Basket | Premier dunk de la Française Dominique Malonga : pourquoi c'est capital
Par Julien Pereira
Mis à jour 31/10/2024 à 12:21 GMT+1
Elle s'appelle Dominique Malonga et mercredi, elle a réussi une prouesse technique rarissime : dunker en match officiel, lors de la victoire de l'ASVEL face à l'AEL Solemare (115-54) en Eurocoupe. Jamais une Française n'y était parvenue avant elle. Pour la jeune pivot, c'est un immense coup de projecteur. Et sans doute l'un des premiers faits marquants d'un nouveau phénomène.
Dominique Malonga aux Jeux Olympiques de Paris 2024
Crédit: Getty Images
On l'attendait, avec impatience, et la certitude qu'il finirait par arriver. Il est là. Le premier dunk d'une Française en match officiel est sorti des doigts de Dominique Malonga, mercredi soir, au gymnase Mado-Bonnet de Lyon, lors de la victoire de l'ASVEL face à l’AEL Solemare (115-54) en Eurocoupe. Et c'est tout sauf anecdotique.
Pour Malonga elle-même, d'abord : la joueuse de 198 centimètres tournait autour depuis plusieurs mois. Elle avait même failli le réussir dès le mois de juillet, lors d'une rencontre de préparation aux Jeux Olympiques des Bleues face à la Serbie, à la suite d'une passe aveugle de Marine Johannès.
C'était en fin de rencontre, alors que le match était plié, et la pivot de 18 ans avait sans doute manqué un peu de jus. "Il va finir par passer, d’autant qu’à l’entraînement, c’est du 100%, avait-elle alors confié à nos confrères de 20 Minutes. Je vais continuer à tenter et ça sera vraiment pour bientôt."
Une prouesse, même aux US
Ses premiers dunks à l'entraînement irriguaient déjà les réseaux sociaux depuis bien longtemps. Dès 2022, alors qu'elle n'avait que 16 ans, une vidéo avait complètement fait le buzz, jusqu'aux États-Unis. L'enjeu est là : parce qu'il en jette visuellement, le dunk est un coup de projecteur sur le basket féminin.
Y compris de l'autre côté de l'Atlantique, ce type d'action demeure une rareté. Depuis le premier inscrit par Lisa Leslie en 2002, seules quelques femmes ont déjà planté un dunk en match officiel de WNBA. Et Brittney Griner en est devenue la seule véritable spécialiste avec une petite trentaine de smashes en carrière.
C'est évidemment une question de biologie et de biomécanique. La taille moyenne des joueuses est largement inférieure à celle des hommes (199 cm en NBA contre 183 en WNBA) et la différence se joue aussi sur la détente verticale. Les hommes ont des compositions musculaires et hormonales leur permettant de s'élever plus haut (environ 80 cm, contre 50 à 60 cm pour les femmes).
Wembanyama au féminin
Voilà pourquoi un dunk sera toujours une prouesse, même si l'évolution des profils physiques incarnée par Dominique Malonga et d'autres, comme Rosanne Le Seyec (20 ans, 198 centimètres) laisse aussi entrevoir de nouvelles variations dans le jeu. Il n'en faut sans doute pas beaucoup plus pour éveiller la curiosité américaine, déjà très friande du potentiel tricolore.
Ce n'est donc pas un hasard si Tony Parker, patron de l'ASVEL, avait qualifié Malonga de "Victor Wembanyama au féminin" dès son arrivée au club. La Française est d'ailleurs candidate pour les premiers choix de la Draft WNBA en 2025, si ce n’est le premier étant donné son début de saison tonitruant avec Lyon (18.5 points, 10.3 rebonds et 2.3 contres par match cette saison). Et si sa capacité à dunker n'est qu'une qualité dans une panoplie bien plus large, elle pourrait largement participer à la construction d'un nouveau phénomène.
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