Les Clippers menaient trois manches à une contre les Nuggets au second tour des playoffs dans la bulle Disney. Bien partis pour aller défier leurs glorieux et dérangeants voisins les Lakers. Avec, peut-être au bout, le premier tour de l’Histoire de la franchise. Mais non. Ils ont craqué. Ils ont complètement lâché prise, concédant trois défaites de suite pour laisser Denver se faire pulvériser par LeBron James et compagnie. Un échec qui pourrait presque être perçu comme comique tant il semblait prévisible. Parce que le passé de "loser" de l’organisation continue de lui coller à la peau. Cette force mystique, invisible et qui semble pourtant frapper chaque équipe des Clippers de plein fouet à chaque fois qu’elle est enfin en mesure de toucher le Graal. "J’ai été riche, j’ai été pauvre, j’ai été gros, j’ai été maigre, j’ai été vieux et j’ai été au Hall Of Famer mais je peux dire que les Clippers ont toujours été nuls", balançait Charles Barkley il y a quelques jours, pour bien faire comprendre qu’il ne croyait pas aux chances de Kawhi Leonard et ses camarades.

Un groupe plus stable et plus serein

Et pourtant… cette saison, c’est peut-être la bonne. Ça pourrait ressembler à un discours que se répète inlassablement un supporteur de la franchise depuis que Chris Paul et Blake Griffin ont commencé à faire bondir les foules du Staples Center en 2012 (l’autre formation de Los Angeles avait-elle-même des soutiens avant cette époque ?). Mais il y a vraiment des raisons d’y croire. Parce que cette équipe est différente de celle de l’an dernier. Déjà, et c’est peut-être le plus important, elle a plus de vécu commun. Des mois passés ensemble, un échec collectif, le sentiment de vouloir se racheter mais aussi plus d’automatismes sur le terrain, plus de facilités, plus de complicité entre les joueurs et surtout entre les deux superstars, Leonard et Paul George. Revenons sur l’élimination de 2020 : après tout, combien de "supers équipes" créées à la hâte ont remporté le jackpot dès leurs débuts ? Doit-on rappeler que le Heat de LeBron James, Dwyane Wade et Chris Bosh a d’abord perdu les finales 2011 contre des Mavericks portés par Dirk Nowitzki et une escouade de vétérans ?
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Paul George

Crédit: Getty Images

C’est toujours mieux que de sortir au deuxième tour après avoir mené 3-1, c’est sûr. Mais cette défaite fait presque figure de rite de passage vers quelque chose de plus grand. Surtout que l’atmosphère du vestiaire a été assainie avec les départs de Lou Williams et Montrezl Harrell – qui avaient du mal avec certains privilèges accordés à PG et Kawhi – et l’arrivée de Serge Ibaka, l’un des meilleurs amis de Leonard en NBA. Ce groupe s’entend bien. Et rien que ça, ça peut faire une énorme différence quand il s’agira de tirer tous ensemble dans le même sens et de mener des luttes acharnées en playoffs. On l’a vu dans la bulle : les collectifs dont les joueurs étaient très proches (Denver, Miami) sont allées très loin quand d’autres ont explosé en plein vol.

Les Clippers, la meilleure attaque de l’Histoire

Mais même au-delà des limites du locker room, les Angelenos sont tout simplement plus forts. Plus complets. Plus tranchants. Plus efficaces. Les adjectifs et superlatifs ne manquent pas. L’identité même de l’équipe est mieux définie autour de ses deux cadres. Les deux sont d’ailleurs dominants car mieux mis en valeur par les choix tactiques de Tyronn Lue, qui a remplacé Doc Rivers sur le banc. Les Clippers jouent plus lentement que tout le monde ou presque, pour justement permettre à leurs stars de prendre le dessus sur demi-terrain. Ils ont les atouts pour ça. Ils sont au sommet de leur art et de leur forme physique. Ça se lit dans les statistiques puisque Paul George culmine à 23 points, 47% aux tirs, 43% à trois-points, plus de 6 rebonds et 5 passes tandis que Kawhi Leonard est lui à 26 points, 51%, 39% derrière l’arc, plus de 6 rebonds et 5 passes également. Mis dans de meilleures dispositions, il peut rappeler à tous qu’il était considéré comme le joueur numéro un en NBA après le titre des Raptors en 2019.

Paul George

Crédit: Eurosport

Lui et son acolyte affichent donc des chiffres dignes d’un MVP. Et ensemble, sur le terrain, il forme tout simplement le troisième meilleur duo de la ligue avec un différentiel de +15,8 points sur 100 possessions. Seuls Joel Embiid et Ben Simmons (+15,9) et Rudy Gobert et Joe Ingles (+18,1 !) font mieux. Et dans leur sillage, les Clippers ont tout simplement assemblé l’une des meilleures attaques de… tous les temps ! Ils marquent 117,7 points sur 100 possessions. 117,7, c’est le meilleur rating de l’Histoire ! Même les Nets de Kevin Durant, James Harden, Kyrie Irving (et LaMarcus Aldridge, Blake Griffin et compagnie) ne plantent pas autant. En fait, avec les additions de Serge Ibaka et Nicolas Batum, L.A. s’est constitué une armada beaucoup plus polyvalente que celle de l’an dernier. Des deux côtés du terrain en plus ! L’Espagnol est l’un des éléments majeurs de ce succès. Il permet d’aligner un intérieur capable de défendre à la fois sur Nikola Jokic tout en étirant les lignes en attaque. Lue dispose de suffisamment de joueurs mobiles pour jongler entre un cinq de petite taille et une configuration plus traditionnelle. Il y a du talent à tous les postes. Et hormis le Jazz et les Suns, deux franchises nettement moins expérimentées au très haut niveau, les Clippers sont les seuls à se hisser à la fois dans le top-dix NBA en attaque (1er) et en défense (10ème). Ils n’ont aucune vraie lacune.

Enfin du mental et du leadership ?

Enfin si. Même si elle est plus abstraite et pourtant plus importante. Cette faiblesse, c’est le mental. Il est là, le nerf de la guerre pour cette franchise. Les Clips auront-ils enfin le mental assez solide pour aller au bout ? C’est le premier contre-argument présenté par tous ceux qui restent sceptiques. Sans doute à raison en plus. Les hommes de Tyronn Lue sont tout à fait à même de sombrer une fois de plus. Mais vaudrait mieux ne pas trop les sous-estimer. Surtout depuis qu’ils ont fait venir Rajon Rondo après la deadline. L’ancien All-Star était cataclysmique aux Hawks, où il affichait à peine 3 points et 3 passes. Mais depuis qu’il est de retour à Los Angeles, il est remonté à 7 pions et 5 caviars de moyenne. Parce qu’il aime les spotlights. Il aime les matches à enjeu. Et un Rondo en playoffs est un joueur terriblement précieux pour les siens. Encore plus pour les Californiens, à qui il manquait justement un vrai gestionnaire.
Mais c’est essentiellement son apport dans le vestiaire qui nous intéresse ici. Le vétéran de 35 ans sait comment cadrer un groupe. Il sait tirer le meilleur de ses coéquipiers, même les plus talentueux d’entre eux. Leonard n’aime pas nécessairement donner de la voix et poser le coup de pression nécessaire par moment. Rondo, lui, il le fait. Et parfaitement. Il va donner du peps et même un sens à cette équipe. Il va montrer la voie à suivre. Il connait le chemin. Ne cherchez plus les grands favoris pour le titre. Ils sont là, devant vous, à Los Angeles. Et ce ne sont pas les Lakers.
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