NBA - Déjà titrés en NBA Cup, à l'aise dans la conférence Est : est-ce que 2026 sera l'année des New York Knicks ?
Par Antoine Pimmel
Publié 28/12/2025 à 09:39 GMT+1
En quête de leurs premières finales NBA depuis 1999, les New York Knicks ont de vraies chances de sortir vainqueurs de la Conférence Est cette saison. Déjà récompensée par une victoire en NBA Cup, l’équipe est sans doute arrivée dans sa version la plus complète depuis des années et elle a une voie toute tracée vers les finales. Alors pourquoi ne pas se remettre à rêver vraiment d’un sacre ?
Karl Anthony-Towns contre Toronto en NBA Cup, en 2025.
Crédit: Imago
"Put***, est-ce que ça ne fait pas du bien de le voir le mot ‘champion’ écrit sur un t-shirt ?" Le ton plein d’enthousiasme de Karl-Anthony Towns suffit à répondre à sa propre question, de toute façon rhétorique. La NBA Cup est peut-être un tournoi tout neuf qui ne "compte pas" réellement dans le palmarès des franchises, les joueurs des Knicks semblaient tout de même bien heureux d’avoir un sacre à célébrer après leur succès contre les Spurs en finale de la compétition à Las Vegas. Il faut dire que le Dominicain n’a pas eu beaucoup d’occasions de fêter un résultat collectif depuis son arrivée chez les pros, il y a déjà plus de dix ans maintenant. Il n'a même jamais rien gagné. Son club non plus d’ailleurs. New York court après un titre depuis 1973. Alors ça valait bien le coup d’immortaliser un peu le moment, non ?
L’organisation et ses dirigeants en ont décidé autrement. Leon Rose et les Knicks n'ont élevé aucune bannière à la gloire de cette campagne de NBA Cup au plafond du Madison Square Garden. La franchise s’est justifiée en expliquant qu’elle chassait un tout autre trophée, bien plus important, et qu’elle voulait réserver toute célébration pour le jour où elle touchera à son but ultime.
Encore faut-il que ça arrive. Les supporters new-yorkais ont été bien plus souvent habitués à souffrir qu’à rêver et à savourer au cours des trente dernières années. Ils n’ont donc plus été au sommet de la ligue depuis leurs deux titres dans les 70’s et ils n’ont plus non plus disputé les finales NBA depuis 1999. Une éternité à l’échelle d’une franchise aussi mythique. Alors le premier réflexe est de penser que le management est trop ambitieux, presque prétentieux, en pensant que cette équipe a une vraie chance d’aller au bout.
Une Conférence Est dégagée pour les Knicks
Et pourtant. Non seulement c’est l’objectif affiché, mais c’est surtout une quête qui paraît légitime après bilan du premier tiers de la saison. Présentés parmi les grands favoris à l’Est, les Knicks tiennent leur rang. Ils sont actuellement deuxièmes de la Conférence avec 22 victoires en 31 matches. Surtout, ce sont eux qui font pour l’instant la plus forte impression en vue des batailles de playoffs qui s’annoncent pour le printemps. "Les Knicks ont clairement la meilleure équipe à l’Est, même si c’est Detroit qui est premier", assure un coach sous couvert d’anonymat.
Le tableau est plus ouvert que jamais pour la formation de Big Apple. Avec les blessures de Jayson Tatum et de Tyrese Haliburton, les deux dernières équipes à sortir de l’Est sont considérées hors course, même si les Celtics réalisent pour l’instant une très belle saison. Les Pacers présentent eux l’un des pire bilans du championnat. De quoi laisser la place à deux franchises a priori en avance sur la concurrence dans cette moitié du pays : Cleveland et New York.
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Donovan Mitchell et les Cavs ont plus de mal cette saison.
Crédit: Getty Images
Les Cavaliers démontrent depuis la reprise qu’ils ne sont peut-être plus aussi dominants, en plus d’être rongés par les blessures. Ils ont aussi leurs propres démons à affronter en playoffs avant de vraiment pouvoir être perçus comme des candidats crédibles au trophée. Le Magic et les Hawks étaient censés passer un cap mais ils cherchent encore la bonne formule. Les Sixers sont un cran en dessous. Les Pistons font finalement figure de principaux adversaires des Knicks mais ils ne comptent qu’une petite campagne de playoffs dans les jambes, avec justement une élimination contre les Knicks.
