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Formule 1 - Saison 2009

03/11/2009 - 17:25

Bilan Pilotes (1/3)


Retour sur la saison 2009. Notre 1er volet est consacré à Button (Brawn), Vettel (Red Bull), Barrichello (Brawn), Webber (Red Bull), Hamilton (McLaren) et Räikkönen (Ferrari). Pourquoi ont-ils été les six meilleurs ? Eléments de réponses...

1-Jenson Button (Brawn) 95 points

Avoir du talent c'est bien, l'utiliser en toute circonstance c'est mieux. Avec son double-diffuseur et sa pole position d'avance, le Britannique a fait cavalier seul en début de saison, puis il a géré. Jusqu'à en être tétanisé à Suzuka. Le problème est que sa Brawn était de toute évidence une Ferrari des plus belles années : peinte en blanc avec tous les marques de design qui ont fait la patte de Ross Brawn (museau, cockpit, pontons…). Avec de l'or dans ses mains, Michael Schumacher n'a jamais musardé dix GP. A Abou Dhabi, Rubens Barrichello a donné le coup de grâce en parlant de "paresse" de toute l'équipe... Toute… La chevauchée monégasque et la remarquable demi-victoire (qui aurait pu lui porter préjudice) à Sepang n'empêchent pas le goût d'inachevé. Chaque saison ne livre pas un grand champion. Une ligne à son nom au palmarès des couronnés, sûrement pas un chapitre dans le livre des grands champions du monde.

2-Sebastian Vettel (Red Bull) 84 points

Il avait tourné Red Bull en ridicule l'an dernier, il vient d'en faire la meilleure écurie du plateau après Brawn. Ce n'était pas gagné, car la RB5 a été la dernière à recevoir un double diffuseur et n'avait pas de KERS. Le garçon a d'ailleurs lourdement insisté là-dessus. Non pas qu'il était désavantagé de ce point de vue par rapport à Button et Barrichello, mais que l'option manquante l'a indéniablement privé de quelques points pris par Hamilton. Il finit à 11 points du champion et sans son absence de discernement à Melbourne dans les roues de Kubica il aurait échoué à 5 longueurs. Mais il n'était pas mûr pour le titre, comme l'a montré son erreur à Istanbul, où il a ouvert un boulevard à Button, et a surtout passé sa colère sur son moteur en fin de parcours.

3-Rubens Barrichello (Brawn) 77 points

Un éligible à la consécration suprême doit toujours très vite comprendre ce dont il a besoin techniquement et ce qui peut le freiner dans sa progression. C'est en cela que "Rubinho" n'appartiendra jamais à cette caste dorée. Le temps de réaliser qu'il se fourvoyait depuis un an et demi avec un système de freinage personnalisé, courant juin, et Button était déjà trop loin. Aussi, l'inoxydable a obtenu trop tard la parité de traitement stratégique, moyennant un coup de gueule à Montmelo. La rançon d'années de beautiful loser chez Ferrari qui avaient fait resurgir inconsciemment dans l'esprit de Ross Brawn une condition de numéro 2 consentant. Poussé au final par Vettel de la 2e place du podium malgré une voiture très fiable qui lui a redonné pole et victoires après cinq ans de privation.

4-Mark We b ber (Red Bull) 69,5 points

Il était temps que l'Australien agrandisse la confrérie des polemen et vainqueurs en GP, ce qui fut fait à Nürburg. Ça n'avait rien d'évident après une fracture de la jambe droite hivernale. Plus surprenant, il n'a pas explosé face à Vettel, qui devait le faire passer pour un pilote de seconde zone. Du moins en course car le comparatif en qualif a été humiliant : 2-15. L'Aussie reste indispensable à l'univers de la Formule 1 par son côté anti-conformiste. En effet, il fut l'un des seuls à faire l'éloge de son manager personnel, le "sensationnel" mais sulfureux Briatore. Red Bull a répondu à cette audace en tentant de casser son contrat 2010 pour mettre Räikkönen à sa place. Toujours "trash" en piste car il vit mal d'être sur la défensive. Räikkönen, sournoisement coincé dans le 1er tour à Sao Paulo, peut témoigner.

5-Lewis Hamilton (McLaren) 49 points

Le Britannique avait la vie facile : Woking lui garantissait de la mécanique gagnante depuis son arrivée en F1, en 2007. Cette insouciance a connu une rupture brutale cette année, sous la forme d'une MP4 en grave déficit d'appuis. Ce défaut congénital fut l'occasion de vérifier sa patience, sa capacité à galvaniser une équipe par des chaudes félicitations à l'occasion de progrès même infimes, et à fructifier chaque avantage. Le KERS pour la première victoire de l'année en Hongrie, son talent naturel pour un sans faute à Singapour. De la rage en permanence, trop à Monza à la poursuite de Button. Seul pilote à bord tant Kovalainen fut transparent, il a su guider l'usine dans une saison compliquée par l'interdiction des tests. C'est la dimension supplémentaire qu'il a prise et que beaucoup n'auront jamais.

6-Kimi Räikkönen (Ferrari) 48 points

Le Finlandais qui se veut impassable a été ébranlé par son éviction de la Scuderia avant terme, ce qui l'a laissé "très triste". Un terrible désaveu qui l'a renvoyé à son peu d'intérêt pour la technique et à un manque de motivation de début de saison qui a fini par lasser à Maranello. Il sera impossible de lire plus tard son parcours en F1 sans évoquer ce couac, sauf si Alonso hérite l'an prochain d'une rossa digne de la F60, c'est-à-dire lamentablement ratée... "Iceman" était déjà sorti passablement affaibli de sa cohabitation avec Massa en 2008 et se pensait immunisé avec un contrat 2010. Ce fut son erreur. Néanmoins, il faut souligner qu'après dix misérables points grappillés en neuf grands prix, il en a rentré 38 en seconde partie de saison, dont 10 à Spa grâce à un précieux système de récupération d'énergie cinétique. Et à son talent pur sur ce circuit d'homme. Même cet exploit ne suffit pas à sauver sa peau, pas plus que les incertitudes quant à la capacité de Massa à se remettre de son accident. Domenicali n'a jamais raté une occasion de louer son génie dès lors que lui fut montrée la sortie, ce qui sous-entend que c'est plutôt auprès de Montezemolo qu'il avait épuisé son crédit.

Eurosport - Stéphane VRIGNAUD
 
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