CHAMPIONNATS DU MONDE - Mayer, Happio, Lamote… Quelles chances de médailles françaises à Budapest ?

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L’année dernière à Eugene, seul Kevin Mayer était parvenu à décrocher une médaille dans le clan français. Mais l’or du décathlonien ne pouvait éclipser la disette tricolore. Cette saison, Mayer et ses compatriotes reviennent avec quelques espoirs, mais combien de médailles peut réellement viser la délégation française aux championnats du monde de Budapest (19-27 août) ?

L'immense joie de Kevin Mayer

Crédit: Getty Images

Faire mieux que l’année passée. Tel pourrait être l’objectif premier de la délégation tricolore qui s’avance aux championnats du monde de Budapest (19-27 août). A Eugene, en 2022, seul Kevin Mayer était venu sauver le bilan vierge de l’équipe de France grâce à son titre mondial en décathlon. Une maigre compensation.
Cette année, la fédération française d’athlétisme envoie au front 78 athlètes (42 hommes et 36 femmes) pour tenter de faire mieux qu’une médaille. Entre l’imperturbable Mayer, en quête d’un troisième titre, la jeunesse d’un Happio ou l’expérience d’une Lamote, quelques espoirs sont permis en terres hongroises, même si le record de 9 médailles à Paris en 2003 paraît bien inatteignable.

Kevin Mayer (décathlon)

Cela commence à devenir une habitude à l’approche des grands championnats : comment ne pas parler de Kevin Mayer en premier lieu à l’heure d’évoquer les chances de médailles françaises lors de ces Mondiaux de Budapest ? Unique médaillé, en or, lors des derniers championnats du monde à Eugene, le décathlonien tricolore est une nouvelle fois la tête de proue de la délégation française.
A 31 ans, la forme est encore bien présente et Mayer vise évidemment un troisième titre mondial avant les Jeux Olympiques de Paris l’année prochaine. Budapest fait donc office de répétition générale pour lui encore un peu plus que pour les autres, car il est rare de le voir disputer un décathlon en entier en dehors des gros championnats.
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Kevin Mayer abandonne après la première épreuve du Décathlon des Championnats d'Europe 2022 à Munich.

Crédit: Getty Images

Même lors des championnats de France à Albi il y a quelques semaines, le double champion du monde s’est jaugé en ne disputant que les épreuves de lancer de poids (15m26), de disque (46,92 m) et de saut à la perche (5,10 m). "(Au disque), j'ai pas fait le décathlonien, j'ai fait la course au record", a-t-il affirmé à L'Equipe.
Et à la perche, "j'ai fait un très bon échauffement, j'ai failli arrêter tellement je faisais de bons sauts à l'échauffement et qu'il y avait deux heures d'attente (avant d'entamer le concours)", et sachant qu’il n’avait réussi à dormir que deux heures la nuit précédente. Pour parfaire sa préparation, Kevin Mayer est ensuite allé s’entraîner quelques jours à Font-Romeu avant de revenir à l’INSEP.

Wilfried Happio et Ludvy Vaillant (400m haies)

"Il a stabilisé le niveau mondial et fait partie de l’escadrille des avions de chasse de la discipline la plus regardée". Les mots sont d’Olivier Vallaeys à RMC Sport, coach de Wilfried Happio (24 ans), spécialiste du 400m haies. 4e des derniers championnats du monde en déposant dans la dernière ligne droite le recordman du monde Karsten Warholm, le quintuple champion de France se verrait bien monter sur la boite cette fois-ci, malgré la rude concurrence.
Quelques semaines plus tard, le Français avait d’ailleurs confirmé en prenant la 2e place des championnats d’Europe. Tout proche du record de France de Stéphane Diagana à Eugene en 2022, Happio (record en 47”41) affirme avoir changé de dimension et veut assumer son nouveau statut aux Mondiaux, là où il faisait figure de révélation l’année dernière.
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Wilfried Happio.

Crédit: Getty Images

Mais attention à la concurrence au sein même du clan tricolore. La finale des derniers championnats de France a donné lieu à un mano a mano formidable entre Wilfried Happio et son compatriote Ludvy Vaillant (28 ans). Sorti en tête aux 300m, Vaillant avait quelque peu craqué dans la dernière ligne droite avant de perdre le titre. 4e des derniers championnats d’Europe, Vaillant détient un record en 48”26.

