Getty Images

Avec le "micro ball", Houston veut révolutionner la NBA

Avec le "micro ball", Houston veut révolutionner la NBA

Le 25/02/2020 à 15:41

NBA - C’est le sujet du moment dans la ligue. Houston n’a plus de pivot et vit très bien avec cet état de fait. Mieux, les Rockets ont provoqué ce basculement de leur effectif vers ce "micro ball". Brillante idée pour les uns, nouvelle aberration des Texans pour d’autres, cette tentative, désespérée pour certains, a au moins le mérite de mettre un coup de fouet à la saison NBA.

"Micro ball". C'est la nouvelle expression à la mode en NBA. Le "tall ball", comprenez "jouer grand" a eu ses belles heures dans les 90's, le "small ball", soit "jouer petit", a eu les siennes récemment, le "micro ball", lui, n'est qu'une expérience toute récente. Une expérience menée par les Houston Rockets de Mike d'Antoni, James Harden et Russell Westbrook. Exit Clint Capela et quelques autres "grands" de l'effectif et bienvenue à des ailiers polyvalents tels que Robert Covington. Le laboratoire de Houston est en marche et de la réussite de son expérience dépend son avenir.

Dans "Book of Basketball", le podcast de Bill Simmons sur The Ringer, Steve Nash, amené à commenter l'opposition de style qui a confronté les Suns de Mike d'Antoni aux Spurs en finale de conférence en 2007, a eu ces mots : "C'est fascinant de regarder en arrière et de se dire 'pourquoi nous avons joué si doucement ?' " Vous n'auriez sans doute pas mis le Phoenix de la deuxième moitié des années 2000 et "doucement" dans la même phrase. La suite de son propos va vous éclairer.

D'Antoni et Morey les jusqu'au boutistes

"Le jeu n'était pas prêt, poursuit le double MVP. Nous n'analysions pas les choses de la manière extrême dont on le fait maintenant. C'était un peu nous contre la mode, les fans, les médias. On nous disait 'vous ne pouvez pas gagner de cette manière'. Il aurait fallu les ignorer et aller plus loin." Toute ressemblance avec une équipe entraînée par Mike d'Antoni en 2020 serait fortuite (ou pas).

Le qualificatif de jusqu'au boutiste colle parfaitement à la peau de Mike d'Antoni. Et en Daryl Morey - dont le nom doit vous êtes familier depuis ses tweets pro Hong-Kong à l'automne dernier - son manager général à Houston, il a trouvé un soutien de choix. Déjà pointé du doigt pour ses pluies de tirs à trois points soir après soir, Houston a franchi un cap supplémentaire quand il a envoyé Clint Capela, son pivot titulaire, vers Atlanta début février. Le pari ? Multiplier le nombre d'ailiers sur le terrain, y compris au poste de pivot. "Certains peuvent dire que c'est farfelu, mais non. C'est faisable", a assuré Mike d'Antoni.

L’exemple du death lineup des Wariors

Russell Westbrook (1,90 m), James Harden (1,96 m), Danuel House (1,98 m), Robert Covington (2,01 m) et P.J. Tucker (1,96 m) : voici le nouveau cinq majeur des Rockets. Pas un joueur à plus de 2,05 m sous la toise. "Quel était le meilleur cinq lors des cinq dernières années ?, a demandé D'Antoni aux journalistes en conférence de presse. Le 'Death Lineup' des Warriors." Ce "cinq de la mort", composé de Curry (1,90 m), Thompson (1,98 m), Durant (2,08 m), Iguodala (1,98 m) et Green (1,98 m), dont Kerr se servait pour faire basculer les matches, a marché sur la NBA entre 2016 et 2019. Ce "death lineup" a aidé à la conquête deux titres NBA (2017 et 2018). Houston peut-il atteindre ce sommet ?

Robert Covington et James Harden (Houston Rockets)

Robert Covington et James Harden (Houston Rockets)Getty Images

Voilà neuf matches que les Rockets ont basculé dans le "micro ball". Bilan, sept victoires pour deux défaites. Allons plus loin dans les chiffres pour tenter de mesurer l'impact de ce changement sur Houston. L'offensive rating (le nombre de points marqués pour 100 possessions), est passé de 113,6 à 116,5 alors que le defensive rating a régressé d'un point à 110,6 contre 109,7. Ce qui est plus inquiétant, c'est le pourcentage de rebonds capté par les Rockets. Déjà 22e en NBA avec 49% des rebonds par match sur la saison, Houston est dernier sur cette période de neuf rencontres (44,6%).

Jokic et Davis, cauchemars de Houston ?

Toujours est-il que cette équipe de Houston est à la fois un vent de fraîcheur agréable dans une saison régulière très monotone et un casse-tête permanent pour ses adversaires. Dans la nuit de dimanche à lundi, Utah et Rudy Gobert se sont cassés les dents. Le Français n'a pris que six rebonds et n'a marqué que 12 points alors qu'il aurait pu profiter de son énorme avantage de taille. A l'inverse, il a dû défendre sur Westbrook qui a terminé la rencontre avec 34 points et 6 rebonds. "Je ne suis pas sûr que ça ait très bien marché", a ironisé le MVP 2017 qui est le grand gagnant de ce nouveau système. Avaleur d'espaces, meilleur près du cercle, Westbrook affiche 32 points de moyenne sur la période en shootant à 51,9% et en tentant moins de tirs derrière l'arc (2,4 contre 4 sur l'ensemble de la saison).

Westbrook (Houston)

Westbrook (Houston)Getty Images

Mais ce n'est pas faire offense à Rudy Gobert que de dire qu'il n'est pas un pivot offensif. Comment Houston peut-il espérer lutter face à Nikola Jokic ou Anthony Davis ? Deux joueurs que les Rockets ont de grandes chances de croiser en Playoffs. Davis a posé 32 points et 13 rebonds le 6 février dernier mais Houston a gagné. On peut tout de même se demander comment les adversaires vont se comporter en Playoffs, sur une série en sept matches. Quand ils auront le temps de faire des ajustements. On peut ainsi se demander si P.J. Tucker ne va s'éreinter à force de défendre des joueurs à qui il rend 10 centimètres au minimum ? "On a une équipe un peu bizarre. On essaie de trouver la meilleure manière de les faire jouer, et nous pensons que c'est celle-ci", conclut D'Antoni pour qui s'adapter à l'adversaire ne semble plus être une option.

Il y a quelques saisons, Brad Stevens a théorisé un basket où les postes auraient quasiment disparu. Pour lui une équipe de basket est composé d'un meneur, de trois ailiers (tous capables de tenir le ballon) et d'un pivot. Cette nouvelle formule a peu à peu gagné des adeptes en NBA. La "mode D'Antoni" va-t-elle avoir le même avenir ? Rien n'est moins sûr. A moins que ce "micro ball" porte les Texans très loin en Playoffs.

Pariez sur le Basketball avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313