueux Argentin n'évoluera certainement plus jamais au PSG, c'est pour une seule et unique raison: Mamadou Sakho. Du haut de ses 19 ans, le capitaine de l'équipe de France Espoirs est déjà considéré comme un cadre de Paris, mais surtout comme l'avenir du club de la capitale. Dans cette optique, son contrat a été prolongé et revalorisé cet été, alors que des grands clubs étrangers, comme Arsenal, l'Inter Milan ou le Milan AC, étaient prêts à faire des propositions intéressantes aux dirigeants parisiens. Pourquoi ne pas associer Sakho à Heinze alors ? Parce qu'ils ont un profil tellement similaire que cela met en doute leur complémentarité. Il était difficilement envisageable de mettre Heinze sur le banc au détriment de Sakho, ou l'inverse, alors Kombouaré a tranché. "C'était surtout compliqué pour le jeune Mamadou Sakho qui, comme Heinze, est gaucher", soulignait ainsi l'entraineur parisien le jour de l'officialisation de l'arrivée de Heinze à Marseille. "On a souhaité conserver Sakho et surtout le faire jouer malgré tout le respect et l'admiration que je porte à Heinze."
Si le jeune défenseur parisien doutait encore de la confiance que son club pouvait lui accorder, il est désormais fixé. Celle-ci n'est pas injustifiée. Car Sakho, élément cadre de toutes les catégories de jeunes en équipe de France, a fait l'unanimité à Paris par ses performances et son état d'esprit. Pour sa première année en tant que titulaire, il a ainsi largement contribué à la bonne saison du PSG l'an passé par son impact physique dans les duels et sa complémentarité avec Zoumana Camara. De là à être préféré à Heinze, il y avait un pas délicat à franchir. D'autant plus que le club de la capitale n'avait jamais offert une place de titulaire indiscutable à un jeune issu de son centre de formation, pas même à Nicolas Anelka. Dans ce sens, c'était déjà un exploit pour Sakho de figurer dans l'équipe-type du PSG la saison passée. Mais pas autant que d'y être encore cette saison, alors que Paris avait l'opportunité de rapatrier l'un de ses joueurs les plus populaires, qui comptabilise de surcroît plus de 50 sélections en équipe d'Argentine.
"Je me sens petit"
Kombouaré n'a pas hésité à suivre la voie tracée par Paul Le Guen. Le technicien breton, parti à l'issue de la saison passée, avait lancé Sakho dans le grand bain. Le très grand bain même, puisqu'il lui avait confié le brassard de capitaine pour la réception du champion de France de l'époque, Lyon, il y a deux ans, alors que Sakho n'avait que 17 ans. Le défenseur parisien sait ce qu'il doit à son ancien coach. "Lors du dernier match contre Monaco (0-0), j'avais mis un tee-shirt sous le maillot où il était écrit "Merci Le Guen". Je n'ai pas pu le montrer au public, mais je l'ai donné à Paul dans le vestiaire. Si j'en suis là aujourd'hui, c'est grâce à lui. Il a tout mon respect", confiait ainsi le défenseur dans les colonnes du Parisien. Le Guen parti, Sakho est désormais sous les ordres de Kombouaré, quelqu'un qui ne lui était pas inconnu puisque le Kanak avait été l'entraineur de la CFA parisienne quand Sakho était au centre de formation. "Je le regardais de loin quand j'avais 14 ans et qu'il dirigeait la réserve du PSG" , se souvient-il. "Pour moi, c'était un monsieur et je n'osais pas lui adresser la parole. Il m'impressionnait tant. J'espère qu'il compte sur moi pour cette saison", avait-il ajouté avant la reprise. Le voilà fixé.
Reste maintenant à savoir si Sakho saura se montrer à la hauteur des attentes placées en lui. Etre titulaire au PSG à 19 ans avait déjà de quoi le perturber, et l'"affaire Heinze" ne devrait pas bouleverser cette tendance, bien au contraire. La pression va s'intensifier autour de lui, le danger de prendre la grosse tête après avoir été préféré à l'ancien chouchou du Parc aussi. Mais l'international Espoirs semble bien armé pour lutter contre un phénomène encore exacerbé par la pression médiatique qui règne inlassablement autour du PSG. Il sait d'où il vient. Et surtout où il va. "Il n'y a qu'un vrai Sakho et il est mort quand j'avais 13 ans. C'était Souleymane, mon papa. Les gens me regardent en disant "C'est Sakho du PSG." Mais, moi, je me sens tellement petit par rapport à mon père… Je ne cherche qu'à être digne de lui. Pas à être célèbre", avait-il confié au Parisien. Il a tout l'avenir devant lui pour parvenir à ses fins.
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