Benjamin Robert (800m)

A 25 ans, Benjamin Robert monte en puissance. L’année passée, le spécialiste du 800m avait échoué aux portes de la finale des Mondiaux à Eugene avant de se classer 5e des championnats d’Europe, quelques semaines plus tard, pour la première finale internationale de sa carrière.
Cette saison, le Toulousain a passé un nouveau cap. Lors des derniers championnats d’Europe en salle à Istanbul, Benjamin Robert monte sur son premier podium international en passant à trois millièmes du titre. Cette médaille d’argent le lance ainsi parfaitement vers les Mondiaux. Le plein de confiance est fait, d’autant qu’il a amélioré son record personnel en juin en courant en 1’43”48, un chrono qui lui aurait permis d’être champion du monde l’année dernière…
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Benjamin Robert lors des championnats d'Europe à Munich.

Crédit: Getty Images

Rénelle Lamote (800m)

Une énorme revanche à prendre. L’année dernière, Rénelle Lamote était arrivée à Eugene avec un statut d’outsider pouvant viser un podium sans paraître trop ambitieuse. Malheureusement pour elle, son aventure s’était conclue en demi-finale à cause d’un Covid dont elle n’avait eu connaissance qu’à son retour en France. "C'était une mésaventure mais elle en est sortie plus forte", confiait son coach Bruno Gajer à L’Equipe le mois dernier.
Son retour sur les pistes quelques semaines plus tard lui avait en effet permis d’acquérir une troisième médaille d’argent européenne à Munich.
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Renelle Lamote aux Jeux de Tokyo en 2021

Crédit: Getty Images

Cette saison, la préparation n’a pas été de tout repos pour l’athlète de 29 ans. Après avoir subi une entorse à la cheville, Rénelle Lamote n’a participé qu’à deux compétitions en juillet. Une 7e place à Chorzow puis une 6e à Londres en se rapprochant à moins d’une seconde de son record, qui date de 2022 (1’57”84). Il faudra une nouvelle fois que la Française relève la tête après la blessure pour imaginer voir un podium se dessiner.

Sasha Zhoya et Wilhem Belocian (110m haies)

Seulement 21 ans et une montée en puissance qui ne demande qu’à être concrétisée par une médaille mondiale. A Eugene, Sasha Zhoya découvrait encore les grands rendez-vous internationaux, mais cette saison, le Français a prouvé qu’il pouvait jouer avec les meilleurs. En atteste son deuxième titre sur 110m haies aux championnats de France d’Albi, ainsi que son chrono en 13”01, avec certes un vent très favorable, mais qui lui aurait offert le titre mondial en 2022.
Les voyants sont donc au vert pour le jeune tricolore qui n’a pour autant jamais brillé encore dans un grand championnat. A moins d’un an des Jeux Olympiques de Paris, qu’il a déjà évoqué à maintes reprises comme étant son objectif principal, Zhoya a l’occasion de changer de statut et de courir parmi les grands.
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Sasha Zhoya célèbre son titre de champion de France sur le 110m haies, le samedi 29 juillet 2023

Crédit: Getty Images

Lui a connu de nombreuses grandes compétitions mais une carrière également émaillée de blessures. Wilhem Belocian (28 ans) a pourtant une force de caractère qui lui a permis de revenir au plus haut niveau après quelques périodes sombres. Un retour au premier plan tellement probant que le Guadeloupéen a même établi son nouveau record personnel le 2 juillet dernier sur la piste en altitude de La Chaux-de-Fonds avec un temps de 13''07, faisant de lui le 3e meilleur performeur français de l'histoire sur 110 m haies.

Cyréna Samba-Mayela (100m haies)

Championne du monde en salle du 60m haies en 2022, Cyréna Samba-Mayela ne cesse de progresser. En extérieur, sur 100m haies, la Francilienne de 22 ans a remporté le titre lors des championnats de France à Albi en juillet, en établissant son nouveau record personnel en 12”68.
Samba-Mayela est donc sur une superbe lancée mais n’a jamais connu auparavant ni les Jeux Olympiques, à cause d’une blessure à l’échauffement à Tokyo, ni les Mondiaux. Mais à un an des Jeux de Paris, la 3e meilleure performeuse française de l’histoire sur 100m haies peut créer la surprise.
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Cyrena Samba-Mayela (France) a remporté le 60m haies des Mondiaux en salle de Belgrade, samedi 19 mars 2022.

Crédit: Getty Images

Et aussi…

Il ne faudra évidemment pas oublier la vétérante du lancer de disque Mélina Robert-Michon, vice-championne du monde en 2013, ou encore le champion de France du 5000m Jimmy Gressier.
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