NBA | Game 7, Wembanyama MVP, décollage express : pourquoi la qualification des Spurs en finale est exceptionnelle à plus d'un titre
Par Loris Belin
Mis à jour 31/05/2026 à 15:41 GMT+2
Les Spurs ont réussi une performance retentissante en se qualifiant pour la finale NBA suite à leur victoire samedi sur le parquet du Thunder. Les coéquipiers de Victor Wembanyama joueront le titre contre New York, un scénario presque insensé il y a encore quelques mois. Et qui restera d'ores et déjà dans les annales de la ligue pour bien des raisons.
Wembanyama : "C'est comme si on construisait un château, et c'est juste le hall d'entrée là"
Video credit: Eurosport
Dominer le champion sortant chez lui au Game 7, le test ultime est réussi
Pour avoir le droit à leur nom sur l'affiche de la finale NBA, les Spurs pouvaient difficilement rêver d'un contexte pareil. San Antonio devait non seulement gagner un Game 7, le frisson absolu en playoffs. Il devait aussi le faire à l'extérieur, histoire d'ajouter de relever un peu plus le défi. Plus costaud encore, l'adversaire se nommait Oklahoma City. Le Thunder était le grand favori, champion en titre, et meilleur bilan de la saison régulière. Pas encore exactement un Olympe du basket, mais une montagne qui y en a parfois pris les airs depuis deux ans. Les Spurs l'ont gravie, domptée même, sans crainte, ni remords.
Ils deviennent la neuvième équipe à réussir pareille performance, la troisième déjà dans cette décennie de totale incertitude après les Boston Celtics en 2020 chez les Toronto Raptors, et les Minnesota Timberwolves vainqueurs chez les Denver Nuggets en 2024, tous deux en demi-finale de conférence. Cette réussite des Spurs est d'autant plus marquante qu'OKC n'en était pas à son coup d'essai. Sur la route de leur titre la saison passée, Shai Gilgeous-Alexander et consorts avaient remporté un Game 7 devant leur public en demi-finale de conférence contre Denver, puis en finale contre Indiana.
Parmi ces vainqueurs hors de leurs bases pour ce match à la vie à la mort contre le champion sortant, deux seulement sont allés au bout : Philadelphie en 1982 et Boston en 1968. Deux équipes alors au cœur d'une période faste, les Celtics avaient notamment remporté tous les titres de 1959 à 1966. Loin, très loin des Spurs 2026, qui n'avaient plus été en playoffs depuis sept ans.
En finale un an seulement après avoir manqué les playoffs
San Antonio a réussi un petit exploit. Alors que l'on attendait la franchise texane en progression cette année, et viser une qualification en playoffs, les Spurs ont grimpé les marches quatre à quatre. Absents des phases finales la saison dernière, les voilà directement à jouer le titre NBA. Ce n'est pas une première dans l'histoire, loin s'en faut, puisque c'est la 17e fois qu'un tel scénario se produit. Mais le cas des Spurs est un peu à part dans la longue histoire de la NBA.
Certaines équipes connaissent une année sans la faute aux blessures, à l'image des Warriors titrés en 2022 en étant revigorés par le retour de Klay Thompson. D'autres se retrouvent propulsées sur le devant de la scène par l'arrivée d'un ou de plusieurs joueurs qui changent la donne avec des exemples à foison : Chris Paul avec Phoenix en 2021, Jimmy Butler avec Miami en 2020, LeBron James et Kevin Love à Cleveland en 2015, et plus encore Kevin Garnett et Ray Allen, champions 2008 quelques mois après leur arrivée à Boston. Rien de tout cela n'a eu lieu à San Antonio.
Cette qualification, c'est l'histoire d'une progression par étapes. La première saison complète de De'Aaron Fox à San Antonio (récupéré dans un échange début 2025), ou encore la draft de Dylan Harper et Carter Bryant, membres déjà importants de la rotation, ne sont évidemment pas étrangers à ce bond en avant. Mais c'est surtout le travail de construction méthodique de la franchise, à peine perturbée par la fin précipitée de Gregg Popovich sur le banc, qui est récompensé par cette ascension vitesse grand V. Jamais une équipe ne s'était qualifiée pour les Finals avec deux meilleurs marqueurs en finale de conférence - Victor Wembanyama et Stephon Castle - âgés de 22 ans et moins.
Les Spurs vont désormais tenter de devenir la septième franchise à être sacrée un an après avoir regardé les playoffs depuis leur canapé. Tous ces précédents champions avaient à leur tête un joueur de très haut niveau : trois MVP (Stephen Curry avec les Warriors en 2022, LeBron James avec les Lakers en 2020, Bill Walton avec les Blazers en 1977), et deux membres du club des 75 meilleurs joueurs de l'histoire établi par la NBA en 2021 (Paul Pierce avec les Celtics en 2008, et Rick Barry avec les Warriors en 1975). Un possible très bon présage pour l'avenir de Victor Wembanyama.
Wembanyama, MVP précoce
Cela ne le consolera sans doute pas d'avoir terminé à ses yeux seulement 3e du titre de meilleur joueur de la saison. Mais Victor Wembanyama a au moins ajouté une ligne à son palmarès individuel samedi. Le Français a été logiquement élu MVP de la finale de la Conférence Ouest, avec des statistiques ronflantes (27,3 points à 48% de réussite dont 40% de loin, 10,9 rebonds, 3,1 passes et 2,7 contres de moyenne) et un impact considérable sur l'attaque d'Oklahoma City. Cette récompense étant encore assez récente (créée en 2022), difficile de placer "Wemby" dans l'histoire face à cette référence. Elle permet toutefois de donner un peu de perspective à la jeunesse de la star des Spurs au moment d'atteindre de pareilles hauteurs.
A 22 ans et 147 jours, Wembanyama devient le plus jeune récipiendaire du Magic Johnson Trophy, offert aux MVP de la finale de l'Ouest, et même le plus jeune tout court toutes conférences confondues. Jayson Tatum avait 24 ans en 2022 quand les Celtics s'étaient hissés en finale. Mais il disputait alors sa cinquième campagne de playoffs. Les plus "novices" de ces MVP de finales de conférence, Luka Doncic avec Dallas en 2024 et Shai Gilgeous-Alexander avec Oklahoma City en 2025, en étaient à leur quatrième participation. Une expérience presque incommensurable en comparaison avec le bizuth Wemby, qui apprend sur le tas la recette vers la gloire.
L'intérieur tricolore ne battra toutefois pas le record du MVP des Finals le plus jeune de tous les temps si les Spurs vont au bout de leur folle épopée. Celui-ci restera la propriété de… Magic Johnson, seul rookie à avoir été élu meilleur joueur de la finale avec les Lakers en 1980, à 20 ans et 276 jours. Il pourrait toutefois avoir dans une quinzaine de jours un nouveau dauphin. Ceux actuels ? Kawhi Leonard et Tim Duncan, tous les deux titrés avec San Antonio (tiens, tiens…) à 22 et 23 ans.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité