Loeb : "Une fierté"

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Dans la 2e partie de la longue interview qu'il nous a accordée, Sébastien Loeb (Citroën) revient sur ses cinq titres et parle de la place qui est désormais la sienne dans l'histoire du sport.

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Un 5e titre vous place dans la lignée de sportifs qui ont dominé leurs sports pendant quatre-cinq-six ans comme Fangio, Schumacher, Rossi, Jordan, Armstrong, Sampras, Federer, Woods... Qu'est-ce que ça vous fait d'appartenir à l'histoire du sport ?
S.L. : Ça fait plaisir, et c'est dur de réaliser. D'années en années, on se remet en question, on essaie de faire au mieux et finalement on se rend compte que les titres s'enchaînent pour en être là aujourd'hui. C'est une fierté de battre tous les records dans mon sport (5 titres, 47 victoires dont le Monte Carlo, la Finlande, la France, la Grande Bretagne, la Suède, 11 succès en une saison, quasi invincibilité sur asphalte, 7 succès de rang en Allemagne, tous les scratches d'un même rallye, etc...). C'est beaucoup plus que ce qu'on pouvait s'imaginer avant. Je vis avec ; je n'y pense pas tous les matins.
Que retenez-vous d'essentiel de chacun de vos titres ?
S.L. : 2004 fût le meilleur moment de ma carrière parce qu'un premier titre est l'aboutissement d'un rêve et de tout un travail. Le deuxième n'est pas celui qui m'a plus marqué car ça a été une grande domination ; on a attendu qu'il arrive tout au long de la saison. 2005 fut peut-être la saison la plus facile. 2006 est un grand souvenir : c'était dans une équipe privée, Kronos ; même si j'étais dans de très bonnes conditions, il n'y avait pas de développement comme dans une équipe d'usine. C'était une nouvelle expérience de travailler avec une nouvelle équipe et aussi de finir la saison avec quatre mois de vacances ; c'était une sensation spéciale de gagner le titre à la maison avec un bras cassé ! 2007 est, je pense, sportivement mon meilleur souvenir. J'étais content d'avoir cet affrontement avec Grönholm, chacun dans une bonne voiture, à armes égales, avec les mêmes pneus. Gagner le championnat pour quelques points avant qu'il ne parte en retraite fut un beau final. Cette année, on en a parlé (lire la 1ère partie de l'entretien) ; avec un nouveau record (11 victoires), ça compte aussi.
Vous souvenez-vous de toutes vos victoires, et laquelle reste la plus marquante ?
S.L. : Je ne me souviens pas de toutes. La plus marquante est peut-être la Finlande cette année. Un rallye m'a aussi marqué : il s'agit d'une deuxième place, l'an dernier en Nouvelle-Zélande. On finit à 0.3 sec. Ça a vraiment été une bagarre de folie du début à la fin. La Suède en 2005 ? Emotionnellement ça m'a fait beaucoup moins que plein d'autres rallyes. Ça a marqué l'histoire car j'étais le premier pilote non-Nordique à gagner en Suède mais le rallye était gagné le vendredi ; mon adversaire principal avait abandonné et j'avais été deux jours à attendre de gagner. Ça reste dans les annales mais pour moi ça n'a pas été très marquant.
Le 6e titre est une hypothèse, le 7e titre encore plus. Mais un 7e titre, comme Schumacher, vous effleure-t-il l'esprit ?
S.L. : Si on en gagne un 6e l'an prochain, on pourra se poser la question. Aujourd'hui, ce sont deux disciplines différentes. Schumacher l'a été sept fois en F1, je le suis cinq fois en rallye. Il n'y a pas de rapport direct entre les deux disciplines, ce n'est donc pas un record qui m'attire plus que ça. Je roule plutôt parce que ça me plaît. Ça (un 7e titre) n'est pas l'objectif en soi.
Valentino Rossi a fini 12e en Grande Bretagne. Pourrait-il faire un jour un grand pilote de rallye ?
S.L. : Pourquoi pas ? C'est peut-être un peu trop tôt pour le dire. Mais vu comment il pilote sa moto, c'est quelqu'un qui a la notion des trajectoires, qui sait piloter et saura piloter une voiture. Maintenant, il arrive là, en championnat du monde, avec une voiture (Ford Stobart) qu'il découvre, ce rallye qu'il découvre (Grande Bretagne 2008). La plus grosse difficulté est peut-être pour lui de s'adapter à la glisse mais aussi aux notes. C'est un peu le frein pour les pilotes de circuit. C'est ce qui demande du temps et de l'expérience. Je pense que tout est possible pour lui mais ça lui demandera un peu de temps et de travail.
Admirez-vous les pilotes MotoGP ?
S.L. : Oui. Les courses sont souvent très passionnantes. Quand on voit la glisse, la maîtrise sur deux roues, de l'extérieur c'est très impressionnant. J'ai roulé deux-trois en circuit à moto. Quand on est dessus, on se rend encore plus compte de ce que c'est.
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