Comme un symbole, c’est dans la salle de ses plus grands échecs, le Staples Center, que Chris Paul a enfin conjuré le sort. Une enceinte dans laquelle il a connu tellement de désillusions sous les couleurs des Clippers. Des blessures. Des matches ratés au pire moment. Des séries renversées alors que son équipe était au contrôle. Mais il n’y avait rien qui pouvait l’arrêter mercredi soir. Plus rien pour se mettre en travers de sa route vers les finales, un chemin si souvent obstrué depuis le début de sa carrière.
"J’étais en mission. Je suis tellement ému là, tout de suite. Tellement heureux pour mes proches. Et les Clippers font aussi partie de ma famille. C’est la franchise que je respecte le plus. Je serai toujours un Clipper. Mais ce groupe là (en pointant ses coéquipiers du doigt), ce groupe-là, ces gars-là… ils m’ont accueilli à bras ouverts dès le premier jour. Ça fait seize ans que je fais ça. Il y a eu des opérations, des défaites, des sales défaites. Mais ce soir, on va fêter ça", confiait le héros de la soirée, la larme à l’œil, au centre du parquet après la qualification des Suns. Le boulot n’est pas terminé mais Paul peut savourer. Il tient enfin son moment. Son opportunité après plus de quinze ans d’attente. Des occasions d’aller au bout, il en a eu quelques unes. Mais ça ne s’est finalement jamais passé comme prévu.

Chris Paul (Phoenix Suns)

Crédit: Getty Images

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Il s’est troué contre le Thunder en 2014, avec des rares erreurs commises lors d’une fin de match décisive. Il s’est blessé en 2015 quand les Clippers, qui menaient pourtant 3-1, ont finalement perdu en 7 manches contre les Rockets. Il s’est à nouveau blessé en 2016 et, pire, en 2018. Houston était sur le point d’achever Golden State et ses galactiques quand le maestro a été contraint de déclarer forfait pour les deux derniers matches. Deux rencontres gagnées par les Warriors pour filer vers le titre. Le futur Hall Of Famer a parfois manqué de chance. Mais il était écrit qu’il se qualifierait un jour pour les finales NBA. Il était écrit qu’il ne partirait pas avant d’avoir enfin pu découvrir l’atmosphère de ce stade de la compétition. Parce que cette fois-ci, le destin a penché en sa faveur.

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On aurait pu croire à un nouveau coup du sort quand il s’est blessé à l’épaule lors du premier match des playoffs contre les Lakers. Mais il a serré les dents. Il a continué à jouer malgré la douleur, même en ayant un impact réduit. Et ça a suffit contre des champions en titre eux-mêmes diminués par la cheville de LeBron James puis par le forfait d’Anthony Davis. Une fois bien rétabli, Chris Paul et les Suns n’ont fait qu’une bouchée des Nuggets du MVP Nikola Jokic, qui évoluaient sans Jamal Murray. Tout partait bien. Peut-être même trop bien. Bien que vacciné, CP3 a quand même… contracté le COVID-19, juste avant le coup d’envoi des finales de Conférence. Une contamination qui l’a poussé à respecter le protocole sanitaire de la Ligue et à assister de loin aux deux premiers matches contre les Clippers. Deux victoires de ses coéquipiers, qui tenaient à le faire pour lui. Puis il est revenu conclure cette série avec une prestation d’anthologie.
41 points, 16 sur 24 aux tirs, 7 sur 8 à trois-points, 8 passes décisives. Son record personnel égalé en playoffs. Sans doute le plus grand match de sa carrière. L’accomplissement d’un grand leader au sommet de son art. Le fruit d’une remise en question, aussi. Ses échecs multipliés aux Clippers et aux Rockets ont fini par le pousser à se regarder dans une glace. Non pas pour changer sa manière de jouer – il est l’un des cinq meilleurs basketteurs de tous les temps sur son poste – mais de se comporter. Son côté tyrannique ne passait pas avec des stars plus jeunes comme Blake Griffin ou James Harden. Il devait mettre de l’eau dans son vin. Et il a su le faire. D’abord à Oklahoma City, où il a servi de mentor pour Shai Gilgeous-Alexander, puis à Phoenix, où il est respecté et même adulé par Devin Booker, Deandre Ayton et tous ses camarades.
Ses coups de gueule restent fréquents mais il a su gagner en positivité pour aider ses coéquipiers à grandir avec à lui. Parce qu’il n’a sans doute jamais été aussi fort alors qu’il a passé ses 36 printemps. Ironique, pour un All-Star qui était considéré sur le déclin il y a deux ans. "Ne jamais sous estimer le cœur d’un champion", disait le légendaire Rudy Tomjanovich. Chris Paul n’a encore jamais été titré. Mais pour la première fois, tout s’aligne. Il reste en bonne santé au moment où, malheureusement c’est vrai, les autres stars se blessent. Non seulement il va disputer les premières finales de sa carrière mais en plus ses Suns partiront probablement favoris pour le trophée. Avec peut-être une première bague pour cimenter un héritage déjà massif. C’était le destin.
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