"Un message au reste de la NBA ? Peut-être... ou pas" : les San Antonio Spurs, nouvelle kryptonite du Thunder, ont-ils une vraie tête de champions ?

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Dans la nuit de jeudi à vendredi, Victor Wembanyama et ses compères ont fait régner l'ordre sur le parquet d'Oklahoma City (117-102) lors du plus gros choc du Christmas Day. Tombeurs du champion NBA en titre pour la troisième fois en l'espace de onze jours, les San Antonio Spurs ont frappé un très grand coup dans la Ligue. Au point de devenir des candidats crédibles au titre suprême ?

Gilgeous-Alexander, amer : "On doit se regarder dans le miroir"

Video credit: Eurosport

La NBA assiste-t-elle à la naissance d'une rivalité ? En plaçant une alléchante affiche entre le Thunder d'Oklahoma et les Spurs de San Antonio pour son Christmas Day, la Ligue américaine s'attendait à un match très disputé entre le champion en titre porté par le dernier MVP Shai Gilgeous-Alexander et la bande à Victor Wembanyama. Mais elle n'imaginait probablement pas que la meilleure équipe de la saison prendrait un éclat sur son parquet (102-117) et qu'elle s'inclinerait pour la troisième fois en onze jours face au même adversaire (130-110 le 24/12, 111-109 le 14/12).
"Une rivalité ? Je pense que tous les signes sont là, la salle est pleine à craquer, l'énergie est différente. L'intensité physique est là de la première à la 48ème minute. C'est difficile à décrire, c'est comme lorsque le PSG affronte Marseille en France. Comme je l'ai dit, une vraie rivalité, c'est quelque chose qui s'est construit au fil des années. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut inventer comme ça", avait déclaré Wemby après avoir terrassé le Thunder la veille de Noël au Frost Bank Center. Son entraîneur avait été un peu plus frileux dans sa réponse, Mitch Johnson ne souhaitant pas "manquer de respect" au projet mené par la meilleure franchise de ces dix-huit derniers mois, alors que son équipe est en train de bâtir le sien.

Identifiés comme une nouvelle menace

Si l'idée d'un nouveau "classique" fait doucement son chemin outre-Atlantique, les médias américains allant jusqu'à qualifier les Spurs de "kryptonite" d'Oklahoma, une autre question est également en train de se dessiner : et si, finalement, San Antonio était en mesure de monter sur le trône dès le mois de juin ? Il faut dire que les Texans ont été les premiers, cette saison, à faire tomber le champion dans son antre. Et que vu le nombre de fois où les locataires du Paycom Center sont rentrés tête basse aux vestiaires devant leurs supporters en 2025 (7 défaites), la prestation réalisée par les hommes de Mitch Johnson peut être perçue comme une véritable prouesse, et une vraie promesse.
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Victor Wembanyama avec les San Antonio Spurs.

