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Formule 1 - Saison 2012

Ces champions du monde qui sont allés voir ailleurs

En attendant de savoir si Hamilton sera couronné, voici la drôle d'histoire des champions partis de leur équipe l'année de leur titre.

 
Ils ont claqué la porte - Formule 1 - Saison 2012McLaren
 

1956 : Fangio et Ferrari

Juan Manuel Fangio est la première icône de la Formule 1 et aussi le premier champion à saisir qu'un très bon salaire ne fait pas tout. En 1956, il débarque chez Ferrari à 44 ans, orné de trois titres (en 1951 avec Alfa Romeo, en 1954 et en 1955 avec Mercedes). Tout irait bien si la Lancia rebaptisée Ferrari n'avait pas la fragilité du cristal. Mais ce ne sont pas des choses qui se disent au patron-fondateur, Enzo Ferrari... Les deux hommes brûlent plusieurs torchons tout au long de l'année et Fangio aggrave son cas en accusant la Scuderia de rouler pour Peter Collins. Pourtant, le jeune Britannique agit en équipier modèle à Monaco en partageant sa voiture (et les points) avec l'Argentin. Puis à Monza en sacrifiant ses dernières chances de titre pour couronner l'as de Balcarce. Qui ne changera pas d'avis.

Ensuite : Maserati et un nouveau titre de champion du monde. Le cinquième et dernier.

1958 : Hawthorn et Ferrari

Débarrassé de la concurrence de Juan Manuel Fangio et soutenu par toute la Scuderia, Mike Hawthorn reste un champion du monde à l'autorité contestée. Cette année 1958 a surtout anéanti son plaisir de la course dans les accidents mortels de ses équipiers Luigi Musso et Peter Collins, ainsi que Stuart Lewis-Evans.

Ensuite : retraité depuis trois mois, il meurt dans un accident de la route.

1967 : Hulme et Brabham

L'histoire est d'une simplicité biblique : Denny Hulme avait décidé de changer d'air mais n'avait pas prévu d'être champion du monde. En 1967, deux victoires et six podiums avec l'écurie de l'Australien Jack Brabham le propulsent vers la gloire. Il est surtout prêt à piloter pour son ami et compatriote néo-zélandais, Bruce McLaren, un autre pilote-constructeur, qui lui propose déjà un programme complémentaire en CanAm, la série du prototype nord-américain. Il ne revient pas sur ce choix du cœur, qui sera celui de la fidélité.

Ensuite : McLaren jusqu'au bout, en 1974.

1977 : Lauda et Ferrari

On pourrait penser qu'un accident crée des liens particuliers entre un pilote et son équipe. Celui de Niki Lauda bat en brèche cette idée reçue. Gravement brûlé au Nürburgring en 1976, l'Autrichien revenu de l'extrême onction revoit au Japon le spectre de son accident et met pied à terre sous le déluge. Le champion du monde 1975 cède volontairement le titre à James Hunt, ce qu'Enzo Ferrari interprète très mal. Relégué au rang de sous-fifre de l'ombrageux Carlos Reutemann en 1977, "l'ordinateur" est sacré contre son équipe et claque la porte avant les deux derniers GP.

Ensuite : deux victoires avec la Brabham en 1978 et un cauchemar en 1979. Il laisse tout en plan lors des essais de l'avant dernier GP et revient en 1982 chez McLaren. Pour un troisième titre, en 1984.

Ils ont claqué la porte - Formule 1 - Saison 2012 1987 : Piquet et Williams

Nelson Piquet, champion du monde en 1981 et 1983 avec Brabham, court pour Williams depuis 1986. Il représente le Brésil, une nation que son motoriste Honda considère comme une tête de pont commerciale fondamentale pour l'Amérique latine. Choqués par les dissensions internes avec Nigel Mansell et très déçus de la perte du titre Pilotes en 1986, les Japonais décident de quitter l'écurie fin 1987. En emportant le Pauliste dans leurs bagages.

Ensuite : chez Lotus avec le V6 Turbo. Aucune victoire avant de passer le renouveau chez Benetton (1990 et 1991).

1989 : Prost et McLaren

Le directeur Ron Dennis qui a fini par préférer Alain Prost à Niki Lauda en 1985 place le Français dans le rôle de la victime en 1988, lorsqu'Ayrton Senna débarque. La fascinante compétition interne prend une odeur de souffre début 1989. Les relations de Prostichon avec le Brésilien et son boss deviennent franchement délétères et les soupçons vont jusqu'à Honda, accusé de supporter le Pauliste. Le Frenchie annonce son transfert pour Ferrari et finit seul contre tous. Champion du monde.

