Vue d'Europe, la NBA ressemble souvent à un monde à part. De ce côté de l'Atlantique, une, deux, parfois trois entités se partagent les droits TV. Aux Etats-Unis, si ESPN et TNT sont les deux diffuseurs stars, chaque franchise a son décrochage régional. Tant et si bien qu'il y autant de commentateurs de l'actualité NBA qu'il y a de chaînes et autant de styles différents. Inside NBA, émission phare de TNT mise sur le grand public. Le quatuor Ernie Johnson, présentateur, flanqué de Shaquille O'Neal, Charles Barkley et Kenny Smith, joue sur l'humour et l'analyse abordable. Un ultime point qui agace de plus en plus les joueurs.
"Ces vieux feraient mieux d’aller profiter de leur retraite", a tancé Kevin Durant sur Instagram en commentant une publication qui se demandait pourquoi les jeunes prenaient si mal les critiques des légendes. Un peu plus tôt, LeBron James avait mis en opposition "haine gratuite" et "critiques constructives". Ambiance donc. Parlez-en à Donovan Mitchell, joueur de 4e année en constante progression qui a dû, en plein direct, répondre à un Shaq qui remettait en question son rôle de leader d'une équipe de premier plan. "J’ai dit ce soir à propos de toi que tu étais l’un de mes joueurs préférés, mais que tu n’as pas ce qu’il faut pour passer au niveau supérieur", a lancé O'Neal à l'arrière du Jazz qui sortait d'une prestation très solide. Sur le fond, l'ancien pivot a peut-être raison, sur la forme, c'est plus discutable.
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"Où joue-t-il ?" : Quand Barkley s'amuse de ne pas connaître les joueurs NBA

C'est bien là que réside le problème. Que Shaquille O'Neal critique l'énorme contrat de Rudy Gobert est une chose. Qu'il questionne le rôle de Mitchell peut s'entendre. Quand Charles Barkley demande à Paul George de réagir à un article de The Athletic qui le dépeint lui et Kawhi Leonard en divas ingérables, il est dans son rôle. Le problème, c'est souvent la forme. Que Shaq et Barkley ne connaissent pas Sergio Llull, Rudy Fernandez (qui a longtemps joué en NBA) ou Vassilis Spanoulis, tous cités en exemple par Luka Doncic, est déjà problématique. En revanche, Charles Barkley ne sache pas citer les équipes de Garrett Temple, James Johnson ou Solomon Hill, pourtant joueurs NBA depuis un certain temps, est plus embêtant.
Lors de ce jeu qui fait beaucoup rire le plateau, "Où joue-t-il ?", le quatuor semble s'amuser de sa propre inculture du paysage NBA actuel. Ernie Johnson a même proposé le nom de Marc Daigneault à Barkley. L'ancien ailier ne savait pas que celui-ci était le coach principal du Thunder. C'est au moins dérangeant pour un consultant qui se veut analyste. Son œuvre globale s'en trouve forcément dépréciée. Barkley, lui, reste fidèle à lui-même.
J'ai critiqué Kobe Bryant et LeBron James donc je ne vais pas faire autrement avec les joueurs d'aujourd'hui juste parce qu'ils sont sensibles
"Ma façon de faire n'a pas changé depuis 20 ans. Je vais faire mon boulot, être juste et honnête. J'ai critiqué Kobe Bryant et LeBron James donc je ne vais pas faire autrement avec les joueurs d'aujourd'hui juste parce qu'ils sont sensibles." Nous y sommes, la NBA d'aujourd'hui serait trop sensible. Une critique que l'on peut lier avec celle la jugeant trop "soft", pas assez dure. Barkley et O'Neal ne cesse de répéter qu'il l'écraserait. "Si 11 points (la moyenne supposée de Rudy Gobert) valent 200 millions de dollars, 38 en valent 600, non ?", demande le second au premier.
Plus que jamais, les interviews d'après-match ressemblent à des guet-apens. Certains choisissent de répondre en un seul mot pour abréger l'affaire. Kevin Durant par exemple. Et TNT, d'une certaine manière, obtient ce qu'elle veut : une image virale. Qu'il s'en cachent ou non, Shaquille O'Neal et Charles Barkley sont là pour ça. Parfois, ils font les clowns ou s'invectivent entre eux, d'autres fois ils s'en prennent aux joueurs.
A la retraite ou non, les deux ont toujours clamé leur liberté de parole. Avec certains dérapages surtout, pour l'un (Barkley) mais aussi quelques punchlines bien senties, surtout pour l'autre (O'Neal). Oui mais voilà, les mœurs évoluent, les réseaux sociaux ont explosé et leurs critiques, nombreuses (censées ou non là n'est pas le débat), sont reprises partout.
Aussi, ils donnent parfois l'impression de faire la pluie et le beau temps en NBA. Qu'un mot de leur part peut suffire à faire ou défaire une réputation. Que l'impression soit juste ou non, c'est comme ça, semble-t-il, que les joueurs le prennent. Et c'est pourquoi cette saison, difficile à bien des égards, marque une certaine rébellion de leur part. Au fond, c'est toujours ce même match qui se joue en NBA entre anciens et nouveaux. Et celui-ci devrait continuer jusqu'à la nuit des temps. Les seconds devenant les premiers dans un cycle infini.
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