Des cartons, une frayeur et "faim de duels" encore plus durs : première série et première victoire pour Victor Wembanyama

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Première série gagnée par Victor Wembanyama, dont les San Antonio Spurs ont éliminé les Portland Trail Blazers en remportant le Match 5 (114-95) mardi soir. Le Français et ses coéquipiers, dont la plupart découvraient les playoffs, ont su tenir leur rang et font toujours office de candidats très crédibles pour les finales NBA.

Victor Wembanyama après le match 5 contre Portland.

Crédit: AFP

Veni, vidi, vici. Victor Wembanyama est sorti vainqueur de la toute première série de playoffs de sa carrière. Sans surprise, la franchise de San Antonio, tête de série numéro deux à l’Ouest après avoir remporté 62 matches de saison régulière, a disposé des Portland Trail Blazers, qualifiés par le play-in.
Une opposition bouclée devant leurs supporters avec une quatrième victoire en cinq manches (114-95), synonyme de ticket pour le deuxième tour de la compétition. Des débuts réussis pour la superstar française, rapidement acclimatée à l’atmosphère des playoffs avec une pointe historique à 35 unités en ouverture avant de finalement dominer les deux côtés du terrain, comme à son habitude.
Le natif du Chesnay s’est offert un nouveau double-double dans ce Match 5, 17 points et 14 rebonds, tout en ajoutant 6 contres comme lors de la rencontre précédente. Les Blazers ont buté sur la tour de contrôle des Spurs, à l’image de ce flotteur de Deni Avdija renvoyé par-dessus la planche (!) sous les yeux épatés du papa Wembanyama. Sans forcément être le point d’ancrage offensif de son équipe sur cette rencontre, le jeune homme a constamment pesé pour mener son club à une première série remportée depuis 2017. Il termine avec 21 points à 58% de réussite aux tirs, 53% à trois-points, 8,8 rebonds et 4 contres de moyenne en seulement 28 minutes sur les quatre matches qu'il a joués.
De quoi s'attirer les louanges de Shaquille O'Neal, dithyrambique à son sujet alors qu'il n'est pas toujours tendre avec la nouvelle génération : ”Je pense que Wemby est le premier pivot parfait jamais créé. Il peut tirer les lancers francs, défendre, attaquer. C’est un super joueur d’équipe. Je ne prends pas souvent du plaisir à regarder les pivots jouer aujourd’hui, mais lui joue de manière tellement parfaite que je l’accepte.”

Le protocole commotion, seul vrai frein à Wemby

Un vrai bon test pour Victor Wembanyama et son équipe, encore inexpérimentée à ce niveau. Portland n’était pas assez fort pour vraiment inquiéter San Antonio mais l’équipe de l’Oregon, entraînée par l’ancien coach parisien (et ex-joueur des Spurs) Tiago Splitter, présentait un profil défensif intéressant pour forcer les éperons à s’ajuster à différents types de schémas. C’est d’ailleurs le premier élément retenu et mis en avant par l’intérieur All-Star au micro de la télévision américaine après la qualification : "On a appris que l’on peut surmonter les difficultés au sein même d’une rencontre", a souligné Wembanyama.
Même en gagnant 4-1, San Antonio a dû répondre à l’adversité. Les Spurs ont été poussés à réagir après avoir perdu le Match 2 à domicile. Ils ont de suite riposté avec une victoire à l’extérieur lors du duel suivant. Menés de 19 points en première mi-temps dans le Match 4, ils sont revenus des vestiaires beaucoup plus conquérants pour rapidement refaire leur retard en étouffant les Blazers pour finalement s’imposer assez aisément et faire le break dans la série. Ils l’ont emporté à chaque fois par 12 points d’écart ou plus. Wembanyama s’est lui retrouvé marqué un temps par un pivot lourd comme Donovan Clingan, un temps par un athlète bondissant comme Robert Williams. Le petit mais costaud Jrue Holiday l’a parfois gêné, tout comme un Toumani Camara long et mobile. Autant de profils différents et autant d’ajustements du joueur et du staff mené par Mitch Johnson.
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Victor Wembanyama (San Antonio Spurs), victime d'une commotion cérébrale face à Portland

Crédit: AFP

Au final, personne n’a vraiment su ralentir le Français. Si ce n’est… la NBA, et son protocole réservé aux commotions cérébrales. Tout aurait pu basculer dès les premières minutes du deuxième match de la série quand, sur un drive vers le cercle, Wembanyama est tombé en heurtant le parquet de plein fouet avec son menton et son visage. Sonné un moment, il était rentré aux vestiaires sans revenir par la suite. C’est la seule rencontre perdue par les Spurs.
Après avoir eu le feu vert des médecins de sa franchise, l’intéressé espérait jouer le Match 3 mais la NBA a mis son véto, même après une consultation supplémentaire auprès d’un neurologue indépendant. Une décision qui a agacé le joueur. Ce dernier l’a fait savoir en n’hésitant pas à critiquer ouvertement les instances dirigeantes. "Les Spurs ont fait un super boulot, mais je ne suis pas content de la façon dont le protocole a été géré par d'autres parties prenantes. (…) Je suis très déçu."
J'ai encore faim de duels plus difficiles
Son absence a permis de rappeler que cette équipe de San Antonio est aussi capable de gagner sans lui. Il est la pierre angulaire du projet mais il n’est pas esseulé. Stephon Castle a délivré une performance à 33 points lors du Match 3 remporté à l’extérieur. Dylan Harper a eu ses moments. De’Aaron Fox a haussé son niveau de jeu pile au moment où les siens en avaient le plus besoin.
C’est exactement ce pourquoi les Spurs l’ont fait venir en cours de saison dernière. Il est arrivé avec un statut, celui d’ancien "franchise player" et lauréat du trophée de joueur le plus décisif en 2023. "Il sait parfaitement hausser son niveau de jeu", notait Wembanyama après la qualification. Il a effectivement assuré dans le money time des matches 4 et 5. Preuve que lui aussi était prêt.
Les Spurs vont maintenant pouvoir se reposer. Leur géant promet déjà de "regarder tous les matches" pour préparer la suite. "Cette série était une bonne manière d’entrer dans les playoffs. On a gagné de l’expérience. J’ai encore faim de duels plus difficiles", poursuivait l'ancien joueur de Nanterre. Et ça tombe bien puisque San Antonio défiera au prochain tour soit les Nuggets du triple MVP Nikola Jokic, soit les Timberwolves de son compatriote Rudy Gobert. De nouvelles belles occasions d’apprendre sur le tas.
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