Mais où va s'arrêter "l'extraterrestre" Alex Lanier ?

Encore demi-finaliste du All England la semaine passée, Alex Lanier n'en finit plus d'impressionner sur le circuit mondial du badminton. Le Caennais de 20 ans est d'ores et déjà arrivé à un niveau qu'aucun badiste tricolore n'avait encore atteint en simple. De quoi voir l'avenir avec envie, comme nous le confirme Léa Palermo, membre de l'équipe de France et consultante Eurosport pendant les Jeux.

Alex Lanier au All England 2025

Crédit: Getty Images

A une année près, il aurait pu être l'une de sensations des Jeux Olympiques de Paris 2024. Il n'était pas très loin d'y être d'ailleurs mais il était encore un peu trop jeune, alors que le ticket pour le tableau masculin a été décroché par Toma Junior Popov, juste devant son frère Christo. Mais depuis, Alex Lanier ne fait que parler de lui. Et marquer les esprits. "Il fait partie des extraterrestres dont on parle quand on regarde les autres pays. Les Chinois, les Danois… Mais là, il est bien Français", s'emballe Léa Palermo, consultante Eurosport durant les Jeux 2024 et membre de l'équipe de France. Ces derniers mois, le badiste normand passe des caps à vitesse grand V.
En août dernier, Alex Lanier avait déjà bluffé son monde en s'offrant l'Open du Japon. Une première pour un Français dans un tournoi Super 750 - l'équivalent d'un Masters 1000 en tennis -. Et depuis, le Normand de 20 ans ne cesse de confirmer. En octobre, il a battu Loh Kean Yew, champion du monde en 2021, pour atteindre les demi-finales de l'Open du Danemark (Super 750) après avoir écarté la référence Viktor Axelsen sur abandon. Et après avoir été sacré début février champion de France pour la première fois en séniors, il vient de remporter en mars l'Orléans Masters - un Super 300 – avant d'être demi-finaliste la semaine dernière pour sa première participation au All England, l'un des tournois les plus prestigieux du circuit.
Ce sont ses qualités également, tout simplement
Voilà le pensionnaire de l'INSEP désormais installé à la 10e place mondiale, lui qui est devenu le premier Français à atteindre à un tel classement dans l'histoire du badminton tricolore. Et l'une des clefs de cette réussite réside dans ses qualités physiques très au-dessus de la moyenne. "A 20 ans, c'est un ovni sur ce plan-là. A son âge, il est capable de tenir le rallye, de garder une puissance dans ses déplacements et dans ce qui sort de sa raquette sur une endurance de fou, raconte Léa Palermo, qui se prépare pour les Championnats d'Europe au Danemark (8 au 13 avril). Quand tu es face à un top 10 mondial, tout va plus vite, plus fort et est plus précis… Et lui, en fait, ce sont ses qualités également, tout simplement. Il est capable de pousser fort".
"Efficace", "consistant" et "très complet" ("Quand tu es dans le top 10 mondial, tu as forcément autre chose que ton physique, sinon ça ne suffit pas", décrit Léa Palermo), Alex Lanier s'est ainsi déjà fait un nom ces derniers mois dans le paysage du badminton mondial. Il est de plus en plus respecté et craint par les meilleurs joueurs du monde. Mais alors où peut-il s'arrêter alors qu'il a l'avenir pour lui du haut de ses 20 ans ? A-t-il les armes pour continuer d'écrire l'histoire du badminton tricolore et devenir numéro 1 mondial par exemple ?

"Il a tout ce qu'il faut pour être" numéro 1 mondial

Lui y songe en tout cas ouvertement. "Oui (ndlr : c'est un rêve). Numéro un mondial, c'est une preuve de consistance. (…) Il y a énormément de tournois donc être numéro un mondial est aussi la preuve qu'on a été le meilleur pendant toute l'année", a-t-il expliqué quand France Bleu l'a interrogé pour savoir si devenir numéro 1 était un rêve. "Ce n'est pas utopique. Lanier futur numéro 1 mondial, ce n'est écrit non plus encore. Mais en tout cas, il a tout ce qu'il faut pour l'être", estime Léa Palermo, qui prévient aussi des challenges à venir pour "rester au top" ("L'année prochaine, il va falloir qu'il défende ses points. Il y aura la gestion mentale, la gestion physique… Et il devra parvenir à être toujours efficient dans ce qu’il fait.")
Et cette année devrait permettre d'y voir encore plus clair avec les Championnats d'Europe en avril – "Avec ce qu'il a montré sur les derniers mois, il est largement capable d'aller chercher un titre de champion d'Europe", prévient la badiste tricolore – puis les Championnats du monde à Paris (25 au 31 août). Deux tournois qu'il a ciblés. "Quand on s'inscrit sur un tournoi et quand je décide de jouer, c'est pour gagner, spécialement sur des championnats d'Europe et des championnats du monde qui seront à Paris. (…) C'est l'objectif principal et on fera une préparation optimale pour être prêt justement pour ces Mondiaux", annonce-t-il à France Bleu. A suivre donc. Et de très près. Car la France possède un nouvel extraterrestre.
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