Crédit: Imago

Parti pour signer l'une des meilleures saisons de l'histoire de la Ligue, le Thunder a perdu quatre de ses six dernières rencontres, dont trois contre ces seuls Spurs. De quoi pousser Jared Weiss, l'une des plumes de The Athletic, à écrire que ces derniers sont devenus "l'équipe à abattre" : "San Antonio a battu OKC avec une telle régularité que vous ne pouvez ignorer le fait que, actuellement, les Spurs sont la meilleure équipe. Compte tenu de l'estime élevée dans laquelle le monde tenait le Thunder il y a à peine deux semaines, cela signifie que les Spurs sont sans doute la meilleure équipe de la NBA. D'une certaine manière, ils ne font que commencer à comprendre comment tout cela fonctionne."
Mais qu'est-ce qui fait que San Antonio a réussi là où les autres ont échoué, alors même que Victor Wembanyama est encore limité en termes de temps de jeu (19 points et 11 rebonds en 26 minutes le 25 décembre) ? La flexibilité de cette équipe, justement, outre son agressivité défensive et sa capacité d'adaptation. Et le fait que chaque joueur trouve sa place dans ce collectif bien huilé, sans chercher à se prendre pour un autre. Avec ou sans Wemby. "L'une des choses qui nous définissent, c’est qu’on va toujours chercher à exploiter les faiblesses des autres équipes, a expliqué le géant tricolore en conférence de presse. On a de grands joueurs, mais peu importe si on marque 25 points ou plus, et je m’inclus dedans. Ce qui compte, c’est d’appuyer là où ça fait mal en défense. On peut utiliser n’importe qui sur le terrain. On ne laissera jamais un joueur prendre le dessus sur le collectif. C’est ce qui nous permet de battre de grandes équipes comme ça."
Incapable de s'adapter, le Thunder a encore fait les frais de cette formule collective gagnante à Noël. Shai Gilgeous-Alexander, bien que maladroit (7/19 au tir), a joué sa partition habituelle avec 22 points inscrits en 36 minutes. Mais le MVP en titre, aidé vainement par le double-double de Chet Holmgren et plombé par un Alex Caruso plus généreux que le Père Noël (2/12 à 3-pts), s'est avoué vaincu, reconnaissant la supériorité des Spurs sur OKC en ce moment : "On ne perd pas trois fois de suite face à une même équipe en si peu de temps sans qu'elle soit meilleure que nous. Nous devons nous améliorer. Nous devons nous regarder dans le miroir – et cela concerne tout le monde – si nous voulons atteindre notre objectif ultime." L'objectif ultime ? Devenir la première franchise à défendre son titre d'une année sur l'autre, la dernière à l'avoir fait étant Golden State en 2018.
Il reste 50 matches
Ces dernières semaines, trois autres prétendants se dégagaient naturellement derrière Oklahoma City : Detroit (meilleur bilan à l'Est), Denver (troisième à l'Ouest) ainsi que les Knicks (deuxième à l'Est). Bien placée dans la conférence Ouest avec un bilan de 23 victoires pour 7 défaites, San Antonio et sa jeunesse insouciante s'est donné le droit d'intégrer ce cercle restreint. Bien qu'ils briguaient au départ une place en play-in, les Spurs doivent à présent "commencer à réfléchir à ce à quoi ils ressemblent dans un match à élimination directe en avril, en mai et même en juin", comme leur conseille le média The Athletic. La mention du mois de juin n'est pas anodine. Elle est même très importante. Avec cette série d'invincibilité contre le Thunder, la perspective d'un beau parcours des Spurs en play-offs a pris du poids. Et ce, même si leur inexpérience dans une série éliminatoire peut apparaître comme un frein à leurs ambitions, avec une dernière apparition au premier tour en 2018-19 et un dernier titre remontant à 2014.
Ont-ils déjà envoyé un message au reste de la NBA en battant le champion sur ses propres terres ? Interrogé en conférence de presse, Victor Wembanyama est resté évasif : "Peut-être, peut-être pas… On est concentrés sur le reste de la saison, on n’est même pas encore à la moitié… Je ne pense pas que ce soit intelligent de se projeter si loin dans le futur." Son coéquipier De'Aaron Fox, confronté à la même question, a été aussi mesuré mais plus prolixe : "Il reste 50 matches. Si vous voulez être une équipe qui se bat pour le titre, bien sûr, vous devez être bons tout au long de la saison. Beaucoup de champions ne se classent pas à la septième, sixième ou cinquième place. Ce sont habituellement ces quatre premières positions qui sont celles des prétendants, et nous devons continuer de construire au jour le jour. Nous ne pensons pas à ce qui va arriver à la fin de l'année, mais nous regardons ce que notre équipe doit affronter pour gagner le match d'après." En attendant de savoir si les Spurs peuvent réellement représenter une menace effrayante, Wemby et ses compères retrouveront le Thunder les 14 janvier et 5 février. Ils auront deux nouvelles occasions d’asseoir leur légitimité et de prouver que quelque chose de sérieux est en train de se passer à San Antonio.

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