Ensuite : Ferrari en 1990 et le règlement de compte à Suzuka avec Senna. Un fiasco en 1991, une année sabbatique et un retour gagnant avec Williams en 1993.

1992 : Mansell et Williams

Le Britannique au pilotage de flambeur considère Williams comme sa maison. Sous l'amicale pression de son motoriste Renault, Frank Williams a signé Alain Prost sans lui dire, pour 1993. "Big Nige" survole le Mondial 1992 mais se sent trahi en apprenant finalement la nouvelle. Ecœuré, sans solution, il tourne le dos à la F1.

Ensuite : le titre Indycar en 1993, un retour pour des piges dans le baquet de feu Ayrton Senna en 1994 et une fin en queue de poisson chez McLaren en 1995.

1993 : Prost et Williams

Viré de chez Ferrari fin 1991, le Français explore la piste Ligier début 1992 et la referme vite. Cette année sabbatique lui sert quand même à doubler Senna dans la course à la seconde Williams pour 1993 et 1994. Mais cette saison de la tranquillité devient rapidement celle des ennuis. Tout d'abord, il ne figure pas sur la liste des engagés du Mondial après que Williams ait envoyé son bulletin d'inscription trop tard. En piste, Senna lui taille des croupières et des commissaires aussi maladroits que zélés terminent le travail de sape à Monaco en l'affublant d'un départ volé. Dans l'intimité de son cockpit, il n'est même pas heureux : sa F1 bardée d'électronique travaille beaucoup à sa place et filtre ses sensations. Lassé, il tire un trait sur 1994. Williams lui paie son année pour l'empêcher de passer à la concurrence.

Ensuite : il teste la McLaren, conseille l'écurie, projette un retour chez Ferrari en 1996 avant que Schumacher ne prenne la place. Il rachète Ligier et la renomme à son nom en 1997 et ferme la boutique fin 2001.

1995 : Schumacher et Benetton

Michael Schumacher se trouve bien plus à l'aise en 1995 qu'en 1994, puisqu'il a troqué son anémique Ford V8 contre le "fabuleux" Renault V10. Double champion du monde en titre, on le pense parti pour de belles années avec Benetton, allié à des cerveaux comme Brawn et Byrne. Mais l'as a besoin d'un nouveau challenge. Le contrat que Ferrari lui tend est irrésistible à tout point de vue.

Ensuite : onze saisons et cinq titres chez Ferrari, une pause et un retour manqué chez Mercedes.

1996 : Hill et Williams

En 1992, Damon Hill a testé pour Williams avant d'apprendre en 1993 au contact d'Alain Prost. Le Français retraité, Ayrton Senna décédé accidentellement, l'Anglais se retrouve propulsé sur le devant de la scène en 1994. Avec la meilleure voiture du plateau, il ne parvient pourtant pas à battre la Benetton de Michael Schumacher. Parfois maladroit, il finit en 1995 de lasser son patron, qui arrête son contrat fin 1996. Confronté au jeune fils Villeneuve, Hill Jr se couronne heureusement à temps. Il quitte Grove, Ralf Schumacher arrive. Une double erreur...

Ensuite : Arrows et une victoire échappée à deux tours du but en Hongrie mais un rebond mérité en 1998 chez Jordan. Pour ouvrir le palmarès de l'équipe irlandaise.

Ils ont claqué la porte - Formule 1 - Saison 2012 2006 : Alonso et Renault

En 2006, Fernando Alonso est l'enfant-roi chez Renault ; double champion du monde en titre, placé depuis 2000 sous la protection de son manager-mentor, Flavio Briatore, qui dirige l'équipe. Néanmoins, il trouve que l'Italien ne l'aligne pas sur les standards salariaux de McLaren et de Ferrari. Pour son titre, il réclame une prime de plusieurs millions. Il a parlé dans le vide mais a bien entendu l'appel de McLaren.

Ensuite : une corrida chez McLaren en 2007, un retour inutile au bercail en 2008 et 2009 et le début de la grande aventure rouge en 2010.

2009 : Button et Brawn

Jenson Button domine la saison 2009 avec Brawn mais à part ça, il ne voit rien venir. Il pense que Mercedes va racheter l'équipe pour lui associer Nico Rosberg. Mais il fait les frais du besoin d'adrénaline du retraité Michael Schumacher.

Ensuite : McLaren et un titre honorifique de vice-champion du monde en 2011.

2012 : Hamilton et McLaren

Financé, managé, formaté depuis ses 12 ans par Ron Dennis, le boss de McLaren, Lewis Hamilton n'en peut plus de cette équipe secrète qui lui confisque sa liberté et ses trophées personnels. Woking s'aligne sur l'offre de Mercedes mais il est trop tard.

Ensuite : un contrat de trois ans chez Mercedes.

 
 
 
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