Finales NBA San Antonio - New York | De Tim Duncan à Victor Wembanyama, une histoire de transmission chez les Spurs

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Mercredi soir, la nouvelle génération des Spurs va découvrir les Finales NBA devant son public de San Antonio. Vingt-sept ans après les premières, la franchise texane affronte de nouveau les New York Knicks. Le duel avec la Big Apple marquera le début de l'ère Victor Wembanyama comme ce fut le cas pour Tim Duncan en 1999. A San Antonio, une époque en chasse une autre mais la culture demeure.

Wembanyama : "C'est comme si on construisait un château, et c'est juste le hall d'entrée là"

Video credit: Eurosport

C'est drôle comme, parfois, les choses sont bien faites. Qui aurait pu dire il y a quelques mois que les San Antonio Spurs joueraient les Finales NBA cette saison ? Qui aurait pu dire, il y a quelques semaines quand Atlanta menait 2-1 au 1er tour, que les New York Knicks les y attendraient ? Dans une sorte de bégaiement de l'histoire, Victor Wembanyama et les siens vont imiter Tim Duncan et les autres, en Finales il y a 27 ans face à la même équipe de New York. Un clin d'œil dans une franchise où la transmission n'est pas la moins importante des valeurs.
S'il fallait résumer la franchise quintuple championne NBA à un homme, ce serait évidemment Gregg Popovich, le manager de quelques années, l'entraîneur de toujours et désormais "El Jefe". Sa santé défaillante l'ayant contraint à prendre du recul au début de la saison dernière, "Pop" est désormais directeur des opérations basket mais qu'importe le titre, tant qu'il peut être là dans la coulisse.
"Je ne sais pas ce que cette qualification signifie pour lui car comme entraîneur, il a quasiment plus d’expérience que n’importe qui. Il a traversé tellement de choses dans sa carrière… Il traverse encore tellement de choses aujourd’hui dans sa vie personnelle, et il vit probablement des choses que nous ne pouvons même pas imaginer… Donc j’ai besoin de l’appeler. J’ai besoin de le voir. J’ai besoin de lui parler. Parce qu’il n’y a aucun moyen pour moi de comprendre ce qu’il ressent en ce moment."

Popovich vit et vivra dans ces murs

Questionné sur celui qui restera comme le premier entraîneur de sa vie en NBA, Victor Wembanyama est apparu ému, excité aussi à l'idée d'échanger avec lui sur cette nouvelle étape validée. Le Français serait-il le même joueur, le même homme s'il n'avait pas eu la chance de croiser celui qui, un jour de l'été 1997, est parti seul aux Îles vierges pour rencontrer celui qui deviendrait une légende, un certain Tim Duncan, pour lui parler de tout sauf de basket ? Gregg Popovich est le gardien d'un temple où l'effort, la discipline sont des vertus immuables, où l'expression "Pound the Rock" (marteler la pierre) est inscrite dans le couloir qui mène au vestiaire du Frost Bank Center.
Ici comme ailleurs, vous ne serez jamais seul et bien qu'il ne soit plus le coach, Popovich traîne souvent au centre d'entraînement, s'asseyant avec l'un des nombreux jeunes qui composent cet effectif. "Si tu veux travailler, il y a plein de gens prêts à t'aider ici. J'ai eu cette impression dès le premier jour", a dit un jour Wembanyama. Juste après sa draft, celui-ci avait dîné avec Tim Duncan, David Robinson, Manu Ginobili et Sean Elliott, soit la fine fleur des légendes de la franchise. 

Duncan - Wembanyama, filiation évidente

Duncan, l'un des 10 meilleurs joueurs de l'histoire NBA, a souvent travaillé avec le Français depuis trois ans. Discret, peu loquace dans la presse comme ailleurs, celui-ci est un modèle pour un Wembanyama qui marche sur ses traces, et pas seulement sur le parquet. Quand l'ancien intérieur des Spurs évoque son héritier, on jurerait qu'il parle de lui tant la définition lui conviendrait à la perfection :
"Quand il est revenu de sa blessure, il n'a rien dit. Il a travaillé, il voulait bosser avec les plus grands, leur poser des questions, pouvoir douter et trouver sa propre voie. Ça m'impressionne parce que le talent, c'est quelque chose de commun finalement. Cette mentalité à l'inverse ne l'est pas ; pas du tout. Ses adversaires essaient d'entrer dans sa tête, de le pousser, de le toucher. Il ne réagit pas, il revient au combat sans émotion, sans faire du bruit, juste du contrôle".
"Je ne dirais pas que les avoir autour de moi est un poids, c'est plutôt apaisant", souligne le Français qui n'est d'ailleurs pas le seul à bénéficier de la présence des anciens. Tout juste arrivé l'été dernier, Dylan Harper, excellent dans ces Playoffs, avait été agréablement surpris de croiser, par hasard, Popovich ou Duncan au centre d'entraînement. "Je me disais : 'peut-être qu'ils sont là seulement aujourd'hui ?', racontait-il. Ils me disent que non, qu'ils sont là tout le temps. On parle des Spurs, de leur culture…".

Robinson, Ginobili…

Arrière gaucher soyeux comme l'était Manu Ginobili, le fils de Ron, quintuple champion NBA, notamment avec les Bulls de Michael Jordan, bénéficie des conseils de l'Argentin, lui aussi très présent à San Antonio. "C'est à lui que je parle le plus, confiait-il à l'approche de sa première saison NBA. Au niveau du jeu, de la vitesse et de la manière dont il s’est adapté. J’ai traîné avec Ginobili chaque jour depuis que je suis ici. Je passe mon temps à lui poser des questions."
L'omniprésence des anciens n'est pas la dernière raison pour laquelle les Spurs pourraient bientôt égaler les Bulls et leurs six titres NBA. Ce n'est pas un hasard si, bien que chanceuse à la draft, la franchise s'est relevée aussi vite après quelques années d'errance très logique à la fin de la glorieuse ère précédente. Mercredi soir, Duncan, Ginobili et Robinson seront encore dans le public et celui-ci fera un bruit monstre à chacune de leur apparition sur les écrans. De quoi motiver un peu plus Wembanyama et les autres qui ont une première occasion d'écrire leur propre légende.
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