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GP de Malaisie - Jean-Pierre Frizon : "Une course relativement épuisante"
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Publié 23/03/2013 à 18:08 GMT+1
Préparateur physique de l'équipe de France FFSA, Jean-Pierre Frizon s'est occupé de Jean Alesi et de Romain Grosjean en F1. Il nous a expliqué ce que les pilotes font pour résister en course dans la fournaise de Sepang.
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Crédit: Eurosport
Tout d'abord, comment définiriez-vous les conditions régnant au GP de Malaisie ?
Jean-Pierre Frizon : Sepang est différent de Melbourne, et de tous les autres grands prix en fait. Ce qui étonne, c'est la moiteur. C'est une ambiance vraiment particulière et j'ai bien constaté l'année dernière, lorsque je suivais Romain Grosjean chez Lotus, que cela nécessite une préparation spécifique. Après une semaine à Melbourne, il faut se faire à un décalage horaire dans l'autre sens (que celui Europe-Australie), et le climat change complètement : là, c'est genre forêt vierge, avec de la pluie en permanence. On a aussi du mal à respirer. D'un seul coup, rien n'est simple.
Quel est l'impact le plus important au niveau physiologique ?
J.P.F. : Les efforts sont plus violents, on transpire beaucoup, on fatigue beaucoup plus vite car il fait une chaleur à crever dans la voiture ; la température y atteint facilement 60°C. Le GP de Malaisie est une course relativement épuisante, et si on n'est pas bien physiquement avant on ne tient pas le choc. Il ne faut donc pas attendre d'arriver à Sepang pour commencer à s'entraîner. Cependant, tous les pilotes actuels le font évidemment, et sont dans une forme physique assez remarquable. Quand on leur fait faire des examens physiologiques, on est étonné de voir qu'ils sont au stade d'athlètes régionaux, au minimum. Ils sont donc plus aptes que la moyenne à résister à ce genre de choses.
Quel conseil essentiel apportez-vous dans ce cas ?
J.P.F. : Il ne faut pas attendre d'avoir soif pour boire, il faut essayer de s'hydrater beaucoup plus car on transpire tellement ! Il faut vite rétablir l'équilibre pour ne pas avoir de problème ensuite, pendant la course. Et il faut éviter que ça arrive pendant un effort en course, de puiser dans les réserves.
Surtout, à quel rythme faut-il boire ?
J.P.F. : Toute la journée, à partir du début de semaine, si possible par petites gorgées toutes les vingt minutes plutôt qu'en quantité importante toutes les trois heures. Ça peut donc aller facilement jusqu'à cinq ou six litres par jour, c'est évident, sachant qu'on préconise à une personne normale de boire un litre et demi par jour dans des conditions ordinaires.
Cette eau contient aussi forcément des additifs.
J.P.F. : Oui, et ils sont connus. Beaucoup proviennent de sports d'endurance comme le ski de fond, le biathlon. Ce sont des produits qui permettent d'avoir une hydratation qui dure dans le temps. Après, chacun fait à sa façon. Mais Sepang ne change pas beaucoup des autres courses, finalement. On préconise juste un peu plus de barres énergétiques, de choses comme ça.
Quelle quantité le pilote peut-il boire pendant la course ?
J.P.F. : La voiture comporte un réservoir spécial de deux litres, que l'on remplit une heure avant la course, pour qu'il reste à température. Mais je sais que Romain, par exemple, ne bois pas trop. Il a même eu du mal à s'y mettre, à boire régulièrement pendant la course. L'important est de ne pas attendre pour boire. Il faut avoir ce réflexe à l'esprit toutes les vingt minutes. Quand les problèmes de déshydratation arrivent, il est trop tard. Là, on constate une perte de force, de réflexes, de vision qui arrive à vitesse grand V. A l'arrivée, dimanche, il suffira d'observer les pilotes enlever leur casque pour voir pour qui le grand prix s'est bien passé, et ceux beaucoup moins. Tous les pilotes sont très entraînés mais tous ne sont pas nés égaux devant ce type de contraintes.
Les gilets refroidissants appelé "cooling suits" sont-ils efficaces ?
J.P.F. : On nous en a prêtés. Ça refroidit, mais entre le ressenti et la vérité, je trouve que ce n'est pas si probant que ça. Certains en sont contents, tant mieux pour eux, mais c'est parfois un truc de gourou.
Les vêtements et combinaisons des pilotes sont-ils différents pour ce grand prix ?
J.P.F. : Non, les pilotes ne changent pas les choses qui ont fait leur preuve. Ils aiment trop ce qui fonctionne bien, ils sont trop maniaques pour ça.
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