Souvenirs de Val d'Isère

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Le Critérium de la Première Neige célèbre cette année son 50e anniversaire. La descente de Val d'Isère, samedi, prendra donc un relief particulier. Retour sur un demi-siècle d'histoire d'une piste de légende, au passé glorieux et à l'avenir prometteur, a

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1. L'âge d'or bleu
Référence de la Coupe du monde moderne, Val d'Isère a pourtant fait une entrée en toute discrétion sur la scène internationale. Lorsque la Critérium de la 1e neige se tient pour la toute première fois, en 1955, avec au programme un géant, un slalom et un combiné, l'évènement est tout sauf planétaire. A l'époque, Chamonix et Megève constituaient les deux grands rendez-vous du calendrier. Les 55 concurrents qui s'élancèrent ce 17 décembre ignoraient qu'ils ouvraient le premier chapitre d'une formidable histoire.
Parmi eux figuraient un certain Henri Oreiller. Champion olympique en 1948, le Bode Miller de l'époque, avec son talent fou et son style aussi peu académique que celui de l'Américain, prit la quatrième place du géant, remporté par Jean Bourleix, qui fut donc à jamais le premier lauréat de Val d'Isère. Jusqu'à la fin des années 60, les Français y feront la loi, de Henri Duvillard à Guy Périllat sans oublier, bien sûr, Jean-Claude Killy, l'enfant du pays, inspiré par Oreiller.
Deux skieurs de légende, deux figures emblématiques de la station, qui ont on ne peut plus légitimement donné leur nom à cette piste. Jean-Claude Killy signe sa première victoire à Val en 1961, en géant, à tout juste 18 ans. Le soir, son père, ancien pilote de chasse dans l'armée, lui remet son chronomètre de l'armée qu'il lui réclamait. "Maintenant, tu le mérites", lui dit-il. Au total, Killy compte sept victoires à domicile: trois en géant, deux en descente et autant en combiné.
2. Les années Klammer
Val d'Isère prend le train de la Coupe du monde, parti sans elle, en 1968. Longtemps snobée par els étrangers, notamment les Autrichiens, le rendez-vous haut-savoyard entre dans les moeurs et gagne en crédibilité au carrefour des années 60 et 70. Bientôt, le Critérium de la 1e neige devint un des évènements de l'hiver, et plus seulement pour les Français. "Durant tout l'été, on s'entraînait avec une seule idée en tête: Val d'Isère ", confie Franz Klammer.
Le fabuleux descendeur autrichien, star des années 70, a laissé une empreinte indélébile sur la "OK", en s'imposant à quatre reprises, dont trois fois en descente, entre 1973 et 1981. A son image, tous les grands champions de l'Après-guerre ont triomphé dans la Tarentaise. Ingemar Stenmark s'y révéla en 1974, en prenant la deuxième place du géant. Pendant quatre ans, le technicien suédois collectionnera les podiums, avant de triompher, enfin, en géant.
3. A l'heure suisse
La décennie 80 est marquée par l'effacement progressif du géant, au profit des épreuves de vitesse, le Super G (apparu au début des années 80) et surtout la descente, devenu le rendez-vous phare du Critérium. La face de Bellevarde est un défi aux audacieux, au même titre que la Streif de Kitzbühel ou le Hahnenkamm de Wengen. C'est aussi l'époque où Val d'Isère se met à l'heure suisse. Entre 1982 et 1988, les skieurs helvètes signent pas moins de huit victoires et 19 podiums, toutes épreuves confondues.
Un homme marque tout particulièrement son temps: Pirmin Zurbriggen. Le natif de Saas Almagell obtient son premier podium à 19 ans, en 1982, derrière ses compatriotes Luescher et Muller, qui sera son grand rival. Il égale ensuite Klammer en remportant lui aussi trois fois la descente, en 1984, 85 et 87. Seul Daniel Mahrer, encore un Suisse, le prive du quadruplé en 1986. Mais "Zubri" était bien comme chez lui à Val d'Isère.
4. Dans la modernité
Si Wengen et Kitzbühel sont bien les dieux de janvier, Val d'Isère reste l'incontournable étape de la Coupe du monde avant Noël. Là où les ténors du Cirque Blanc doivent impérativement répondre présent pour la première fois. Ses lettres de noblesse acquises, la piste Oreiller-Killy entre un peu plus dans l'histoire en 1992, à l'occasion des Jeux Olympiques d'Albertville. Une récompense pour la dévotion de l'endroit à la cause du ski.
Toutes les épreuves masculines s'y déroulent. Kjetil Andre Aamodt dompte le Super G, Alberto Tomba est la star du géant, et l'Autrichien Patrick Ortlieb prive d'un souffle Frank Piccard du titre suprême en descente. La frustration est d'autant plus grande dans le clan tricolore que le ski français n'a plus goûté à la victoire à Val d'Isère depuis 1970 et le succès de Russel en géant. Une éternité. Malgré tout son talent, Piccard restera le roi maudit de Val. Avant son argent olympique, il avait pris trois fois la deuxième place en Super G.
Il faudra attendre 1995 et Luc Alphand pour que la disette s'achève. "Lucho", héros d'une descente inédite en deux manches, rejoint cet hiver-là ses glorieux aînés, Killy, Duvillard et les autres. Depuis, il attend à son tour un successeur. Quel qu'il soit, le vainqueur de la descente de samedi prendra place dans un pan de l'histoire du ski. Profondément ancrée dans la mémoire alpine, mais désormais installée dans la modernité avec la perspective des Championnats du monde de 2009, Val d'Isère est tout simplement incontournable.
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