Dans ce contexte favorable, NY devrait finir dans le top-4, voire le top-2, sans avoir à forcer sur son talent. Un avantage du terrain important, surtout dans la mesure où le groupe de Mike Brown excelle à domicile cette saison (13 victoires en 15 matches). Sur le papier, cette équipe a les ingrédients nécessaires pour remporter sa Conférence. Tout part de Jalen Brunson, signé pour 104 millions sur 4 ans en 2022. Un coup de génie du front office, qui a vu en lui un joueur capable de relever la franchise alors qu’il n’était même pas encore une star en NBA. Ce dernier s’est depuis affirmé comme l’un des dix meilleurs joueurs de la ligue, LA caractéristique première de toute franchise qui espère aller très loin en NBA. Ce n’est pas possible, ou que très rarement possible, sans une superstar.
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Jalen Brunson marque à trois points avec les Knicks, en 2025-2026.
Crédit: Imago
Brunson incarne tout ça, et même plus, à New York. Il est la machine à scorer dans toutes les situations importantes. Un maître des petits espaces capable de se créer son propre tir malgré son manque de taille et d’envergure à l’échelle de la NBA. Il marque presque 30 points chaque soir et il est aussi l’âme de cette équipe. Il lui assure un niveau plancher. Les Knicks ont beaucoup changé grâce à leur leader. Ils n’ont gagné qu’une série de playoffs entre 2000 et 2022. Ils en ont déjà remporté quatre en trois saisons avec leur meneur All-Star, acteur principal du grand retour en finales de Conférence l’an passé.
Une équipe complète avec tous les ingrédients pour gagner
Pour éviter que tout tourne autour de lui, la franchise a rameuté Towns, un autre prodige offensif. Le duo est puissant et complémentaire, même s’il présente des lacunes en défense. D’où l’idée d’associer les polyvalents et valeureux Mikal Bridges, OG Anunoby et Josh Hart aux deux stars. Ce cinq se connaît par cœur à force d’avoir joué de très nombreuses minutes ensemble sous la coupe de Tom Thibodeau. Il s’entend à merveille et se complète parfaitement. D’ailleurs, cette saison encore, les titulaires new-yorkais affichent un excellent différentiel de +10 sur 100 possessions, et les Knicks ont passé un cap depuis que Brown a remis Hart dans le groupe de départ.
La nouveauté, c’est que le coach essaye d’utiliser plus son banc que son prédécesseur, renvoyé malgré le beau parcours en playoffs en 2025. Les Knicks ont plusieurs joueurs clés prêts à aider : Mitchell Robinson et son abattage aux rebonds, Jordan Clarkson et Miles McBride pour mettre des tirs et des points, Landry Shamet en défenseur complet ou encore le surprenant Tyler Kolek en tant que deuxième meneur. Kolek, Clarkson et Robinson ont tous les trois été des éléments majeurs lors de la victoire en finale de la NBA Cup. C’est juste dommage pour Guerschon Yabusele, qui a signé dans la grosse pomme en espérant contribuer à la bonne dynamique et qui n’a finalement pas la confiance de son entraîneur. Frustré de son rôle et de son temps de jeu, il cherche actuellement un nouveau point de chute.
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Mitchell Robinson, Josh Hart, Mikal Bridges et Miles McBride encerclent un joueur de Charlotte, en novembre 2025.
Crédit: Imago
New York monte en puissance depuis déjà trois saisons. Les Knicks ont gagné une série de playoffs en 2024 avant d’atteindre les finales de Conférence en 2025. La logique voudrait que les finales NBA soient la prochaine étape pour cet effectif qui a misé sur une forme de continuité tout en corrigeant certains de ses points faibles. La perspective de gagner un titre contre l’une des armadas de l’Ouest reste faible, mais une fois arrivé à ce stade de la compétition, tout est envisageable. Les Pacers ne sont pas passés loin de le prouver.
Même le Thunder, un temps perçu comme au-dessus de la concurrence, n’est pas invincible ; les Spurs de Victor Wembanyama peuvent en témoigner. Et si jamais la franchise de Manhattan venait à échouer proche du but, elle pourrait éventuellement se consoler avec un certain Giannis Antetokounmpo, superstar qui chercherait à rejoindre la bande. C’est une très belle époque pour être un supporter des Knicks et ça, ça faisait très longtemps que ça n’avait pas été le cas.
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