Arbitrage et théories du complot : la NBA a laissé s'installer un gros problème
Eurosport sur GoogleQuelques actions du match 5 remporté par le Thunder face aux Spurs (127-114) la nuit dernière ont encore alimenté les éternels débats sur l'arbitrage en NBA. S'il n'a évidemment pas décidé lui-même du sort de la rencontre, le trio d'hommes aux sifflets s'est fait remarquer par des décisions ubuesques, nourrissant toujours les mêmes théories nauséabondes.
Wembanyama : "Il nous reste encore six victoires avant de nous reposer"
Video credit: Eurosport
Un simple bug ? Un salarié fan du Thunder et très optimiste ? Quelques heures avant le match 5 entre Oklahoma City et San Antonio, certains internautes ont remarqué une nouvelle catégorie sur le NBA Store, une catégorie spéciale finales. On y trouvait logiquement les Knicks, mais aussi… le Thunder. Suffisant pour que certains y voient une série jouée d'avance. Ajoutez-y un arbitrage encore peu cohérent lors du succès d'OKC et vous obtenez les mêmes débats. En laissant s'installer ce problème, la ligue ne s'est-elle pas tirée elle-même une balle dans le pied ?
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La nuit dernière, ce sont plusieurs actions à l'avantage du Thunder qui ont cristallisé les critiques. Un contre illégal évident mais oublié, une perte de balle donnée à Wembanyama alors que le ballon avait touché le pied de Chet Holmgren avant de sortir du terrain, une révision vidéo demandée par Mitch Johnson, le coach texan, ignorée… Ce dernier a même écopé d'une faute technique après deux nouveaux lancers-francs offerts à Shai Gilgeous-Alexander pour un contact très, très léger. Ce mercredi matin, les réseaux sociaux regorgent de montages censés prouver que les arbitres ont été, au mieux catastrophiques, au pire manipulés dans ce match.
Nous n'avons pas le luxe de défendre comme eux
Ces théories ne sortent pas de nulle part. D'abord, et c'est sans doute le plus important ici, le Thunder est réputé pour ne pas être arbitré comme les autres équipes. Collectif physique, il a l'une des meilleures défenses de la NBA. Le tout en usant d'une stratégie agressive qui ne poserait aucun souci si de l'autre côté, l'attaque d'OKC était arbitrée de la même manière… "Nous n'avons pas le luxe de défendre comme eux, d'être aussi physique", a justement pointé Stephon Castle, le coéquipier de Victor Wembanyama à San Antonio.
Le champion en titre est réputé pour être une équipe qui bénéficie de plus de lancers-francs que les autres, ce qui ne résiste pas à l'étude des chiffres, OKC pointant au 11e rang en Playoffs, loin derrière Denver et même San Antonio. Il en va de même pour Gilgeous-Alexander, à qui on reproche d'avoir la chute facile - ce qui n'est pas tout à fait faux, le Canadien ayant compris que la manière de scorer la plus efficace est bien d'aller aux lancers-francs -, mais qui va moins sur la ligne que Luka Doncic et juste un peu plus que Paolo Banchero ou Devin Booker.
Arbitres imparfaits et IA
De tout temps, les stars NBA ont bénéficié de coups de sifflets que les autres n'avaient pas, ce qui ne dérangeait pas grand monde dans une ligue où les rites de passages ne sont pas un mythe. Le problème depuis quelques années, c'est que l'arbitrage est devenu d'une incohérence criante. Mettez deux arbitres dans la même situation et ils l'analyseront de deux manières différentes, ce qui est inhérent à la fonction évidemment mais qui est plus prégnant en NBA qu'ailleurs. Les feintes dont "SGA" raffolent sont, par exemple, un sujet de discorde aux États-Unis et au Canada.
"Les arbitres ne sont pas parfaits, ils ne voient pas toutes les fautes, rappelle l'intérieur du Thunder, Isaiah Hartenstein. Si c'est ce qu'on veut, il faut trouver une intelligence artificielle mais alors les matches vont durer cinq heures". Après chaque match, la NBA publie ce qu'elle appelle "Last Two Minutes reports" pour traquer les éventuelles erreurs dans le money-time, et les reconnaître le cas échéant. L'enfer étant pavé de bonnes intentions, celle-ci ne fait que souligner les erreurs d'arbitres qui, de toute façon, ne pourront jamais revoir chaque action au ralenti.
Une double crise
La NBA traverse en vérité une double crise. D'abord, son arbitrage manque de cohérence. A trop vouloir protéger les attaquants, elle a créé d'innombrables situations à interpréter et l'on peut se demander si elle n'a pas simplement complexifié l'arbitrage à une époque où, qui plus est, chacun peut commenter les décisions arbitrales, pas seulement chez les médias dits traditionnels.
Mais ce qui rend le moment si nauséabond à certains moments, c'est avant tout la crise de confiance. Que les annonces des arbitres de tel ou tel match soient scrutées pendant ces Playoffs est évidemment un signe. Avant le match 5, on pensait que la présence de Tony Brothers offrait la victoire au Thunder. Avant le match 6, on imagine que la NBA va nommer Scott Foster pour emmener San Antonio et OKC vers un match 7. Un match à la vie à la mort qui ravirait la ligue et ses diffuseurs. Tout était écrit à l'avant, promis, juré.
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